octobre 6, 2022

The Bad Batch

De : Ana Lily Amirpour

Avec Suki Waterhouse, Jason Momoa, Jim Carrey, Keanu Reeves

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Bannie au milieu d’un désert peuplé d’indésirables, une jeune femme tente de trouver sa place parmi les drogués et les cannibales.

Avis :

La singularité, c’est bien le mot qui définit à mon sens le mieux Ana Lily Amirpour et ses films. Réalisatrice américaine, Ana Lily Amirpour est ce que l’on peut appeler une acharnée. Sa carrière commence en 2009 et entre 2009 et 2014, elle va réaliser pas moins de huit courts-métrages.

Puis en 2014, elle présente « A Girl Walks Home Alone at Night« , un film en noir et blanc, en persan, qui suit un vampire perdu dans la ville fantôme de Bad City. Le film, produit par Elijah Wood, a énormément divisé, tant il sort des sentiers battus.

Et revoici trois ans plus tard Ana Lily Amirpour pour un second film qui va être lui aussi tout aussi singulier que son premier. Avec « The Bad Batch« , la réalisatrice nous revient avec un projet audacieux, fou et dangereux. Un projet qui comme son précédent film, ne va pas mettre tout le monde sur la même longueur d’onde. Adoré ou détesté, « The Bad Batch » est un ovni comme on en voit jamais.

Critique cynique, voire virulente, d’une Amérique terrifiante dans un futur apocalyptique où règne la loi du plus fort, « The Bad Batch » étonne autant qu’il trouble, passant d’un style à l’autre sans logique.

Une fois n’est pas coutume, avec ce film, Ana Lily Amirpour continue et pousse encore un peu plus loin la singularité de son cinéma, c’est assez fascinant et ça fait du bien de sortir un peu de ce que l’on a habitude de voir.

Dans un futur indéfini, l’Amérique se débarrasse de ses marginaux dans un désert, qui va être alors une immense prison à ciel ouvert. Dans ce désert, c’est la loi du plus fort qui y règne. Arlan, une jeune femme, est lâchée dans ce désert et très vite, elle se fait capturer par un groupe de cannibales. Après avoir perdu une jambe et un bras, Arlan arrivera à s’enfuir, mais pour faire quoi ? Quel avenir dans ce monde sinistre ? S’il y a bien une ville appelée Comfort, peut-elle apporter une vie paisible ? Arlan, livrée à elle-même, va déambuler et peut être trouver un sens ou une mission à sa nouvelle vie.

Il va être difficile de parler de « The Bad Batch« , le nouveau film d’Ana Lily Amirpour, tant le film ne ressemble à rien de connu et peut autant fasciner qu’il peut éprouver et ennuyer profondément celui qui le découvre.

N’ayant aucun genre défini, jouant avec tous les styles pour raconter cette histoire de survie, « The Bad Batch » est un film inclassable. C’est un film qui jouit plus d’une ambiance que d’une intrigue, même si dans le fond, le film sera comme une sorte de parcours initiatique pour cette jeune femme lâchée, que dis-je jetée, et exclue sur cette terre de terreur et d’horreur.

« The Bad Batch » est un film qui dénonce et détient plus de messages, d’avis et de prises de position qu’une intrigue simple comme on à l’habitude d’en voir. Ce qui est incroyable et génial en même temps, c’est que « The Bad Batch » est un film totalement imprévisible. Avec ce choix de mise en scène et d’intrigue, Ana Lily Amirpour réinvente en permanence son film et elle tient notre intérêt (si toutefois, on plonge dedans bien sûr) sur tout le long, car tout peut se passer à n’importe quel moment. Survival, trip d’enfer, film de science-fiction, film romantique aussi, on appréciera surtout l’incroyable contexte social que la réalisatrice développe. Un contexte où l’Amérique se débarrasse de ses marginaux. Une Amérique qui ferme les yeux sur le mal-être, effaçant les taches de son décor, afin d’en paraître plus belle et plus forte. À l’intérieur de cette prison, plongée sous le soleil insoutenable de ce désert, un système se crée. Un système où l’espoir s’achète, où les gourous vendent comme toujours du rêve, où les religions sont dissimulées derrière des symboliques. Un système où la liberté coûte chère, bien chère et où les gens s’évadent à grands coups de trip, se laissant envahir par les drogues et la musique. On soulignera la BO qui est grandiose, un vrai bonheur pour les oreilles, Ace of Base, Black Light Smoke, Culture Club, Darkside, Nicolas Jaar … Que des sons incroyables savoureusement utilisés et le tout affirme encore plus l’ambiance unique du film.

Si l’idée est géniale, si l’ambiance est incroyable, on ne peut nier aussi que le film a tendance à tirer en longueur. Ne sachant où ni pourquoi, parce que tout est intéressant, on a tendance à parfois s’ennuyer devant. Peut-être est-ce le montage, ou peut être manque-t-il quelque chose en plus, mais parfois, on décroche, pas pour longtemps, car la réalisatrice arrive toujours à nous retrouver, mais c’est toutefois assez présent pour qu’on le remarque, et même qu’on s’en agaçe un poil.

Si son premier film était tenu par des quasi-inconnus, pour son deuxième, Ana Lily Amirpour s’est fait plaisir, car hormis son rôle principal, qui est une excellente découverte, Suki Waterhouse est impeccable, les seconds rôles de son film sont tenus par de grands acteurs qui sont assez terribles ici. Jason Momoa crève l’écran en cannibale au cœur tendre finalement. Jim Carrey est incroyable dans le rôle d’un ermite qui aurait un rôle plus qu’influent sur l’intrigue. Keenu Reeves est répugnant à souhait et on ne parlera même pas de Giovanni Ribisi, qui n’apporte rien à l’intrigue, mais qui reste génial à chacune de ses apparitions.

Fascinant de par ces choix, aussi bien esthétiques que thématiques, « The Bad Batch« , le deuxième film d’Ana Lily Amirpour, est donc un ovni cinématographique audacieux. C’est un film qui ne fait pas les choses à moitié, allant même jusqu’à se créer son propre style. Laissant peu de place à un juste milieu, « The Bad Batch » risque fort bien d’être autant adoré que détesté et c’est très bien ainsi. À vous de voir maintenant, si vous avez envie d’entrer dans le trip que propose Ana Lily Amirpour

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=OUqfP1S-9ok[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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