avril 24, 2024

Maman a Tort

De : Marc Fitoussi

Avec Emilie Dequenne, Jeanne Jestin, Camille Chamoux, Sabrina Ouazani

Année : 2016

Pays : France, Belgique

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Connaît-on vraiment ses parents? Anouk, 14 ans, découvre brutalement un autre visage de sa mère, à la faveur de l’incontournable stage d’observation de troisième qu’elle effectue dans la compagnie d’assurances où celle-ci travaille. Une semaine d’immersion dans le monde adulte de l’entreprise, avec ses petits arrangements et ses grandes lâchetés, qui bientôt scelle son jeune destin.
Entre parcours initiatique, fêlure et premières responsabilités assumées, une forme d’adieu à l’enfance.

Avis :

Marc Fitoussi est un cinéaste français dont j’apprécie le cinéma. Avant de passer à son deuxième film de fiction, « Copacabana« , Marc Fitoussi avait réalisé un documentaire, « L’éducation anglaise« . Le film parlait d’un séjour linguistique de jeunes français en Angleterre, à Bristol. Le réalisateur avait adoré le tournage, et surtout, il avait adoré tourner avec des adolescents. Du coup, l’idée de parler de l’adolescence lui était restée en tête, mais il voulait en parler de manière différente, il voulait un angle qu’on voit peu. Alors il a cherché, pris le temps de trouver où placer son intrigue. Et nous y voilà, dix ans après ce documentaire, Marc Fitoussi proposait « Maman a tort« , un film qui parle de l’adolescence, et derrière ça, d’un passage à l’âge adulte à travers le traditionnel stage d’observation de troisième.

L’idée d’introduire un regard tout neuf, voire même innocent, sur le monde de l’entreprise au travers les yeux d’une jeune fille est très intéressant, surtout qu’avec « Maman a tort« , Marc Fitoussi a imaginé une intrigue pleine de dilemmes. Loin de la comédie que je pensais trouver, ce cinquième film pour Marc Fitoussi est un drame, même si parfois le réalisateur soulignera l’ensemble de petites touches d’humour. Des touches d’humour qui resteront toutefois noires et grinçantes. Inégal parfois, manquant un peu de rythme, « Maman a tort » reste un bon film pour son réalisateur, et malgré ça, à aucun moment, je ne regrette de m’y être arrêté, car même si le film n’est pas aussi fort qu’il le laissait prétendre, le réalisateur a le mérite de ne pas livrer l’intrigue attendue.

« L’adolescence, c’est un thème que le cinéma aime énormément. »

Anouk a quatorze ans, et elle va faire son stage d’observation de troisième dans l’entreprise de sa mère. La maman d’Anouk travaille dans les assurances pour un grand cabinet. Le premier soir, au moment de partir, à l’accueil, Anouk est touchée par Nadia, une mère célibataire qui vient de perdre son mari dans un accident. Ce dernier avait souscrit une assurance-vie, mais l’assurance refuse de payer Nadia, car son mari aurait fait de fausses déclarations. La mère d’Anouk reste, aux yeux de la jeune fille, trop professionnelle, alors Anouk décide, comme elle le peut, d’aider Nadia et ce qu’elle va découvrir du monde de l’entreprise va bientôt sonner comme un adieu à l’enfance…

L’adolescence, c’est un thème que le cinéma aime énormément, et qui est traité encore et encore, au point qu’on pourrait presque croire que le septième art en a visité tous les recoins. Pourtant, malgré cette idée, l’adolescence est un thème qui ne fait pas peur et malgré la masse de films, c’est toujours avec plaisir qu’on découvre de nouveaux longs-métrages sur le sujet et parfois, on est surpris par l’angle choisi, comme ici, avec ce film de Marc Fitoussi.

« À travers cet élément, le réalisateur ajoute à sa trame des sujets tels que le harcèlement d’entreprise. »

Comme je le disais plus haut, pour « Maman a tort« , Marc Fitoussi a décidé de regarder l’adolescence à travers le petit regard qu’une jeune fille de quatorze ans peut avoir sur le monde de l’entreprise. À cela, Marc Fitoussi va rajouter au sein de son intrigue un élément assez saisissant. Un élément qui va apporter beaucoup de chose à l’ensemble, et surtout, petit à petit, au cours des cinq jours que va durer l’histoire, cet élément va faire grandir le personnage principal comme rarement. Ainsi, après une rencontre touchante avec le personnage de Nadia, veuve et mère de deux enfants, qui n’arrive pas à se faire indemniser, le personnage d’Anouk va enquêter et découvrir une magouille au sein de l’entreprise. Une magouille d’autant plus dure à accepter, car la propre mère de la jeune fille y participe.

Dès lors, « Maman a tort » pose un dilemme et un changement radical de regard pour la jeune fille. Cet élément de taille rend tout intéressant, surtout qu’en plus de cela, Marc Fitoussi ne tombe pas dans la facilité et dans l’angélisme pour conclure son film. À travers cet élément, le réalisateur ajoute à sa trame des sujets tels que le harcèlement d’entreprise, il pointe le capitalisme au sein de société dont la principale idée est d’augmenter le chiffre d’affaires, en faisant fi de toute compassion. Le réalisateur s’intéresse aussi à la relation mère/fille, et les magouilles d’entreprise apportent un regard encore une fois intéressant entre ces deux personnages.

« le film est inégal notamment dans son rythme. »

Après, comme je le disais, le film est inégal aussi notamment dans son rythme, Marc Fitoussi ayant du mal à pleinement nous emporter, et même si l’intrigue a de quoi piquer notre curiosité en permanence, l’heure cinquante que dure le film se fait sentir parfois. Un sentiment qui est étrangement accentué par son actrice principale, la jeune Jeanne Jestin, qui est parfois excellente, et d’autres fois (et c’est régulièrement le cas) la jeune fille est très monolithique, ce qui fait que son personnage est touchant d’un côté et d’un autre, il y a quelque chose qui ne passe pas totalement avec elle. Et ça, c’est dommage, car la jeune actrice est redoutablement entourée, à commencer par Émilie Dequenne qui tient un rôle très ingrat et la comédienne y est excellente de bout en bout. Le reste du casting est composé de Camille Chamoux, Annie Grégorio, Sabrina Ouazani, Jean-François Cayrey, Grégoire Ludig et Nelly Antignac.

« Maman a tort » est donc un bon cru de Marc Fitoussi, qui malgré ses défauts, ce qui restera en tête, ce sont surtout ses qualités, son regard innocent et touchant, l’hypocrisie et « l’impitoyabilité » du monde de l’entreprise, son drame teinté de comédie grinçante… Bref, un Marc Fitoussi plaisant et surtout intéressant, qui a le mérite de ne pas tomber dans la facilité.

Note : 14,5/20

Par Cinéted

Une réflexion sur « Maman a Tort »

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