mai 16, 2021

Les Deux Mondes

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De : Daniel Cohen

Avec Benoît Poelvoorde, Florence Loiret-Caille, Augustin Legrand, Michel Duchaussoy

Année : 2007

Pays : France

Genre : Comédie, Aventure

Résumé :

Dans un monde parallèle, au village de Bégamini, une tribu opprimée fait des incantations au ciel afin qu’un sauveur vienne les libérer du joug de Zotan, le tyran cannibale.
A Paris, dans le monde normal… Rémy Bassano est un petit restaurateur d’oeuvres d’art timide, discret et sans histoires. Il est marié à Lucile avec qui il a deux enfants.
Un jour, Rémy retrouve son atelier inondé, il perd alors son travail et sa femme Lucile lui annonce brutalement qu’elle le quitte pour un autre. Il court chercher du réconfort chez ses parents et alors qu’il est en train de servir le café à ses nombreux frères et soeurs, il est aspiré dans le sol, traverse le temps et se retrouve à Bégamini.
Là, dans leur étrange village, les Bégaminiens l’accueillent comme le libérateur qu’ils espèrent depuis toujours. A partir de ce moment-là, Rémy se trouve embarqué dans une aventure haletante…

Avis :

Les comédiens qui sont réalisateurs, il y en a toujours eu, certains ont percé plus que d’autres. Parmi les comédiens qui n’ont pas tant percé que ça dans la réalisation, il y a Daniel Cohen. Si beaucoup connaissent son visage, car le comédien traine dans le cinéma français depuis maintenant presque vingt ans, peu savent qu’il est aussi réalisateur. Bon, il n’a pas réalisé grand-chose, puisqu’il n’a fait que trois films, et bien souvent mal aimés, mais ça reste notable dans son parcours.

Surtout qu’au milieu de ces trois films, il y a ces « Deux mondes » qui est un film qui n’est pas si mauvais que ça. Sans être génial, loin de là, le film a ses défauts, mais on passe un moment plutôt sympa, drôle, et même moins con que ce qu’il en a l’air.

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Rémi est un petit restaurateur de tableaux qui a tendance à se laisser marcher sur les pieds. On peut même dire que Rémi est quelqu’un de très effacé qui sombre peu à peu sans s’en rendre compte. Mais petit à petit, il va sombrer bien plus profond qu’il ne l’aurait pensé, car bien loin, dans une dimension parallèle, une tribu opprimée fait des incantations pour faire appel à un sauveur dont une prophétie vante l’arrivée et il se trouve que ce sauveur, cet élu, ce roi, c’est Rémi… Monsieur tout le monde ou Monsieur Personne…

« Les deux mondes » ou l’agréable surprise de trouver une petite comédie sympa qui en prime a pas mal de gueule.

Sur une idée vraiment très intéressante, Daniel Cohen s’aventure dans un film plutôt ambitieux qui va souffrir de l’effet de comédie conne que véhicule le cinéma français. Alors que l’on pourrait croire à une comédie lourde, pas drôle et franchement conne, on a eu le plaisir de trouver un film parfois très con, c’est vrai, mais qui pose de vraies questions et apporte une bonne réflexion et surtout une évolution intéressante de son personnage principal. Alors que le personnage de Rémi est presque considéré comme un moins-que-rien dans son propre monde (il se fait bouffer par sa femme, ses gamins, sa famille, et même ses assureurs), dans cet autre monde où il se retrouve attiré, il est considéré comme un dieu, respecté par tous. Sur un scénario plutôt efficace, le réalisateur pose alors des réflexions sur la confiance en soi. Qu’est-ce que le regard des autres véhicule sur nous-même ? Il aborde la question du rêve. Faut-il rêver sa vie ou la vivre malgré les difficultés ? L’amour que les autres nous portent et que l’on ne voit pas forcément. La question du pardon ou non. Jusqu’où peut-on pardonner en amour ? « Les deux mondes » aborde aussi la question de la dictature. Est-ce que le pouvoir qu’on a sur un autre peut nous changer ou non ? Peut-on se laisser déborder par celui-ci ? Le film pose la question de la supériorité. C’est assez surprenant, car ce sont autant de questions importantes qu’on ne peut pas forcément trouver dans ce genre de film (du moins si on s’arrête à l’affiche ou la bande-annonce ). L’intrigue et surtout l’évolution du personnage sont très intéressantes et bien traitées par son réalisateur, car ces questions trouvent des réflexions en nous. Donc derrière la comédie, car le film est aussi une bonne comédie, on trouve un film plus profond et moins con qu’il n’en a l’air et rien que pour ça, le film vaut le coup d’être vu et ne mérite pas le lynchage qui lui a été réservé.

De plus, l’autre surprise vient du visuel du film qui a une bonne gueule. Daniel Cohen a très bien su gérer les allers-retours dans les deux mondes, créant un monde parallèle simple, mais beau et efficace. La réalisation tient de belles idées, et pour un petit film, il arrive à offrir de grands et bons moments de bravoure ou d’absurde. Puis, le petit truc en plus, ce sont les effets spéciaux qui sont bons et étonnants pour ce genre de « comédie ». Décors et costumes bien fichus, on sent qu’il y a du travail derrière tout ça. Daniel Cohen a su donner une bonne identité à cette tribu et ce monde, inventant un langage, une légende, un fond, un passé. Même la BO de Richard Harvey est très bonne, le compositeur a créé de jolis thèmes et ses notes accompagnent bien les aventures de ce pauvre Rémi, Roi de Bégamini, pour leurs donner des allures de contes modernes.

Après, le film n’a pas que des qualités. Parfois un peu longuet, d’autres fois il tourne un peu en rond. Si la plupart du temps, Daniel Cohen a trouvé le bon ton, parfois l’humour se révèle aussi un peu lourd avec des répliques trop faciles, ce qui a tendance à peser un peu. Ce n’est pas au point d’être mauvais, c’est suffisamment présent et répétitif pour être dérangeant. Là où l’on pouvait avoir peur, c’est de la part de Benoit Poelvoorde, car si l’acteur est capable d’être génial, il est aussi capable d’être bien lourd et gras, mais heureusement ici, même si parfois il sera un peu lourdingue, pour la plupart du film, il est bon et son personnage est attachant. Même s’il se lâche de temps à autre, il trouve avant tout un beau personnage tout en retenu, ce qui est une véritable surprise (encore une fois, il faut aller plus loin que l’affiche et la bande-annonce). L’autre petit bémol que l’on trouve dans ce film, c’est qu’il n’y a pas de vrais seconds rôles intéressants. C’est toujours drôle de voir Michel Duchaussoy, Florence Loiret-Caille ou Augustin Legrand, mais on aurait aimé des rôles plus importants que simplement avoir ce petit côté drôle.

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« Les deux mondes » est donc un film surprenant. Pensant regarder un film stupide, le métrage est plus intelligent qu’il n’y parait malgré quelques faiblesses et des gags pas toujours efficaces. « Les deux mondes » est la preuve qu’on peut toujours être surpris et ça même derrière une affiche dont on n’est pas tout du client et encore moins la bande-annonce.

Note : 13,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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