mars 3, 2024

The Green Inferno – Les Cannibales ont la Dalle

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De : Eli Roth

Avec Lorenza Izzo, Ariel Levy, Aaron Burns, Kirby Bliss Blanton

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile.

Avis :

Eli Roth s’imposerait-il comme le nouveau maître de l’horreur ? On pourrait se poser la question. Il faut dire que sa filmographie va parfaitement dans ce sens-là. Entre « Cabin Fever« , les deux chapitres de « Hostel » et son dernier en date « Knock Knock« , le réalisateur s’en donne à cœur joie dans le gore, le dégueulasse et l’hémoglobine. Et avec ce « Green Inferno« , le réalisateur continue pile-poil dans ce qu’il a déjà entrepris, tout en franchissant un nouveau cap, allant sur les traces sinueuses et ensanglantées du culte « Cannibal Holocaust« .

Tourné avant « Knock Knock« , il se pourrait bien que « The Green Inferno » soit l’un des projets les plus complexes d’Eli Roth en ce qui concerne sa distribution. Alors que le film est en boite et monté depuis plus d’un an maintenant, il peine à trouver son chemin pour arriver sur nos écrans. Présenté dans le cadre des avant-premières du festival de Deauville, le film est projeté quelque peu en marge du festival, après 23h et interdit au moins de seize ans. Il faut dire que le film d’Eli Roth attise la curiosité avec son affiche démente et son histoire de cannibalisme. Aimant les films du réalisateur, il m’était alors impossible de résister à l’envie d’aller jeter un œil sur sa nouvelle torture. Et quoi de mieux pour une première journée dans ce festival si prestigieux que de commencer par un film d’Eli Roth et de la terminer par un film d’Eli Roth !

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Un groupe de militants activistes de New-York se rend dans la jungle péruvienne. Ils veulent mener une action afin de se faire entendre et peut être éviter que des parcelles de forêt soient ravagées par l’homme. Après avoir réussi le coup médiatique, sur le chemin du retour, un incident survient avec l’avion qui les transportait. L’appareil s’écrase alors au sol. Pour les survivants, l’enfer n’était pas le crash et les morts seront les chanceux de l’histoire.

Ce qui est sympa avec Eli Roth, c’est que ses films se suivent mais ne se ressemblent pas. Après les horreurs cachées de l’Europe profonde et avant les deux folles furieuses qui brutalisent Keanu Reeves, le réalisateur a voulu faire revivre la terreur du cannibalisme. Le cinéma d’horreur dédié aux cannibales a connu une belle vie vers la fin des années 70 et le début des années 80, mais depuis, on ne peut pas dire que c’est un cinéma qui court les rues et bien souvent, quand un réalisateur s’y est attardé, on ne peut pas dire qu’il ait brillé par la qualité de son film. À la rigueur, seul Jim Mickle avec son « We are What we are » a réussi à bien tenir son genre.

Mais voilà, c’était jusqu’à ce qu’Eli Roth décide de faire renaître cette époque. « The Green Inferno« , c’est un peu le film parfait pour faire revivre le cannibalisme. Partant d’une idée « bateau », comme on en voit assez souvent, un groupe de militants veulent arrêter la déforestation d’une région du Pérou, le réalisateur va tisser un bon survival assez dégueulasse sur certains passages. Des passages qui ont fait leurs petites sensations sur certains festivaliers, puisqu’on a pu admirer, non sans sadisme, la salle quelque peu se vider.

Ce qui est très intéressant avec « The Green Inferno« , c’est qu’Eli Roth ne va pas au but immédiatement. Alors qu’il aurait été facile de servir d’emblée des membres découpés et des bouts de barbaque à droite et à gauche, le réalisateur sera plus intelligent que ça et laissera monter la sauce bien comme il faut. « The Green Inferno » va prendre son temps (peut-être même un peu trop) pour nous offrir ce que l’on est venu chercher. C’est même un peu frustrant, et à la longue, on a bien peur que le réalisateur finisse par expédier son film sur la fin. Mais il n’en est rien. Alors que le film est pourtant court, il ne dure qu’une heure quarante, « The Green Inferno » s’avère être une redoutable machine à tuer et le rythme comme le montage sont excellents. De plus, Eli Roth a l’intelligence de ne pas tomber dans le gore pour faire du gore. Alors que son film est sanglant à souhait, particulièrement le premier sacrifice humain qui glace littéralement le sang, le réalisateur arrive à bien doser la chose pour donner ce que son public est venu chercher, offrant son lot de sensations fortes, de scènes chocs, sans pour autant tomber dans « la violence gratuite ». Le scénario, même si son prétexte est mince, reste très efficace. Les péripéties tiennent la route, c’est haletant, il y a un bon suspens, de l’horreur comme on en veut, des personnages qu’on aime et d’autres qu’on déteste. De plus, le réalisateur se paye une fin quelque peu ambiguë, qui nous laisse libre de notre interprétation.

Avant de lui faire partager la tête affiche avec Keanu Reeves pour « Knock Knock« , Eli Roth avait déjà donné l’un des premiers rôles de son film à la belle Lorenza Izzo qui tient ici un rôle totalement inverse de celui qu’elle tient dans Knock Knock et la jeune femme démontre qu’elle peut jouer sur différentes rives. Passant d’un extrême à l’autre, on prendra un malin plaisir à la voir ici dans le rôle d’une des victimes de cette foutue tribu. En deux films, Lorenza Izzo pourrait peut-être bien être la belle révélation de ce festival et il se peut que d’ici quelques temps, elle devienne une nouvelle scream queen.

Comme dis plus haut, « The Green Inferno » détient en son sang des personnages adorables qui vont vous faire souffrir, comme celui de Lars, tenu par Daryl Sabara, celui d’Amy jouée par Kirby Bliss Blanton ou encore ceux de Daniel et Jonah incarnés respectivement par Nicolás Martínez et Aaron Burns (que l’on voit aussi dans « Knock Knock« ). Mais le film détient aussi des personnages qu’on va haïr profondément, comme Alejandro, tenu par Ariel Levy et Kara qui, elle, est jouée par Ignacia Allamand. Eli Roth a aussi très bien choisi ses comédiens pour jouer les membres de la tribu comme Antonieta Pari et Ramón Llao. Mais tous les autres comédiens, jusqu’au moindre figurant de la tribu, sont assez bluffants et surtout flippants de réalisme.

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« The Green Inferno » est bien le premier choc de ce festival de Deauville. Gore sans trop l’être, réaliste, terrifiant parfois de par ce qui se passe sous nos yeux. On regrette vraiment que le film ne puisse trouver le chemin des salles obscures, car du cinéma d’horreur comme celui-là, avec du cannibalisme à la clef, filmé dans des décors naturels sur grand écran, ça fait quand même son petit effet.

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=mOse9ggKWJ4[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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