juin 23, 2024

Le Convoi de la Peur

10937854_1022448814435194_647997859_n

Titre Original : Sorcerer

De : William Friedkin

Avec Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal, Amidou

Année: 1977

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Aventure

Résumé:

Trois hommes de nationalités différentes, chacun recherché par la police de son pays, s’associent pour conduire un chargement de nitroglycérine à travers la jungle sud-américaine…

Avis :

William Friedkin, c’est l’un des plus grands cinéastes contemporains encore en activité. Alors qu’il vient de faire trembler la planète entière avec « L’exorciste« , le réalisateur américain se lance un nouveau défi : réaliser un remake du « Salaire de la peur » de George Clouzot. Une tâche difficile que Friedkin va relever avec brio, mais ce sera un cuisant échec pour le réalisateur, et le film sera même appelé le film maudit de William Friedkin et c’est grâce aux années, le pouvoir de nous autres passionnés et cinéphiles que le film trouvera peu à peu sa place parmi les chefs d’œuvre du réalisateur !

À l’heure où « Le convoi de la peur » s’apprête enfin à sortir en Blu-Ray et DVD, je profite d’une séance de rattrapage offert par la chaîne de télévision Arte. Ne connaissant le film que de renommée et étant admiratif du travail de William Friedkin, je me suis donc rué devant ma télé pour prendre une fabuleuse claque de deux heures, car William Friedkin m’a totalement envoûté avec une œuvre brute et brutale.

10935959_1022448877768521_891357965_o

Quatre hommes venant de pays différents ont trouvé refuge dans un village au fin fond de l’Argentine. Tous les quatre sont recherchés par la police dans leur propre pays. La région dans laquelle ils se sont cachés est très pauvre et ils ont bien du mal à se faire de l’argent. C’est à ce moment qu’une chance s’offre à eux. Un violent incendie vient de se déclarer dans une raffinerie au milieu de la jungle. Et le seul moyen d’arrêter l’immense flamme du gisement est de faire exploser de la nitroglycérine. Trop risqué de transporter la nitro par les airs, ils sont donc engagés pour l’amener en camion. Une traversée à haut risque, car le moindre mouvement inapproprié peut faire exploser les véhicules. Mais s’ils y arrivent, ils seront payés en conséquences.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avant de jeter un regard sur ce film. Je pensais être secoué bien sûr, car, bien souvent, les films que j’ai vus du réalisateur ne m’ont pas laissé de marbre et la plupart du temps, c’est entre malaise et fascination que je les ai découverts. Avec ce film qui se situe juste après « L’exorciste » et le sulfureux et très scandaleux « La chasse« , le cinéaste nous emporte en pleine jungle pour un voyage des plus tendus.

Le film est assez surprenant en son départ, puisque avant de nous emporter au cœur de la jungle, William Friedkin, nous expose ses personnages et s’amuse à mélanger un peu tous les genres. Entre films de gangsters, thriller politique, film de guerre, et même un petit documentaire, le film s’annonce d’emblée captivant et complexe. Les intrigues se suivent et chacune d’entre elles est bonne et l’on se laisse emmener dans le film. Puis une fois arrivé dans le village, que cette proposition est acceptée, c’est un nouveau film qui s’offre à nous. Une redoutable et effrayante descente en enfer pour les quatre personnages. Le réalisateur alors faire monter la sauce peu à peu et je suis resté scotché devant avec crainte, envie, curiosité, angoisse et bien d’autres émotions. La tension est omniprésente, une fois arrivé dans le voyage. Le réalisateur nous balance en permanence des rebondissements. C’est assez dingue et je pense qu’une fois cette partie-là commencée, il est bien impossible de ne pas aller jusqu’au bout du film.

L’ambiance est particulièrement sombre et contribue aussi énormément à toute cette tension que l’on ressent. Surtout que William Friedkin filme la nature de façon puissante et dangereuse. Un danger qui peut venir de n’importe où, le moindre nid de poule peut être déterminant pour l’issue fatale. J’ai vraiment adoré l’esthétique du film, le réalisateur nous offre des plans magnifiques, incroyables même, des scènes puissantes, voir même d’anthologie. Des scènes qui ont dépassé les frontières et une fois visionnées, pour certaines, je crois bien qu’il est impossible d’oublier. Je pense bien sûr à la scène du pont, un immense moment d’angoisse, où tout le génie, la folie, et la maîtrise de Friedkin explosent. Puis le film est accompagné par une bande son absolument terrible, qui elle aussi, contribue à assombrir l’ambiance, à la rendre presque étouffante. À certains moments, la tension est tellement soulignée, que je suis resté le souffle coupé attendant que ce qui doit arriver arrive ou non. C’était purement jubilatoire.

Et pour conclure en beauté, il y a ce casting étonnant (et oui, je ne pensais pas trouver Bruno Cremer chez Friedkin) et épatant. Les acteurs sont au sommet de leur forme. Les quatre comédiens, Bruno Cremer, Roy Scheider, Amidou et Francisco Rabal sont complètement possédés pour leurs personnages et ils en sont passionnants.

10939466_1022448881101854_897534422_o

Film au caractère fou, « Le convoi de la peur » mérite parfaitement son statut de chef d’œuvre, car William Friedkin en a bel et bien fait un et il brille de mille feux. C’est un film qui m’a passionné de bout en bout. Je peux même dire qu’à certains moments, c’est si prenant, que William Friedkin m’a fait vivre plusieurs scènes, espérant que mes personnages s’en sortent. Bref, c’est un putain de chef d’œuvre à découvrir !

Note : 20/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=3BDbIzovuos[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.