juin 23, 2021

Robbie Williams – Swings Both Ways

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Avis :

Y-a-t-il quelque chose de pire que de tomber dans la méconnaissance lorsque l’on a connu la gloire ? Que ce soit dans la télé-réalité et dans les effets de mode éphémères, la plupart des personnes ayant connu pour un temps la célébrité, tombent très rapidement dans l’oubli, et cela jusqu’à une certaine forme de dépression. On ne compte même plus les destins tragiques ou les reconversions plus que douteuses (le regretté Quentin de Alliage qui est parti faire du porno gay aux States). Mais si on doit compter un type qui s’en est sorti haut la main, c’est bien Robbie Williams. Ce petit anglais séducteur commence sa carrière en 1991 dans un boys band, Take That. Le succès est incroyable et la reconnaissance est mondiale. Quatre ans plus tard et environ 6000 gonzesses sous les draps, Robbie Williams quitte le groupe pour se focaliser sur sa carrière solo. Là aussi, le succès est retentissant, notamment grâce à un très bon premier album, avec la célèbre ballade Angels. En 2000, il sort son quatrième album, qui sera une belle réussite et un an plus tard, il le ressort en version swing. Voulant se la jouer crooner, le type marque les esprits, notamment grâce à un titre chanté avec Nicole Kidman. Il faudra attendre alors douze ans pour que le chanteur revienne avec un album de swing et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il aurait pu s’abstenir. N’ayons pas peur des mots, l’album est assez pénible dans sa globalité et on risque de se mettre pas mal de fans à dos.

C’est dommage que dans sa globalité le skeud ne tienne pas vraiment la route, car le premier titre est franchement très sympa. Shine my Shoes est un titre très joyeux, très entrainant, avec ce qu’il faut d’instruments à vents, de cuivres et la voix de Robbie Williams s’accorde parfaitement à ce genre. Certes, on est loin des crooners comme Paul Anka ou Fred Astaire, mais le morceau reste vraiment sympa dans sa construction et sa musicalité. C’est par la suite que tout va se gâter. Go Gentle n’a de swing que les quelques passages à la trompettes et tient plus de la ballade un peu entrainante qu’autre chose. Le problème, c’est qu’elle ne reste pas en tête et elle reste assez plate. D’un autre côté, il faut être assez couillu pour sortir un album comme celui-là en ce moment alors que le marché du disque n’est pas au beau fixe et que la majorité des labels veulent vendre quelque chose de formaté. I Wan’na Be Like You, avec Olly Murs est un vrai titre swing et il demeure très intéressant et fidèle à ce qui est annoncé. Mais la sensation d’écouter un titre d’un dessin animé Disney est très prégnante et on a du mal à prendre ce titre au sérieux. Alors certes, c’est bien fichu et très musical, mais pour écouter dans un album, c’est assez bizarre. Remplissant des trous par manque de créativité ou parce qu’il était content de sa relecture, le chanteur nous offre une version swing de Supreme et c’est bien chiant. Rien de neuf à l’horizon, et le titre ne déclenchera aucune réaction. Swing Both Ways en duo avec Rufus Wainwright reste anecdotique et assez molle, n’apportant encore une fois rien de bien entrainant à se mettre sous la dent. Malheureusement, ce n’est pas touchant non plus et on ressort d’un titre assez impersonnel finalement. Dream a Little Dream, avec Lily Allen est par contre un titre franchement sympathique. Renouant avec les ballades swing des années 60/70, on est face à quelque chose de distrayant, d’entrainant et qui correspond mieux à ce que pourrait faire un Robbie Williams, avec son côté séducteur. Soda Pop, en duo avec Michael Bublé est un titre bien rythmé et avec un refrain plutôt intéressant, à grand renfort de trompettes et chœurs féminins. Mais encore une fois, le titre ne restera pas forcément en tête et rappelle toujours autant ce que peut faire Disney dans un de ses films et on aura du mal à prendre ça au sérieux.

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La seconde moitié de l’album est assez catastrophique et ennuyeuse. La palme de la nullité revient à Snowblind, qui fait croire que l’on peut faire une ballade sans musique. C’est mou, chiant, sans envergure ni épaisseur. D’autant plus que l’on ne ressentira aucune émotion, ce qui est le comble pour un titre comme celui-ci. Puttin’ on the Ritz est un titre bouche-trou de moins de trois minutes, qui essaye de reprendre vainement les codes du swing mais qui ne marquera rien ni personne. Little Green Apples avec Kelly Clarkson est d’une grande naïveté et demeure aussi touchante que Snowblind. C’est lénifiant au possible et le rythme ne décollera jamais. Et malheureusement, si ce n’est ni entrainant, ni touchant, on peut dire que le morceau est raté. Minnie the Moocher est assez marrante et relève un peu la barre, mais ça reste tout de même assez binaire. On appréciera le côté piano bar qui change finalement de tout ce que propose l’album. If I Only had a Brain n’a de drôle que le titre puisqu’on est encore face à une ballade lénifiante au possible et sans aucun intérêt. Tout comme No One Likes a Fat Pop Star qui se la joue grandiloquent avec de grands chœurs et une petite mélodie qui fait presque musique classique. Le morceau clôt l’album de façon très étrange et sans aucun lien avec le reste du skeud.

Au final, Swings Both Ways, le dernier album de Robbie Williams est très décevant. On s’ennuie sec à la première écoute et rien ne change avec le temps. Si quelques titres sortent du lot comme Shine my Shoes ou Minnie the Moocher, le reste ne marque ni les esprits ni les oreilles. On peut néanmoins saluer le culot de sortir un album aux antipodes de la pop que propose habituellement le chanteur et qui risque de rebuter plus d’un fan… enfin, d’une fan !

  1. Shine my Shoes
  2. Go Gentle
  3. I Wan’na Be Like You featuring Olly Murs
  4. Swing Supreme
  5. Swing Both Ways featuring Rufus Wainwright
  6. Dream a Little Dream featuring Lily Allen
  7. Soda Pop featuring Michael Bublé
  8. Snowblind
  9. Puttin’ on the Ritz
  10. Little Green Apples featuring Kelly Clarkson
  11. Minnie the Moocher
  12. If I Only Had a Brain
  13. No One Likes a Fat Pop Star

Note: 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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