décembre 6, 2021

Eurekaka! – Top 10 des Expériences Humaines qui Tournent Mal au Cinéma

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Depuis toujours, l’homme est curieux. Et si on a tendance à dire que la curiosité est un vilain défaut, force est de constater qu’elle nous a poussée dans des retranchements scientifiques qui a permis à la société de tout le temps avancer, d’évoluer. Mais pas toujours dans le bon sens. Car l’homme aime jouer à Dieu, si tant est qu’il en existe un, et il arrive qu’aller trop loin dans la démarche scientifique entraine de petites complications. Quid de Marie Curie et son mari ? Ou encore de Galilée qui fut brûlé pour hérésie ? Et il n’a pas fallu longtemps au cinéma pour mettre en avant les pires déboires scientifiques qui ont envahis les fantasmes de nombreux cinéastes.

Renvoyant constamment à notre être, à notre raison d’être présent sur terre, mais aussi à nos croyances les plus profondes et bien évidemment à une vie après la mort, les scientifiques du cinéma pullulent sur les écrans et bien souvent pour le pire. Et si certains scientifiques alimentent les biopics et les récits historiques, c’est surtout dans les films d’horreur que l’on retrouve les plus gros tarés du septième art. Entre ceux qui veulent dépasser les limites du vivant et les autres qui veulent juste tester une expérience plus que bizarre, les fioles, bec bunsen et autres seringues trouvent toujours une résonnance dans le cinéma de genre, genre privilégié pour renvoyer l’être humain face à ses erreurs et recevoir une sorte de punition divine. Ou humaine, très souvent victime de leur propre création. Morgane, nouveau film avec une jeune fille issue d’une expérience, est le nouveau film d’horreur à sortir sur nos écrans et pour le coup, on revient sur dix films dans lesquels les expériences ont mal tourné, mais alors très mal…

  1. Lazarus Effect de David Gelb

Film Title: The Lazarus Effect

La vie après la mort obnubile beaucoup d’esprits et bien souvent pas les plus éclairés. Cependant, le cinéma aime à faire croire qu’il y a quelque chose de l’autre côté et plante souvent des scientifiques qui essayent de vaincre la mort. Et même s’il n’est pas aisé de dire au revoir à l’être aimé, il faut savoir faire son deuil, la Terre est suffisamment peuplée comme ça ! Mais ce n’est pas ce que pense cette bande de nerds qui, suite à un accident de laboratoire décide de ramener à la vie l’une des leurs avec un sérum de leur confection. Seul problème, elle ramène avec elle une entité démoniaque qui a décidé de faire une petite fiesta. Si le film demeure anecdotique, il montre bien qu’après la vie, il n’y a que des emmerdes, encore…

  1. L’Ile du Dr. Moreau de John Frankenheimer, Paul Rubell et Adam P. Scott

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Issu de l’esprit débridé d’un certain H.G. Wells (qui a rendu de fiers services au cinéma de science-fiction), ce film met en avant un savant fou planqué sur une île qui va s’amuser  créer des êtres hybrides, mi-homme, mi-animal. Jouant constamment sur la folie d’un généticien et son amour inconditionnel pour ses créatures qui se retrouvent finalement condamnées à errer sur une île perdue, L’Ile du Dr. Moreau montre combien il est difficile de jouer à Dieu sans blesser les autres et sans perdre la raison. Si certains considère le film comme un navet immonde, il faut reconnaître tout de même qu’il amène un message empli de désespoir autour d’un scientifique qui brave les interdits pour essayer de faire évoluer la science mais qui a un amour sacré envers ses divers « ratés ». Un film peu subtil, mais qui amène tout de même une réflexion pas dénuée de sens.

  1. Hollow Man de Paul Verhoeven

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Jouer avec les impossibilités du corps, essayer de copier parfois le règne animal pour devenir aussi bon en camouflage que le caméléon, voilà un fantasme que de nombreux scientifiques véhiculent en secret. Entre le fait d’assouvir des fantasmes inavouables et celui de créer une arme pour l’armée, l’invisibilité est l’un des grands thèmes du cinéma d’épouvante et bizarrement, à chaque fois cela se passe mal. On aurait pu évoquer l’Homme Invisible de chez Universal, mais on a préféré Kevin Bacon dans le film du hollandais violent, un film sur lequel beaucoup a craché lors de sa sortie et qui pourtant est un excellent divertissement en plus d’un message fort sur la folie des sciences et ses dangers. S’inoculant un sérum pour se rendre invisible afin de ne pas perdre la subvention de l’état, l’homme invisible va devenir de plus en fou et dangereux au fur et à mesure qu’il reste indétectable. Un film fort visuellement qui montre bien que notre corps a tout de même des limites.

  1. The Human Centipede de Tom Six

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Ami du bon gout, bonjour. Avec The Human Centipede, on peut dire que l’on entre de plein pied dans la folie d’un médecin qui veut créer, pour son propre plaisir, un mille-pattes humain. Pitch complètement foireux, voire ubuesque, le film réussi pourtant son pari de créer un malaise et de dégouter le spectateur face à une expérience scatologique écœurante et un propos quasi inexistant. En effet, dans ce film, rien n’est dénoncé si ce n’est la folie d’un homme qui a été viré de son service hospitalier à cause de sa mentalité défaillante. Il en résulte l’une des expériences les plus éprouvantes du cinéma, qui a laissé plusieurs personnes la tête dans le cul après le visionnage.

  1. Splice de Vincenzo Natali

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La mutation est un phénomène que l’on réserve volontiers aux complotistes anti-nucléaire ou encore au cinéma qui arrive à mettre en scène des personnages attirés de plus en plus par les mélanges. Ainsi, le réalisateur du génial Cube s’offre une seconde jeunesse avec ce film très particulier qui montre un couple de scientifique qui mixe de l’ADN humain avec celui d’un animal, pour donner un hybride craintif, monstrueux, mais aussi très poétique. Jouant toujours sur la corde raide entre l’horreur le beau, Vincenzo Natali livre un film fort appréciable par le message qu’il balance, à jouer à Dieu, les scientifiques font souvent plus de mal à leur création qu’à eux-mêmes. Un film étrange, parfois envoûtant, parfois effrayant, et qui peut se targuer d’être une coproduction française.

  1. Orange Mécanique de Stanley Kubrick

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Mais que vient faire ici l’un des films les plus sulfureux du monde alors que la science n’a qu’une place infime dans le propos que place Kubrick ? Faut-il vous rappeler que dans le film, ce pauvre Malcolm McDowell en prend plein la tronche dans une expérience qui a pour but d’atténuer sa violence. Images chocs, traitement inhumain, torture psychologique, Stanley Kubrick ne recule devant rien pour dénoncer les dérives d’une science qui s’aventure beaucoup trop loin dans le chemin de la rédemption des hommes, voulant créer une société docile et influençable. Un propos avant-gardiste qui trouve tout son sens aujourd’hui et qui a bien sa place dans ce top, puisqu’au final, la société est trop violente pour qur de tels procédés fonctionnent.

  1. L’Expérience Interdite de Joel Schumacher

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Cette idée de quelque chose après la mort obsède beaucoup de gens. Il est vrai que la peur de mourir est une phobie rationnelle, mais s’il y a bien une chose que l’on sait tous, c’est qu’un jour ou l’autre, on va tous crever. Sauf que certains curieux ont envie d’en savoir plus avant de passer l’arme à gauche. Casting de luxe pour un film typique des années 90 qui aura beaucoup de succès, L’Expérience Interdite montre des étudiants voulant savoir s’il y a quelque chose de l’autre côté. Une expérience qui va rater, bien évidemment, et qui va enclencher une réaction en chaîne, pour le plus grand plaisir du spectateur. Il en résulte un film générationnel intéressant, intelligent, qui replace l’être humain à sa place, c’est-à-dire celle de créature qui doit œuvrer pour la Terre sans trop se poser de questions sur son existence.

  1. La Mouche de David Cronenberg

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Parmi les affabulations de l’homme, la téléportation est aussi au centre de nombreux débats. C’est vrai que ce serait vraiment pratique, empêchant les embouteillages le matin pour aller au boulot et permettant de se lever plus tard. Sauf que la science, ce n’est pas toujours Star Trek. Fasciné par la transformation des corps et s’appuyant sur le livre La Métamorphose de Kafka, David Cronenberg livre un film puissant et glauque sur la folie d’un homme qui est prêt à tout pour ne pas voir le projet d’une vie échouer. Film rappelant qu’il suffit d’un grain de sable pour enrayer la machine, La Mouche est aussi un film terriblement humaniste sur un homme qui ne peut faire machine arrière au cours d’une mutation sans équivoque.

  1. Re-Animator de Stuart Gordon

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Sorte de Frankenstein version délurée et complétement déjantée, Re-Animator fait partie des immanquables du film de zombie. Et si la créature prend le pas sur la science, il n’en demeure pas moins qu’à la base, il s’agit d’une expérience qui n’a pas l’effet escompté. Jouant sur le message du film séminal de James Whale, Re-Animator montre un scientifique fou à lier qui se prend pour Dieu et qui devient finalement le vrai méchant de l’histoire malgré son côté attachant. Gore à souhait, ce film montre jusqu’à quel point l’horreur peut aller lorsqu’on ne maîtrise pas une expérience avec des produits dangereux. Une sorte de corrélation peut être faite avec la réalité et tous ces chercheurs jouant avec des virus qui peuvent vite devenir hors de contrôle. Bref, Re-Animator, c’est l’expérience d’une vie qui tourne à la mort.

  1. Frankenstein de James Whale

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Il était finalement assez logique que ce soit ce film le premier du classement. Œuvre séminale sur l’expérience scientifique qui tourne à la catastrophe, Frankenstein est avant tout un film métaphorique sur la folie de l’homme et sa volonté de devenir supérieur à un hypothétique Dieu. Voulant créer la vie à partir de morceaux d’hommes morts, le film va mettre en avant une créature gigantesque, enfantine dans sa morale et surtout attachante par sa naïveté et finalement son destin funeste. Ainsi, on parle non seulement d’un savant fou, mais aussi et surtout d’une créature qui n’a jamais demandé à être là, renvoyant alors à tous les rats de laboratoire qui subissent des sorts affreux et inhumains. Et finalement, c’est peut-être là toute la force du récit de Frankenstein, rendre un homme inhumain et une créature plus humaine. Un incunable du genre.

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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