décembre 2, 2020

12 Years a Slave

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De : Steve McQueen

Avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Paul Dano

Année: 2014

Pays: Etats-Unis

Genre: Historique, Drame

Résumé :

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession.
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave.
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Avis :

C’est en 2008, que le réalisateur britannique Steve McQueen nous livre sa première claque cinématographique. Elle s’appelle « Hunger« , le réalisateur y parle des conditions de détention de prisonniers politiques appartenant à l’Ira. Le film fait l’effet d’une bombe et fait partie de mes chefs-d’œuvre instantanément. Avec ce film, Steve McQueen démontre un immense talent de metteur en scène. Et en un film le réalisateur s’impose comme l’un des meilleurs espoirs du cinéma anglais. Attendu au tournant, il revient trois en plus tard avec « Shame » qui suit le parcours d’un accro du sexe. Nouveau film et le réalisateur réitère l’expérience. « Shame » sera hypnotique, le film nous décrira avec beaucoup de réalisme le quotidien d’un homme rongé par la maladie du sexe, il nous offrira par la même occasion une belle et rude descente aux enfers.

Après ces deux superbes films, j’attendais avec une impatience non dissimulée le retour du réalisateur. Et le voilà avec un nouveau projet encore une fois là où l’on ne l’attendait pas. Je me suis donc rué dans mon cinéma le plus proche pour aller voir « 12 Years a Slave » dont rien que la bande-annonce me retournait déjà, imaginant ce que le réalisateur avait bien pu nous concocter.

Et bien maintenant que je l’ai vu, je peux vous le dire, Steve McQueen a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses, car « 12 Years a Slave » est une phénoménale claque aussi visuelle qu’émotionnelle. C’est un film qui m’a complètement déboussolé, laissé K.O, les yeux humides, les jambes coupées et l’esprit terriblement tourmenté.

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Le film suit le terrible parcours de Solomon Northup, un homme de couleur libre, qui habite avec sa famille à New York, quelques années avant la guerre de sécession. Très bon violoniste, il est engagé pour jouer avec une troupe du côté de Washington. Mais une fois sur place, rien ne se passe comme prévu et Solomon Northup est alors enlevé et vendu comme esclave pour travailler à la guise du plus offrant. Commence alors pour lui un long et douloureux chemin vers la liberté. Son calvaire va durer douze ans. Douze années d’esclavage pendant lesquelles Solomon va devoir tout faire pour simplement rester en vie.

A couper le souffle, c’est la première expression qui me vient en pensant à ce film. « Hunger » m’avait captivé, « Shame » m’avait bouleversé au plus haut point, mais alors « 12 Years a Slave » m’a complètement laissé à la ramasse, comme trop rarement je ne l’ai été.

Ce que j’aime énormément chez Steve McQueen c’est qu’il a ce don de nous faire rentrer dans une ambiance et dans un univers dès les premières images.

Son nouveau film, tiré de fait réels, est une traversée épique des plus dures du monde l’esclavage. C’est dans une ambiance plus que réaliste que le réalisateur va nous offrir l’un des films les plus durs que j’ai pu voir sur le sujet.

Le scénario est immense, brillant, magnifiquement écrit, l’histoire est dure, tellement dure, mais extraordinaire en même temps. Le parcours de Solomon Northup est tout simplement exceptionnel du début à la fin, on ne peut qu’être touché et pris dans ce récit.

Le film est intransigeant, sans concession, intense, oppressant, il enlève toute dignité (Je crois qu’on a rarement atteint autant de réalisme et de cruauté dans un film avec ce sujet), le réalisateur ne nous ménage pas, s’approchant au plus près de ses personnages, de son sujet et de l’époque, quitte à ce que cela nous secoue, j’ai même trouvé ça parfois à la limite du supportable. On en ressort bouleversé, abasourdi en ayant cette bonne et désagréable impression d’avoir vu l’un des meilleurs films de l’année, alors que cette dernière vient à peine de commencer.

La mise en scène est tout simplement prodigieuse, les plans sont magnifiques. Le film comporte des séquences incroyables et impitoyables avec des images fortes, intenses, choquantes même et pourtant je n’ai pas trouvé un instant que Steve McQueen en faisait trop, même si certaines continueront de nous hanter pendant un bon moment, tant c’est réaliste.

Le film est renforcé par la bande originale brutale de Hans Zimmers qui s’est encore une fois surpassé pour nous offrir une ambiance lourde, celle du bateau, j’ai bien cru ne pas pouvoir la finir. La musique est sublime, elle rappelle un peu « Shame » de temps en temps et elle apporte tellement au film, elle habille chaque scène parfaitement. Le compositeur renforce toutes les émotions et les sentiments avec cette bande son.

Pour raconter son histoire, le réalisateur s’est entouré d’un casting en or massif avec des acteurs tous, absolument tous, phénoménaux. Tout le film est tenu par Chiwetel Ejiofor qui est passionnant à suivre, l’acteur nous communique tellement, il trouve enfin un rôle qui le met en valeur. On trouvera aussi dans ce film des acteurs possédés par leurs personnages, Michael Fassbender en tête, qui retrouve son réalisateur pour la troisième fois. L’acteur est tellement intense dans ce rôle, il en donne la chair de poule à chacune de ses apparitions. Il y a aussi un Benedict Cumberbatch étrangement sympa, un Brad Pitt très charismatique malgré un petit rôle, un Paul Dano toujours aussi possédé et une Sarah Paulson que j’ai vraiment pris plaisir à haïr.

Mais tout ce petit monde se fait voler la vedette par l’immense révélation du film, un diamant brut, une actrice incroyable, bouleversante et fabuleuse. Retenez ce nom, elle s’appelle Lupita Nyong’o, jusque-là inconnue, on assiste là à la naissance d’une étoile qui m’a rendu le cœur lourd et les yeux bordés de larmes.

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« 12 Years a Slave » est bel et bien un putain de gros chef-d’œuvre. C’est de l’immense cinéma, c’est un coup de poing d’émotion comme rarement on en a. C’est un film qui ne fait aucune concession, il va droit au but et nous raconte avec beaucoup (trop) de réalisme cette période sombre et honteuse des Etats-Unis à travers l’histoire absolument bouleversante d’un homme qui ne perdra jamais l’espoir de retrouver un jour sa liberté.

Premier grosse claque, premier coup de cœur, « 12 Years A Slave » est un indispensable de 2014.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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