mars 1, 2021

Sale Môme

Titre Original : The Kid

De : Jon Turteltaub

Avec Bruce Willis, Spencer Breslin, Emily Mortimer, Lily Tomlin

Année: 2000

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Drame

Résumé :

A l’aube de ses quarante ans, Russ Duritz est un riche consultant en image qui se dévoue corps et âme à son travail. Si la réussite matérielle est au rendez-vous, il en est tout autrement de sa vie privée. C’est un vieux garçon qui a perdu le goût d’aimer et de s’amuser, un célibataire endurci sans enfants et sans animaux de compagnie. Il voit d’ailleurs rarement son père.

Sa rencontre avec Rusty, un jeune garçon maladroit et à l’embonpoint précoce, le remet en question. En fait, il s’agit de lui-même à l’âge de huit ans. Celui-ci n’apprécie pas du tout de voir ce qu’il deviendra dans une trentaine d’années.

Russ semble avoir oublié ses rêves de jeunesse en grandissant : il n’est pas devenu pilote d’avion comme Rusty le souhaitait. Son alter ego de quarante ans va devoir replonger dans son passé pour tenter de comprendre ses erreurs et les réparer.

Avis :

A la toute fin des années 90, Bruce Willis a clairement le vent en poupe. Il faut dire qu’il enchaine les succès populaires sur des blockbusters où il est le héros providentiel. En 1997 dans Le Cinquième Elément de Luc Besson, en 1998 dans Armaggedon de Michael Bay et en 1999 dans Sixième Sens de M. Night Shyamalan, on peut dire que Bruce Willis est l’acteur du moment. Cela ne l’empêche pas pour autant d’être présent sur des projets plus petits, comme des courts-métrages (Franky Goes to Hollywood) ou des séries (Friends). Si l’année 2000 est marquée pour lui par l’excellent Incassable, il va tourner juste avant une petite comédie dramatique fantastique sous la caméra de Jon Turteltaub. Sale Môme, produit par Disney, est le parfait petit film à destination des adultes pour qu’ils retrouvent leur âme d’enfant. Et vingt ans plus tard, c’est toujours aussi intéressant.

La quête vers la jeunesse

Le film propose de suivre Russ, un agent spécialisé dans l’image. En gros, son boulot consiste à redorer l’image de crapules via des vidéos et des photos. Cynique, désagréable avec les gens, sûr de lui et de sa réussite, il va avoir la désagréable surprise de trouver un enfant chez lui. Sauf que cet enfant, c’est lui à l’âge de neuf ans. Il va alors se replonger dans des souvenirs oubliés et devoir composer entre son boulot, son avenir et ce dont il avait toujours rêvé étant enfant. Sale Môme est une comédie fantastique très touchante qui joue avec notre nostalgie et nos rêves de gosse. En effet, derrière la rencontre incongrue entre cet enfant et cet homme qui ne sont qu’une seule et même personne, l’adulte va comprendre ses erreurs, se pardonner beaucoup de choses et comprendre qu’aujourd’hui, il n’est pas l’homme qu’il avait rêvé d’être.

Le mot rêve revient souvient dans les lignes de ce papier, et c’est tout à fait normal. Car c’est ce dont il est question dans ce film de Jon Turteltaub. Les rêves de réussite d’un homme cynique et détestable, vont se transformer doucement en rêves oubliés d’une enfance difficile. Une enfance faite de coups durs, de brimades, de moqueries à cause d’un physique pas facile et d’un problème de prononciation. Un passé qui a été oublié à cause d’un traumatisme violent et la maladresse des adultes. Sale Môme joue constamment avec les souvenirs, les désirs et les rêves d’une jeunesse révolue mais qui reste à tout jamais gravée au fond de nous. Le film nous dit alors de garder notre âme d’enfant, et de ne jamais se perdre dans un cynisme adulte regrettable. Là-dessus, le film de Turteltaub est irréprochable et s’avère très touchant, notamment quand l’adulte se souvient d’un passage dur de son histoire. Le déclic d’un tic et d’une jeunesse qui s’envole.

La quête vers l’amour

Derrière son thème principal, à savoir ne jamais oublier sa part d’enfant et ses rêves de gosse, Sale Môme est aussi une quête perpétuelle vers l’amour. Le jeune Russ recherche désespérément l’amour de ce père absent, qui a peur de s’occuper seul de son gamin. Il trouve en sa forme adulte un père de substitution avec lequel il va effectuer une introspection involontaire. Quant au Russ adulte, seul (et qui se persuade que personne ne le mérite), il va vite se rendre compte de l’importance des autres, et qu’il faut laisser parler ses sentiments. Il va alors, petit à petit, laisser tomber sa carapace pour s’ouvrir aux autres, et notamment à son assistante, dont il n’est pas insensible. Cet amour se traduit aussi dans l’amour propre, celui que l’on porte à soi-même. En vérité, Russ adulte se déteste et se ferme à cause d’un passé douloureux. Et il va réussir à s’accepter en remontant le fil de ses souvenirs, grâce à ce petit enfant drôle et facétieux qu’il était, et qu’il a oublié.

Alors bien évidemment, le film n’est pas parfait. Il a son petit lot de maladresses, et la première chose que l’on peut lui reprocher, c’est sa mise en scène assez plate. Il faut dire que Jon Turteltaub est un bon faiseur, mais il n’a pas vraiment de patte précise. En l’état, Sale Môme est un film qui manque de plans marquants. Si certaines séquences sont jolies, et que les éclairages confèrent une ambiance un peu onirique par moment, avec une omniprésence de guirlandes lumineuses, on reste dans quelque chose de très plat. Cela est contrebalancé par la présence des acteurs qui sont magnétiques. A commencer par un Bruce Willis très touchant et alors en pleine bourre. Loin de ses rôles de sauveurs et de héros nerveux, il campe ici un homme d’affaire qui va peu à peu s’ouvrir et se rendre très touchant. A ses côtés, Spencer Breslin est très drôle et il va lui aussi conférer une bonne humeur au métrage. Il est même dommage que le jeune acteur n’ait pas percé par la suite. Enfin, Emily Mortimer complète un casting efficace, ajoutant une touche charme indéniable.

Au final, Sale Môme est un film relativement réussi. S’il comporte quelques scories presque propres à ce genre de récit, avec parfois trop de bons sentiments, il n’en demeure pas moins un métrage à la fois touchant et drôle. Les acteurs n’en font pas des caisses, la mise en scène, bien que plate, est simple et sans colifichet et surtout, le thème de la jeunesse et de ses rêves d’enfant est bien traité. En l’état, Sale Môme est donc un très joli film, qui n’a pas vieilli malgré ses vingt ans et qui semble être injustement oublié…

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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