décembre 6, 2021

La Fête des Pères

De : Joy Fleury

Avec Thierry Lhermitte, Alain Souchon, Gunilla Karlzen, Rémi Martin

Année : 1990

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Stéphane et Thomas, qui vivent ensemble depuis cinq ans, désirent avoir un enfant. Ils se rendent alors en Martinique où un certain Paulo doit leur remettre un bébé contre de l’argent. Ils sont en fait victimes d’une escroquerie. Heureusement, ils rencontrent bientôt Carole, une jolie jeune femme qui vient de rompre avec un mari violent et leur propose d’être la mère de leur enfant…

Avis :

Réalisatrice française, Joy Fleury a une carrière éclair dans les années 80 et au début des années 90. En fait, j’ai beau rechercher et retourner, je ne trouve rien sur Joy Fleury, si ce n’est qu’elle a deux films, un premier, « Tristesse et beauté« , sorti en 1985, et le film sur lequel on va s’arrêter aujourd’hui, « La fête des pères« .

Film totalement méconnu, « La fête des pères« , quand on le replace dans son époque, est une comédie assez osée, puisque avec cette dernière, Joy Fleury a choisi des sujets assez étonnants. Mettant en scène un couple gay cherchant à avoir un enfant, à l’époque, « La fête des pères » était un film audacieux, et même rare. Mais ça, c’était à l’époque, car à la découverte aujourd’hui, « La fête des pères » a bien du mal à passer. Outre le fait que le film a sacrément vieilli, « La fête des pères » se pose surtout comme un film désastreux et insupportable. Certes, il partait avec de bons sentiments et il était novateur pour son époque, mais l’image qu’il donne aussi bien des relations de couples entre hommes, ou l’image de la femme, est catastrophique, et l’on reste là, devant notre écran, les yeux écarquillés avec le sentiment que ce n’est pas possible de faire quelque chose comme ça.

Thomas et Stéphane s’aiment depuis cinq ans maintenant et ils ont décidé de fonder une famille. Comme l’adoption n’est pas possible, ils se rendent le Martinique pour acheter un enfant. Or, leur contact sur place s’enfuit avec l’enfant et l’argent du couple. C’est là que le couple rencontre Carole, une jeune femme attachante. Cette dernière va les aider à retrouver leur contact et ainsi récupérer l’argent. Pour Thomas et Stéphane, Carole est une révélation, et c’est elle qui portera leur enfant. La jeune femme ayant des soucis avec son petit ami, elle profite des deux garçons pour fuir avec eux et elle accepte ce marché. Enfin, elle accepte à la condition qu’elle tombe enceinte de manière naturelle.

Certes, bien souvent, il faut remettre les films dans leur époque et leur contexte, et comme je le disais plus haut, si l’on fait ceci avec le film de Joy Fleury, sur bien des sujets qu’il aborde, « La fête des pères » est un film assez audacieux et novateur. On pourra retenir ses thématiques, comme l’envie de fonder une famille, l’envie de montrer un couple d’hommes avec cette envie-là. Le film aborde aussi le sida, sujet sensible qui a moins de dix ans au moment où sort ce film. On pourra aussi retenir quelques scènes d’intimité entre les deux hommes, ou encore l’acceptation dans la société et le coming out. Bref, il y a au sein du film de Joy Fleury de bons éléments et on sent que la réalisatrice fait ce film pour les bonnes raisons.

Mais voilà, malheureusement ça ne suffira pas à sauver le film de la catastrophe et malgré l’envie de le replacer dans son époque, il y a plusieurs sujets et rebondissements qui nous laissent totalement sur le carreau. Des éléments qui, par on ne sait quelles idées et quelles images, pouvaient passer à l’époque, mais aujourd’hui, « La fête des pères« , plus qu’une comédie (qui d’ailleurs ne fait que rarement sourire), se pose comme un drame absolu. Franchement, entre l’image de la femme bête et gentille, qui excuse l’homme qui lui tape dessus, ente ce couple d’hommes qui se sert de cette dernière sans aucun scrupule, et dont on peine à croire qu’ils sont un couple tant ils ont l’air d’être deux potes qui ne se supportent pas vivant ensemble (on remercie toutefois la réalisatrice d’avoir évité le cliché de « La cage aux folles« ) ou encore, et c’est peut-être là le pire, la banalité du viol. Car oui, nous assistons bel et bien à un viol à un moment donné dans ce film, et ce dernier passe comme un non-événement avec un  » … Ne le prends pas mal … » totalement décomplexé. Faut le faire quand même. Et la suite, la construction du personnage, ce n’est pas mieux. Au final, on a le sentiment d’assister à une femme qui serait pris du syndrome de Stockholm, qui pour fuir un mec qui la bat, préfère faire un enfant avec un couple d’hommes qui se fiche un peu beaucoup d’elle. Bref, comme je le disais, même en remettant le film dans son époque, c’est compliqué.

Pour le reste, il n’y a pas grand-chose non plus à retenir. Dans sa mise en scène, « La fête des pères » a vieilli. Le film se rate du côté de sa comédie, qui finalement se résume à des engueulades pour pas grand-chose et des moments dérangeants. Du côté des personnages, ils sont assez agaçants, chacun profitant de l’autre et ce qui est encore plus agaçant, c’est le scénario qui excuse tous les comportements. Et les comédiens, hormis Micheline Presle qui arrive à s’en sortir haut la main, pour les autres, on reste de marbre, tant les personnages sonnent faux.

Pour la pépite méconnue, on repassera, car « La fête des pères« , même en le replaçant dans son époque, pour bien des rebondissements, des portraits de personnages et des relations, reste un film imbuvable. À plusieurs instants, on ne comprend pas ce que Joy Fleury veut faire et veut dire. Certes, l’idée de faire un film sur un couple d’hommes qui veut fonder une famille est intéressante, mais franchement, l’image que ce couple renvoie, ce viol qui n’en est pas un dans ce film, et tout ce que le métrage excuse, c’est franchement difficile à regarder et à suivre aujourd’hui.

Note : 04/20

Par Cinéted

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