décembre 9, 2021

La Tête en Friche

De : Jean Becker

Avec Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus, Maurane, Patrick Bouchitey

Année : 2010

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Germain, 45 ans, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu’il a planté derrière sa caravane, elle-même installée au fond du jardin de sa mère, avec laquelle les rapports sont très conflictuels. Il n’a pas connu son père, sa mère s’est retrouvée enceinte de lui sans l’avoir voulu, et le lui a bien fait sentir depuis qu’il est petit, à l’école primaire son instituteur l’a vite pris en grippe, il n’a jamais été cultivé, il est resté  » en friche « .
Un jour, au parc, il fait la connaissance de Margueritte, une très vieille dame, ancienne chercheuse en agronomie, qui a voyagé dans le monde entier et qui a passé sa vie à lire.
Elle vit seule, à présent, en maison de retraite. Et elle aussi, elle compte les pigeons.
Entre Germain et Margueritte va naître une vraie tendresse, une histoire d’amour  » petit-filial « , et un véritable échange…

Avis :

Le début de carrière de Jean Becker fut parsemé de trous, laissant facilement dix ou vingt ans sans vraiment tourner grand-chose. Puis à partir des années 90, Jean Becker se fait bien plus régulier, offrant toujours de jolies histoires et surtout livrant un cinéma où il fait bon vivre. Jean Becker avait conclu ses années 2000 avec l’un de ses plus beaux films, pour ne pas dire un chef-d’œuvre. Ce film, c’est « Deux jours à tuer« .

Deux ans après ce bijou, Jean Becker était déjà de retour sur les écrans avec ce qui va être l’un de ses films les plus tendres. « La tête en friche« , c’est l’histoire d’une rencontre et d’une amitié entre un Gérard Depardieu touchant au possible et une Gisèle Casadesus malicieuse. Simple et efficace, entre comédie et drame, Jean Becker nous offre des émotions, des sourires, et ira même jusqu’à convoquer quelques larmes. Bref, si Jean Becker concluait ses années 2000 avec puissance, il commence ses années 2010 en beauté et en délicatesse.

Germain, la quarantaine bien passée, mène une vie simple, entre ses potes, le bistrot et son amoureuse Annette. Tous les jours, Germain va manger son sandwich dans le parc de sa petite ville et accessoirement, il va compter les pigeons. Ce jour-là, Germain fait la connaissance de Margueritte, une vieille femme amoureuse des lettres, des mots et des livres. Germain est lui quasi-analphabète, et entre lui et Margueritte, une complicité s’installe qui peu à peu va transformer la vie de Germain.

Il y a des films qui sont parfois si simples, des films qui n’ont d’autre but que d’être touchants en peignant une relation ou un personnage qu’ils en deviennent de véritables petits bijoux. Il y a des films qui, dans la recherche de leur simplicité, en devienne tout simplement extraordinaires, et « La tête en friche » de Jean Becker fait clairement partie de ces petits morceaux de cinéma qui font du bien à l’âme.

« La tête en friche« , douzième film de Jean Becker, comme je le disais, c’est l’histoire d’une rencontre, celle de Germain et Margueritte. Lui est bourru, simple et n’a pas eu la vie facile, elle fut chercheuse en agronomie, elle a voyagé partout dans le monde et elle a la tête dans les livres. Ces deux personnages qui n’ont rien en commun, si ce n’est compter des pigeons dans un parc, vont alors s’entraider, au gré de leur discussions, de leurs regards, des séances de lecture improvisées ou non. Ensemble, ils vont rire, pleurer, et refaire le monde. De cette base somme toute très simple donc, Jean Becker arrive à tirer une très belle œuvre de cinéma qui fait la part belle aux émotions. Comment ne pas être touché par ces personnages plus vrais que nature et surtout, comment ne pas être touché par ce duo de cinéma, magique, surprenant et magnifique ? Ce duo résonne comme une évidence et jamais Gérard Depardieu n’a été aussi touchant que dans ce film, quant à l’immense et regrettée Gisèle Casadesus, elle nous livrait là, avec toute la délicatesse et la tendresse du monde, l’une de ses dernières grandes prestations. À noter un très joli casting, dont ressort Sophie Guillemin entre autres.

Pour accompagner ces personnages et cette histoire, Jean Becker s’est armé de son regard le plus tendre. La mise en scène du réalisateur est à l’image de cette histoire, très simple, toute simple, sans fioriture, sans effet de style, laissant la place à ses acteurs pour créer l’émotion, la tendresse, voire même la poésie qui se dégage de certains moments. Avec cette « … tête en friche« , on se laisse porter par ce que Becker, Casadesus et Depardieu nous racontent. Puis au gré des discussions, des rencontres, des moments tout simples, on se surprend à sourire, à être totalement immergé, et joliment transporté par un regard, un silence, qui sera bien plus éloquent que des discours. On appréciera aussi que Jean Becker développe justement le personnage de Germain, faisant des incursions dans son passé. Cela renforce le personnage et le rend encore plus touchant.

Jean Becker a fait de jolis films, entre « Les enfants du marais« , « Effroyable Jardin« , « deux jours à tuer« , « L’été meurtrier« … À cette liste, on y ajoutera avec amour cette « … tête en friche« , qui en plus d’être un film sublime, sonne aussi comme le dernier grand film de son réalisateur. Entre émotion, simplicité, tendresse, sourire, et tranche de vie, « La tête en friche » est une merveille qu’on se plaît à voir et revoir.

Note : 16/20

Par Cinéted

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