septembre 28, 2020

L’Eté Meurtrier

De : Jean Becker

Avec Alain Souchon, Isabelle Adjani, Michel Galabru, Suzanne Flon

Année : 1983

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

En 1976, la jeune Éliane, sensuelle et aguicheuse, emménage dans un petit village de Provence avec Gabriel, son père adoptif paralytique et sa mère Eva Braun. La jeune femme fait alors la rencontre d’un pompier volontaire du village, surnommé Pin Pon, dont elle finit par tomber amoureuse.

Avis :

Jean Becker a commencé à réaliser très peu de temps après la mort de son père le grand Jacques Becker. Très vite, il trouve le succès, faisant tourner Jean-Paul Belmondo dans trois de ses premiers films. Puis après « Tendre voyou » en 1966, Jean Becker oublie le cinéma. Pendant presque vingt ans, Jean Becker va se consacrer à la publicité. « L’été meurtrier » marque son retour au cinéma. Un retour court, intense et étrange aussi, car après ce film, il faudra attendre presque dix ans pour revoir un film de Jean Becker, le réalisateur entrant en « pause ».

Immense succès critique et public de l’année 83, « L’été meurtrier » est un film culte aussi bien dans la filmographie de son réalisateur que dans le paysage du cinéma français. Avec « L’été meurtrier« , Jean Becker signe là un drame psychologique dur et passionnant en même temps. Film noir développant le secret de famille qui amènera à la vengeance et comment celle-ci peut ronger des êtres humains, « L’été meurtrier » marque par sa force, par son Isabelle Adjani qui crève l’écran. Il marque aussi par son ambiance moite, chaleureuse et par le portrait de cette famille touchante, adorable et amusante. Bref, « L’été meurtrier« , malgré quelques petits couacs, est un excellent film doublé d’un classique du cinéma français qui mérite amplement son succès.

Eliane, la vingtaine, emménage dans un petit village du sud de la France avec ses parents. Son arrivée dans le village ne passe pas inaperçu, tant la jeune femme n’entre pas dans le décor. Jalousée par les femmes à cause de sa beauté et son côté aguicheuse, enviée par tous les hommes qui rêvent tous de passer un moment avec elle. Lors d’un bal sauvage, elle y fait la rencontre de Pin pon, un jeune homme aîné d’une fratrie de quatre et pompier volontaire, d’où son surnom. Entre elle et Pin pon, c’est un coup de foudre, enfin du moins c’est ce que croit le jeune homme, car Eliane cache un lourd passé, et son arrivée dans ce village n’est pas vraiment le fruit du hasard.

Thriller psychologique fascinant, « L’été meurtrier » donne du fil à retordre et a vraiment de quoi marquer son spectateur et face à la force du film, son succès et ses plus de cinq millions de spectateurs en salles est tout à fait compréhensible. Pourtant, « L’été meurtrier » n’est pas un film qui réussit tout ce qu’il entreprend, on peut même dire qu’il a parfois un côté très brouillon naviguant et oscillant entre plusieurs personnages, dont on entend les pensées profondes et intimes. Si, quand le film s’arrête sur les personnages incarnés par Adjani ou Souchon, c’est logique et intéressant, ça l’est moins quand il choisit des personnages secondaires, comme celui génialement tenu par la très regrettée Suzanne Flon. De plus, le film a tendance à traîner quelque peu une fois que le plan de vengeance commence à se mettre en place. Bien souvent, on entend le personnage d’Eliane penser et répéter qu’elle va se venger, que ça va arriver, et finalement, on finit par se dire que c’est bien beau de se dire ça, mais qu’à un moment ou un autre, il va falloir y aller. Cette façon de faire donne l’impression que le personnage attend que nous, spectateur, découvrions toute l’affaire. Mais bon, face au reste du film, il est vrai que ces défauts et ce côté brouillon finissent par être bien peu, car « L’été meurtrier » s’impose à nous bien autrement.

« L’été meurtrier« , c’est tout d’abord une ambiance et une époque qui sont génialement reconstituées. Jean Becker livre là un film moite bercé dans la chaleur de l’été. Derrière le thriller, on appréciera énormément la simplicité du quotidien, la joie et le bonheur de vivre. Toutes les scènes de famille, de fratrie sont excellentes et sont aussi amusantes qu’elles sont touchantes. Puis, on ne peut passer à côté du thriller psychologique qu’est « L’été meurtrier« . Jean Becker nous entraîne dans un film de vengeance et si parfois c’est un peu long, ou un peu confus, il n’empêche que ça reste tout le temps intéressant. Le scénario présente très bien comment l’idée de vengeance peut parfois faire plus de mal que de bien, rongeant son personnage de l’intérieur. Bien sûr, avec cette vengeance, « L’été meurtrier » aborde aussi le secret de famille et Jean Becker ne manque pas de nous surprendre avec des rebondissements sombres et terribles, qui ne feront que précipiter le film et les personnages vers l’horreur de ce final.

Pour son retour après presque vingt d’ans d’absence, Jean Becker réunit là un très joli casting. Un casting qui verra primer aux Césars de manière méritée Isabelle Adjani et Suzanne Flon. Avec ce film, on trouvera donc Alain Souchon qui l’espace de quelques temps, dans les années 80, a fait l’acteur et il s’en sort plutôt bien. On trouvera aussi un tout jeune François Cluzet, on trouvera Michel Galabru, Martin Lamotte, Jacques Nolot, Jenny Clève, ou encore une toute petite Maiween.

Entre défauts et qualités, « L’été meurtrier » est un excellent film qui marque un grand retour pour Jean Becker. Beau et sombre, touchant et tragique, si parfois sur cette vengeance, le tout est un peu longuet à se mettre en place, il y a un sentiment d’impuissance qui se fait sentir, quand tous les éléments sont enfin réunis et que sa messe finale arrive. Bref, cette séance de cinéma fut riche, puissante, intense et le film de Jean Becker mérite bien son statut de classique du cinéma français.

Note : 16/20

Par Cinéted

Une réflexion sur « L’Eté Meurtrier »

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