octobre 28, 2020

The Quireboys – White Trash Blues

Avis :

Quand on commence à former un groupe de musique, on a toujours en tête quelques références précises auxquelles on aimerait ressembler un petit peu. On sait déjà vers quel style on se dirige et quels sont les groupes que l’on vénère et qui nous font toujours vibrer. The Quireboys se forme au début des années 80 et ne cache absolument pas sa référence, à savoir The Faces de Rod Stewart. Il faut dire que le chanteur, Jonathan Gray, qui préfère qu’on l’appelle Spike, a un timbre de voix très proche de celui de Stewart et forcément, cela donne envie d’avoir le même succès que le bonhomme. Et c’est Sharon osbourne, la femme d’Ozzy Osbourne (Black Sabbath), qui va dénicher The Quireboys et qui va leur permettre de sortir leur premier album et d’enclencher une production plus solide. Malheureusement pour eux, et même s’ils officient dans un Hard Rock plutôt classique, ils sont submergés par la vague Grunge venue de Seattle durant les années 90 et le groupe ne va quasiment jamais refaire surface. Alors ils vont sortir de façon très régulière des albums, allant même jusqu’à un par an à partir de 2013. Un travail de maboul mais qui reste finalement assez confidentiel. A un tel point que finalement, en 2017, The Quireboys sort White Trash Blues, un album de reprises de grands succès de blues. Est-ce que cela leur a permis de renouer avec le succès ? Pas vraiment, même si ça reste très bon.

Le groupe commence directement avec une reprise du grand, très grand Muddy Waters, avec Cross Eyed Cat. Forcément un peu plus pêchu que l’original, le morceau en reprend pourtant toute sa substance pour faire un quasi copié/collé sur la forme. Sur le fond, la reprise va falloir le coup pour la voix de Spike, très granuleuse, qui respire le tabac et le whisky. D’ailleurs, au départ, on pourrait croire à une voix féminine éraillée, mais il n’en sera rien. Le petit pont au piano est bienvenu et globalement, on va se surprendre à bouger en rythme avec ce blues rock classique mais terriblement efficace. Alors bien évidemment, le groupe a bien choisi ses morceaux au départ, puisqu’ensuite survient Boom Boom de John Lee Hooker. Là aussi, la recette est la même. On reprend trait pour trait le célèbre morceau, et grâce à la voix du chanteur, on trouve une autre dynamique, une autre façon d’apprécier ce titre. On se rapproche du rock britannique qui a fait le succès de The Quireboys, tout en gardant l’essence même du morceau originel. Avec I Wish you Would, le groupe reprend alors Billy Boy Arnold pour encore une fois en faire quelque chose de plus rock n’roll. En effet, le titre de base a un peu vieilli et le remettre au goût du jour n’est pas plus mal. Puis survient alors Take out Some Insurance de Jimmy Reed et son rythme si caractéristique. Plus puissant dans les riffs, le groupe essaye de le remettre à sa sauce et même si ça reste plutôt bateau, ça marche assez bien, le groupe maîtrisant son outil. Mais il y a un problème.

Le problème avec White Trash Blues, c’est qu’il ne fait que reprendre de grands classiques du blues, il essaye de se les réapproprier mais sans jamais prendre de risque. The Quireboys, peut-être échaudé par le manque de succès de ces dernières années, ne va pas sortir de sa zone de confort et propose à chaque fois la même recette, à savoir reprendre un titre de façon un peu plus rock n’roll, mais sans jamais pousser un peu plus loin. On peut prendre I’m Your Hoochie Coochie Man de Muddy Waters et il n’y aura rien de neuf par rapport à la première version. Alors oui, comme tout le monde connait, ça donne envie de bouger, de chanter et de danser, mais qu’est-ce que ça apporte de plus au titre original et au groupe ? Pas grand-chose si ce n’est de l’argent facile. Leaving Trunk de Taj Mahal est même un peu vidé de sa substance, le groupe voulant forcer un peu le trait de sa gratte pour mieux coller à son image, mais le titre original est tellement bon que rien ne peut le dépasser. Même Walking the Dog de Rufus Thomas demeure un poil décevant par rapport à la version originale qui a pourtant pris un sacré coup de vieux. Et c’est bien là tout le problème de cet album, qui essaye de trouver une identité, mais ne restera finalement qu’un album de reprises et rien de plus…

Au final, White Trash Blues, le dernier effort de The Quireboys, est un bon album, on ne peut pas le nier. Les musiciens sont des techniciens hors pair et le chanteur possède une voix qui lui est propre et qui s’assimile parfaitement au rock comme au blues. Le problème vient tout simplement de la démarche, qui semble purement mercantile afin de titiller les fans de blues qui seraient en manque. La prise de risque est minime et le groupe fait tout simplement le minimum syndical, ce qui est bien dommage…

  • Cross Eyed Cat
  • Boom Boom
  • I Wish you Would
  • Take Out Some Insurance
  • Going Down
  • Help Me
  • Shame Shame Shame
  • I’m Your Hoochie Coochie Man
  • Leaving Trunk
  • I’m a King Bee
  • Walking the Dog
  • Little Queenie

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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