octobre 26, 2020

Roma

De : Alfonso Cuaron

Avec Yalitza Aparicio, Marina De Tavira, Nancy Garcia, Veronica Garcia

Année : 2018

Pays : Mexique, Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Ce film fait la chronique d’une année tumultueuse dans la vie d’une famille de la classe moyenne à Mexico au début des années 1970.

Avis :

Depuis quelques années maintenant, les réalisateurs mexicains ont le vent en poupe aux Etats-Unis. Quand on pense aux cinéastes contemporains, on pense d’emblée à trois grands noms, Alejandro González Iñárritu, Guillermo del Toro et Alfonso Cuarón. Ces trois-là ont réussi à s’imposer sur le sol de l’oncle Sam, et il est vrai qu’on attend toujours l’un de leur film avec la plus grande des impatiences.

Après nous avoir mis K.O. coup sur coup avec premièrement son chef-d’œuvre « Les fils de l’homme » en 2006 et « Gravity » en 2013, Alfonso Cuarón était de retour en 2018 là où l’on ne l’attendait pas. Oui, après le succès que fut son « Gravity« , on n’imaginait pas revoir le metteur en scène sur une plateforme et pourtant, c’est bien ici qu’Alfonso Cuarón a décidé de livrer son dernier film, « Roma« . Très belle prise donc pour Netflix, d’autant que « Roma » est un joli morceau de cinéma. Un morceau certes inégal, un morceau qui a une tendance à traîner en longueur, mais il n’en demeure pas moins qu’Alfonso Cuarón nous livre ici son film le plus intime et visuellement parlant, sûrement l’un des plus magnifiques de sa filmographie.

Mexique, dans les années 70, dans le quartier de Roma, Cléo est une domestique amérindienne qui s’occupe d’une famille de la classe moyenne. Cléo s’occupe beaucoup de quatre enfants de ce couple qui sont quelque peu abandonnés par leur père. Pour Cléo, la vie était tranquille, jusqu’à ce qu’un évènement important vienne bousculer le sens de son existence.

« Roma« , comme je le disais, est sûrement le film le plus personnel d’Alfonso Cuarón dans le sens où le metteur en scène s’inspire énormément de son enfance ici et avec ce film, il rend hommage à la femme, ou plutôt à cette catégorie de femmes, qui ont éduqué plus d’un enfant. Ces femmes, ce sont les bonnes de service, et Alfonso Cuarón leur offre un film qui les sublime.

La première chose qui frappe très fort avec « Roma« , c’est sa qualité visuelle. Le film de Cuarón est une petite leçon de cinéma à lui tout seul. Magnifique, bercé dans un noir et blanc parfait, « Roma » nous envoûte, et chaque scène se trouve plus belle que la précédente. Totalement investi dans son film, on notera qu’en plus de l’écrire et de la réaliser, Alfonso Cuarón en signe aussi la photographie et le montage. Mais bon, si visuellement parlant le film est une claque, cela ne veut pas dire non plus qu’il est parfait et malgré de très belles images, des scènes magiques, émouvantes et prenantes, « Roma » a tendance à traîner en longueur. Si l’hommage est beau, si l’intrigue sur l’ensemble est intéressante, Alfonso Cuarón donne la sensation parfois d’étirer ses scènes pour pas grand-chose. Alors oui, il y a des travelings qui sont superbement imaginés, il y a des plans séquences qui méritent à eux seuls d’être étudiés, mais sur l’ensemble, « Roma » est un film qui manque de rythme, et au-delà de ça, c’est un film auquel il manque du piquant pour vraiment nous passionner de bout en bout.

Oui, je dis qu’il lui manque quelque chose, car si l’on fait un tour du côté de son intrigue, « Roma » est un film qui est intéressant sur plus d’un point. C’est un film qui décrit au mieux, et de manière très épurée, la vie d’une famille et surtout la vie de sa domestique, partagée entre cette famille, leurs enfants et sa propre vie. Le scénario que nous a concocté-là, Alfonso Cuarón est très beau, et il respire tout l’amour, voire même une certaine forme de nostalgie que peut avoir le réalisateur face aux souvenirs de cette époque, aux souvenirs de son enfance, de l’insouciance, l’innocence et cette époque. Puis bien avant ça, « Roma« , c’est surtout un portrait brossé avec énormément d’affection et de respect pour cette femme, sa vie, son quotidien et ses combats. Sans en faire trop, et sans tomber dans le pathos, Alfonso Cuarón fait de cette femme une héroïne du quotidien. Une héroïne touchante et belle, et une héroïne magnifiée par la caméra et le noir et blanc de son réalisateur.

Après, comme je le disais, le metteur en scène peint aussi un quotidien et comme tout quotidien, il y a des moments qui vont être plus intéressants que d’autres, d’où aussi cette sensation de longueur.

Enfin, « Roma« , c’est une actrice puissante et sublime. Yalitza Aparicio, qui trouve là son tout premier rôle, est tout simplement resplendissante de bout en bout de métrage. Alfonso Cuarón nous a trouvé là une perle rare qui crève l’écran dès qu’elle y apparait et même si le film tire sur la longueur, même si tout n’est pas forcément passionnant, Yalitza Aparicio tient le film sur ses épaules et elle le rend magnifique à chaque instant.

Pour son huitième film, Alfonso Cuarón nous offre donc un joli moment de cinéma. Un moment sublime même sur beaucoup de ses aspects. On est touché par le regard que porte le cinéaste sur cette époque, sur des souvenirs et sur le portrait qu’il fait de cette femme. Un portrait plein de tendresse, de courage et de respect. Bref, si le film est un peu longuet, il n’en demeure pas moins beau et intéressant et je ne regrette à aucun moment de m’y être arrêté.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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