janvier 16, 2022

La Casa de Papel Partie 4

D’Après une Idée de : Alex Pina

Avec Alvaro Morte, Ursula Corbero, Itziar Ituno, Pedro Alonso

Pays : Espagne

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Thriller

Résumé :

Le Professeur pense que Lisbonne a été exécutée, Rio et Tokyo ont fait sauter un char d’assaut et Nairobi est entre la vie et la mort. La bande traverse l’une de ses périodes les plus difficiles, et la découverte d’un ennemi au sein de ses rangs mettra le casse en péril.

Avis :

En 2017, Netflix récupérait les droits d’une série espagnole dont personne n’aurait misé un kopek dessus. Et pourtant, très rapidement, La Casa de Papel est devenu un phénomène planétaire et l’un des plus gros succès sur Netflix. Basé au départ sur deux parties et le braquage improbable d’une fabrique de billets, la série va tellement éclater les records sur Netflix, que la plateforme va commander deux autres parties et une nouveau casse pour faire fructifier tout ça. Trouvant une production à Vancouver, la série va essayer de se renouveler en plaçant de nouveaux personnages, et une nouvelle raison pour faire un braquage plus audacieux, cette fois-ci, la banque d’Espagne. Bigger and louder, cette troisième partie va pourtant décevoir à cause d’un scénario improbable et de personnages qui n’auront plus aucune nuance. C’est bien simple, si le casse demande un scénario alambiqué, les scénaristes délaissent de côté les personnages pour les rendre fades au possible et dans des relations qui flirtent parfois avec la romance dégoulinante. Quid de cette partie quatre ? Redresse-t-elle la barre ? Non.

La partie quatre commence exactement là où on s’était arrêté avec la précédente partie. Nairobi s’est fait tirer dessus, elle est entre la vie et la mort et l’équipe du professeur est en difficulté. Lisbonne vient d’être arrêtée et subit un interrogatoire musclée par Alicia et Palerme pète littéralement les plombs et veut s’allier avec Gandia, le chef de la sécurité de la banque, qui ne va pas tarder à s’enfuir et devenir un agent du chaos au sein de la prise d’otages. D’un point de vue scénaristique, La Casa de Papel continue son petit bonhomme de chemin vers l’improbable et les situations inextricables où l’intelligence et la prévoyance du professeur vont briller. Et c’est bien là tout le problème de cette partie (et même de la précédente), à savoir qu’au bout d’un moment, ce n’est plus de l’intelligence, ce n’est plus un plan carré de A à Z, mais bel et bien un amalgame de pseudo idées qui font miraculeusement fonctionner grâce à des Deux ex Machina qui sortent d’un chapeau magique. Il n’y a plus de cohérence dans le déroulement de cette prise d’otages et de la fonte de l’or, puisque tout un chacun va vaquer à ses occupations et que les différents scénaristes semblent incapables de considérer la série comme un tout, mais plus comme un éclat partiel de quelques bribes d’histoires.

Et outre des situations extrêmes qui flirtent constamment avec le n’importe quoi, il y a encore de gros problèmes dans les relations entre les personnages, et même les personnages en eux-mêmes. Cette partie, comme la précédente, n’arrive pas à donner du poids aux relations entre les protagonistes. L’exemple le plus flagrant concerne Denver et Stockholm qui décide de se séparer en plein casse, parce que Denver est d’une jalousie maladive, au point d’en devenir violent. On savait le personnage débile, il accumule les tares dans cette partie, devenant tout simplement insupportable. Il ira même à faire des revirements de comportement qui sont tout simplement impossibles. Il devient jaloux de Rio car il discute avec Stockholm les pieds nus (oui, oui, il est jaloux pour ça), mais deux minutes après lui avoir presque cassé la gueule, il le prend dans ses bras et lui dit qu’il le considère comme un frère. Il en va de même entre Helsinki et Palerme, où la romance homosexuelle va connaître des hauts et des bas et c’est en pleine fusillade que les deux nounours vont se rapprocher. Faut croire que les balles qui sifflent au-dessus de nos têtes rapprochent les cœurs. Le problème, c’est que l’on est en plein casse et guérilla avec la police, voire l’armée, et derrière, ça fait des histoires pour des broutilles de cœur, alors que ce n’est ni l’endroit, ni le moment. Alors oui, ça donne peut-être une dimension tragique à l’ensemble, mais pour une série qui se voulait plus ou moins crédible au départ, ça part en cacahuète sévère.

Et encore, ce n’est rien comparé aux personnages. C’est bien simple, on va vite se rendre compte que pour que le spectateur ressente de l’empathie envers les braqueurs, il faut rendre tous les autres personnages antipathiques et sans aucune nuance. Pour ce faire, on aura droit à des débats très manichéens et des antagonistes vraiment très méchants. Premier à venir en tête de liste, Gandia, le chef de la sécurité qui arrive à s’échapper et qui va faire vriller toute l’équipe. L’homme en question est une véritable crapule, une saloperie sans nom qui n’a aucun scrupule. Il a beau être père et mari, il a beau faire partie du clan des « gentils », il torture, blesse et prend même un malin plaisir à faire cela. Bref, il est mauvais. Et il sera accompagné, dans cette galerie des connards, par Arturo, détestable depuis le départ, et qui va être approfondi dans cette partie, montrant qu’en plus d’être un froussard qui ramène toujours le drap à lui, il est aussi un violeur qui utilise des cachets pour assoupir ses victimes. Là encore, aucune nuance n’est apportée à son personnage, restant une saloperie de premier ordre. Parmi les antagonistes, Alicia fait aussi figure de proue, femme enceinte qui s’amuse à torture tout le monde pour son plaisir, elle est insupportable du début à la toute fin et même si on nous sort les violons pour lui donner un background touchant, cela ne marche absolument pas. Et bien évidemment, tous les policiers sont des ordures, la série se voulant un peu révolutionnaire sur les bords, dénonçant les actes ignobles du gouvernement et de sa police.

Cette absence de nuance, elle se retrouve aussi dans les personnages principaux. A grands renforts de flashbacks, les showrunners vont tenter d’épaissir des protagonistes pour lesquels on ne ressent rien. Denver devient toujours aussi débile et sa relation avec Stockholm est inintéressante au possible. On nous sert un personnage qui est d’une jalousie maladive et qui va faire passer ses sentiments avant la vie des autres. Rio est le fragile de la bande qui va avoir des syndromes post-traumatiques et qui va, d’un coup d’un seul, retrouver son sang-froid dans les deux derniers épisodes. Le professeur nous ressort sa science qui flirte avec de la chance (va gratter un ticket de jeu, avec ta veine, tu ressortiras gagnant) et il va tout faire pour faire sortir Lisbonne, laissant presque les autres se démerder dans la banque. Tokyo est toujours aussi insupportable et n’apporte rien à l’intrigue. Tout comme Marseille et Bogota, deux personnages rajoutés mais qui ne servent strictement à rien au sein de l’histoire, si ce n’est une romance à deux balles et un peu d’humour malvenu. Reste Nairobi, où il faut encore rajouter du background pour nous la rendre touchante, tout comme Helsinki qui va avoir une romance avec un Palerme détestable du début à la fin. Et pour contenter les minorités, la série fait entrer un personnage trans qui ne servira à rien.

Au final, cette quatrième partie de La Casa de Papel est une amère déception comme a pu l’être la précédente. Si c’est bien filmé et relativement bien rythmé, la série peine à se renouveler et ne trouve pas la cohérence nécessaire à ce genre de récit. Hautement improbable, essayant de toujours faire plus gros et plus bruyant, la série se fourvoie dangereusement dans un spectacle finalement vide de sens, où l’on veut nous faire croire que l’opinion public se rebellera constamment contre un système pourri. Louable au départ, on sent que seul le bénéfice importe dans ce genre de show qui risque fort de continuer jusqu’à la lie, tant que les serveurs de Netflix plantera lors de la sortie d’une nouvelle partie.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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