The Last Survivors

Titre Original : The Well

De : Thomas S. Hammock

Avec Haley Lu Richardson, Booboo Stewart, Max Charles, Nicole Fox

Année: 2014

Pays: Etats-Unis

Genre: Post-Apocalyptique

Résumé:

Dans un monde post-apocalyptique désertique, une adolescente se bat pour que le dernier point d’eau ne tombe aux mains du « baron ».

Avis:

Le post-apocalyptique, ou la dystopie, suivant votre terme préféré, est un genre qui a fait des émules depuis l’avènement de Mad Max de George Miller. Et le genre est relativement balisé avec des déserts, des villes en ruines et des méchants qui sont toujours présents pour rabaisser l’autre, si ce n’est le bouffer tout cru. Le problème avec ce genre, c’est qu’il tourne vite en rond et que pour se démarquer de la masse, il faut avoir un script en béton et un fond intéressant rendant la situation plausible, ou tout du moins intéressante. Dans la saga Mad Max, c’est la recherche de ressources qui importe, mais aussi la survie dans un milieu inhospitalier où l’humanité ne tient plus qu’à un fil. D’autres films ont eu une approche plus ésotérique, comme dans Le Livre d’Eli. D’autres encore ont préféré placer des créatures pour bien montrer que l’humain est peut-être pire que les monstres qu’il combat et on trouve cela dans Stakeland et dans quelques films de zombies. Bref, pour se démarquer, il faut des personnages solides et une raison d’avancer dans ce monde ravagé. Est-ce que The Last Survivors a au moins ces deux atouts dans la manche? Non.

Le film raconte l’histoire d’une adolescente qui vit autour d’un puits d’eau qui est en train de se tarir. Son copain, très intelligent, souffre des reins et doit boire régulièrement. Le problème, c’est qu’un révérend et un homme d’affaires siphonne les puits, tuent les personnes plus ou moins âgées et embrigadent les jeunes dans une société pour faire le ménage et contrôler la région. Mais l’adolescente ne le vit pas comme ça et veut être autonome. Pour cela, elle cherche désespérément un composant dans les carcasses de voiture afin de faire démarrer un avion et partir pour le Nord. Avec un tel pitch, The Last Survivors peut promettre des moments sous tension et une confrontation inéluctable entre l’adulte méchant, un poil gourou sur les bords, et la jeune adolescente rebelle mais avec un grand cœur. Sauf que dans les faits, il ne se passe pas grand-chose dans le film, et on va vite s’emmerder sévère. Durant une bonne partie, on va voir les pérégrinations de cette fille, qui erre dans le désert à la recherche d’on ne sait pas trop quoi et qui va de ferme en ferme pour rencontrer des amis, dont un jeune enfant qui préfère vivre tout seul. Le problème, c’est que ces balades sont interminables, souvent sans un bruit et que cette jeune fille traverse des hectares sans jamais ressentir la soif ou rencontrer l’un des méchants qui gravite dans la région. Niveau crédibilité, le film en prend un coup.

Mais ce n’est pas le seul défaut très visible de ce petit film qui a du coûté très peu d‘argent. Outre le fait que l’on s’ennuie sévèrement parce qu’il ne se passe pas grand-chose, le métrage manque de personnages marquants et intéressants. Haley Lu Richardson campe un personnage lambda, un peu attachant parce qu’elle est assez naïve au sein d’un monde de brutes, mais elle manque d’ampleur, de background et d’épaisseur. Son personnage crapahute, se fait avoir, pour finalement devenir une sorte de tueur, ce qui fait beaucoup en peu de temps et encore une fois, tout cela manque de crédibilité. Et elle n’est pas aidée par les seconds rôles, dont son amoureux maladif, qui ne sert clairement à rien, si ce n’est à tenter d’apporter de l’émotion, ce qui ne marchera jamais vraiment puisque la relation est basique et n’est jamais vraiment exploitée. Quant aux méchants, on repassera, car ils sont pathétiques et on les voit à peine. On aura droit à un vieux monsieur qui déclame des conneries sur l’avenir, la religion et tout le toutim, pour finalement ne servir à rien et se reposer sur des sbires tout aussi pénibles. On pense bien évidemment au révérend qui ne sert à rien ou encore à sa fille, une jolie rousse qui aime se battre mais qui doit détenir deux phrases et n’est pas vraiment intéressante. Si on rassemble le fait que l’histoire manque d’enjeux et que les personnages sont inintéressants, difficile alors de se faire plaisir devant ce film.

Et pourtant, tout n’est pas à jeter. La mise en scène du film est relativement propre et l’ambiance dégagée est assez prégnante. On ressent un peu la soif, on ressent la chaleur et on ressent ce sentiment d’urgence de vite se barrer puisque le méchant a ratissé quasiment toutes les fermes et qu’il se rapproche dangereusement. Ce n’est d’ailleurs pas très étonnant, puisque le réalisateur a fait ses armes en tant que chef décorateur sur des films comme You’re Next ou encore The Guest. Un bon point donc pour les décors et l’ambiance véhiculée par le film. Les acteurs, malgré des personnages creux, sont assez bons et même si l’on ne ressent aucune empathie, ça reste convenable. Alors oui, on regrettera quelques faux raccords difficilement pardonnables, comme les taches de sang qui changent de place d’un plan à un autre sur le visage de l’héroïne ou encore lorsqu’elle se baigne dans un trou de pétrole, elle ressort avec les yeux et la bouche propres. Plein de petits éléments font alors état d’un film de seconde zone, qui manque de budget, d’investissement, et d’une volonté de bien faire, sans pour autant sombrer dans le nanar insupportable. The Last Survivors demeure un film bourré de défauts, mais qui évite avec brio la case nanar, restant sérieux tout du long et ne cédant pas aux sirènes des effets numériques, totalement absents du film.

Au final, The Last Survivors est un tout petit film post-apocalyptique qui manque de beaucoup de choses pour pleinement convaincre. Les situations sont souvent répétitives et pénibles, les personnages sont inexistants et on ne ressent aucune empathie pour eux et le scénario manque d’un enjeu important. Cependant, le film se sauve un tout petit peu grâce à une mise en scène propre et une ambiance qui s’avère être bien travaillée, nous faisant ressentir la soif et la chaleur écrasante d’un monde désertique où l’eau est une denrée rare. Dommage que le film fasse si cheap et tente une approche un peu trop arty, alors qu’il y avait beaucoup mieux à faire…

Note: 06/20

Par AqME

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