janvier 24, 2022

Body Cam

De : Malik Vitthal

Avec Mary J. Blige, Nat Wolff, Anika Noni Rose, David Zayas

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Des agents de la police de Los Angeles sont hantés par un esprit maléfique à la suite du meurtre d’un adolescent noir par deux officiers blancs, et dont les images, pourtant filmées par des caméras de surveillance, ont été effacées.

Avis :

Des films sur des fantômes, on a une pléthore, et cela depuis les débuts du cinéma. Aujourd’hui, on sent que les scénaristes et réalisateurs ont bien du mal à faire évoluer cela, comme si on avait fait le tour de la question. Des fantômes messagers à la hantise pure et dure, on reste souvent dans des schémas structurels balisés et seule la mise en scène peut se révéler intéressante dans sa façon de présenter le fantôme. Avec Body Cam, Malik Vitthal va tenter de raconter une histoire novatrice sur la hantise, avec une sombre histoire de fantômes et de policiers qui vont se faire dézinguer les uns après les autres. Alternant les prises de vue et essayant de donner un fond contemporain à son film, le jeune réalisateur signe un long-métrage intéressant, mais pas dénué de défauts.

Femmes éplorées

Le film débute avec la présentation sommaire d’un flic qui rentre dans un café où il n’est pas le bienvenu. En effet, une bavure policière a coûté la vie d’un jeune homme noir et le café est tenu par un homme de couleur. Alors qu’il part en patrouille, le policier arrête un van suspect sans plaque d’immatriculation et se fait tuer par une force mystérieuse. Dès lors, la narration part douze heures plus tôt, pour nous présenter une femme flic noire qui pleure la disparition de jeune fils, qui s’est noyé dans la piscine du voisin. Elle reprend du service pour passer à autre et se retrouve avec un bleu. Ensemble, ils sillonnent les rues de Swanton, et retrouve la voiture de leur collègue, ainsi que son cadavre, perché à plusieurs mètres de hauteur. La policière décide alors de mener l’enquête et retrouve la trace d’une infirmière qui a disparu.

Le pitch de Body Cam est assez simple. Ici, une femme policière victime d’un traumatisme personnel, va découvrir une force mystérieuse via des vidéos qui s’effacent par la suite. Personne ne la croit et elle va devoir embarquer son partenaire dans une enquête illégale, où les lieux creepy se succèdent. En avançant dans l’intrigue, elle va se rendre compte que tout cela tourne autour d’une autre jeune femme, anciennement infirmière, qui vit cachée. Le scénario déroule alors quelques séquences gores avant de réunir toutes les pièces du puzzle pour le spectateur. Car au départ, il est difficile de s’accrocher au film. Si la mise en scène est propre et que l’atmosphère est lugubre et humide, on reste sur quelque chose de très classique qui accumule les clichés du genre. Apparitions, caméras défaillantes, maisons abandonnées, on aura tous les atours d’un film d’horreur lambda.

ACAB

Cependant, au fil de l’intrigue, Body Cam se délite un peu et commence à dévoiler son mystère. Malgré quelques passages gratuits et qui sont le fruit du hasard, on découvre les contours d’un problème plus grand et qui est dans l’air du temps. Car oui, si le film parle de deux femmes qui ont perdu des enfants, la résolution finale prend place dans le racisme et les violences policières. Il faudra du temps pour en arriver là. Il faudra s’armer de patience et se taper des moments pas forcément opportuns. Mais une fois le pot aux roses débusqué, on prendra un malin plaisir à voir un jeu de massacre se mettre en place sous nos yeux. Sans trop en dévoiler, le film surfe sur la vague de crimes racistes par des policiers sur des gens de couleur noire.

Ici, une bavure est faite et toute une équipe s’entend pour couvrir le meurtre. On découvre cela via une caméra que portent les policiers quand ils sont en mission. Le film trouve alors une explication sur la présence fantomatique et les raisons de tous ces crimes. Le problème provient alors de l’écriture, qui ne cesse de jouer les funambules. Toutes les rencontres sont fortuites et dues à un heureux hasard. Difficile, dès lors, de donner du crédit à cette histoire et aux motivations du fantôme. Fantôme qui suit sa mère et qui ne peut savoir où se trouve l’équipe qui a tué son fils. En ce sens, Body Cam pêche par excès de confiance et trompe son monde sur son script. C’est dommage, car il y a franchement de l’idée et le fond demeure intéressant, mélangeant le destin brisé de deux femmes meurtries à une sombre affaire de bavure raciste.

Dans tes dents

D’un point de vue technique, le film se défend. La mise en scène est propre, même si elle accumule les clichés du genre. Certaines phases sont plutôt réussies, comme celle dans une supérette, alors que d’autres frôlent le nanar de luxe, avec l’apparition dans un couloir. Malik Vitthal n’est pas un manche et affiche une belle atmosphère assez glauque et glaciale. La pluie est omniprésente, tout comme l’obscurité et une population hostile qui se méfie de la police. Il est dommage que l’alternance entre les plans normaux et ceux via la caméra portative ne soit pas plus utilisée, car cela permet différents points de vue, en plus d’augmenter cette ambiance angoissante. De plus, les aspects gores sont sympathiques, le film se voulant assez brutal dans les exécutions du fantôme. Il y a un juste équilibre entre ce qui est montré et ce qui est hors-champ.

Au final, Body Cam est un film d’horreur assez intéressant, aussi bien dans sa démarche que dans son fond. S’il manque de fluidité dans son écriture et dans sa mise en scène, Malik Vitthal essaye tout de même d’insuffler du fond et de raconter quelque chose de profondément contemporain dans son film. Alors certes, il ne bouscule pas les codes du cinéma d’horreur, et certains passages sont relativement cheaps, mais l’intention est louable et les acteurs sont plutôt bons. Un long-métrage moyen en somme, qui a le mérite d’exister.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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