Immortal – Northern Chaos Gods

Avis :

Le Black Métal est un sous-genre très extrême du Heavy qui est apparu pour la première fois durant les années 80. Porté par des groupes comme Celtic Frost ou Venom, le genre se démocratise surtout dans les années 90 avec une seconde vague venue de Norvège dont Immortal fait partie. Si on parle d’Immortal, c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’un pilier dans le domaine du Black et que le parcours du groupe est assez intéressant. Fondé autour de Abbath et Demonaz Doom Occulta, le groupe va subir plusieurs mutations au niveau du line-up et voir sa musique évoluer en fonction des départs et des arrivées. Car oui, Demonaz devra quitter le groupe suite à une tendinite l’empêchant de jouer de la gratte, puis c’est au tour d’Abbath de tirer sa révérence pour faire une carrière solo. Cependant, le groupe se reforme pour une série de concerts avant de se dissoudre totalement juste avant les années 2010. Mais que nenni, Demonaz semble être guéri et il a bien envie de jouer de la gratte et de beugler dans un micro. De ce fait, avec le batteur, il continue l’aventure Immortal et livre même une neuvième galette neuf ans après la précédente. Northern Chaos Gods signe donc un retour attendu pour un groupe qui a une aura particulière dans le domaine du Black.

Oubliant ses élans un peu Thrash lorsqu’Abbath tenait les rênes, Immortal renoue avec du Black pur et dur et livre un effort qui peut décontenancer le néophyte, tant la violence du début de l’album souffle méchamment dans les tympans. Commençant avec le titre éponyme de l’album, Immortal lâche la bride dès le départ et laisse pantois quant à la vitesse d’exécution qui ne laisse aucun temps mort. La voix criarde de Demonaz finit de nous achever dans ce maelström de violence. Le problème, c’est qu’on a vraiment l’impression que le groupe a laissé la mélodie de côté pour être percutant dès l’entame de l’album. De ce fait, si l’énergie est présente, elle semble mal contrôlée et finit même par harasser celui qui écoute. Avec Into Battle Ride, on est dans le même moule. Dès le départ, ça tabasse très fort et très vite, à un tel point que l’on a du mal à trouver des points d’ancrage pour bien écouter. La différence par rapport au titre précédent, c’est que le refrain est facilement identifiable et qu’il permet de voir une structure cohérente au sein du morceau. Avec Gates to Blashyrkh, le groupe trouve cependant un excellent équilibre entre une violence percutante et des moments plus aériens, plus doux, afin de poser une ambiance plus prégnante. De facto, le morceau devient plus agréable, gardant ses élans Black tout en peaufinant une atmosphère sombre et désespérée. Grim and Dark sera du même acabit et prouve finalement qu’Immortal est toujours en forme et ne renie aucunement ses racines tout en prenant des risques.

Néanmoins, la seconde moitié de l’album démarre comme au début, c’est-à-dire avec un morceau ultra nerveux, peut-être même trop, qui ne laisse pas le temps de respirer et ne se pose jamais. Called to Ice est un titre purement Black, qui défouraille sévère, mais qui manque de moments plus posés pour instaurer une ambiance et une bonne mélodie, même si on ressent cette dernière, plus que dans les deux premiers titres. On retrouvera un peu de cette violence avec Blacker of Worlds, qui sera un titre plutôt anecdotique entre deux gros titres qui valent, dont Where Mountains Rise, qui bénéficie d’une excellente introduction et d’une composition tout simplement parfaite. Plus doux que les autres titres, plus accessible, Immortal s’adoucit pour livrer un morceau à la fois puissant et mélancolique, qui gagne des galons à chaque écoute. Et finalement, tout en gardant cette voix caractéristique de Black et une rythmique un peu plus en dedans, le groupe trouve un bon équilibre, qui peut faire bondir les amateurs de Black, mais qui s’ouvre aussi à d’autres perspectives et c’est bien. Avec Mighty Ravendark, sorte de corbeau géant qui dirige le monde de Blashyrkh inventé par le groupe, Immortal continue son exploration d’un Black plus accessible, peut-être plus commercial pour les puristes, mais qui reste très travaillé avec un univers très marqué. Le titre est long, puissant tout en gardant un refrain catchy et globalement, le morceau clôture de la plus belle des façons cet album.

Au final, Northern Chaos Gods, le dernier effort d’Immortal après neuf ans d’absence, est une galette fort sympathique que les fans du groupe doivent certainement adoré. Pour les profanes, c’est une autre paire de manches, car si certains titres valent le coup par leur violence amoindrie, d’autres frappent bien trop fort au détriment de la mélodie ou d’une quelconque attache au sein même du morceau. Il en résulte donc un bon album, mais il faut aimer le Black pour l’apprécier à sa juste valeur.

  • Northern Chaos Gods
  • Into Battle Ride
  • Gates to Blashyrkh
  • Grim and Dark
  • Called to Ice
  • Where Moutains Rise
  • Blacker of Worlds
  • Mighty Ravendark

Note : 14/20

Par AqME

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