Marianne Saison 1

D’Après une Idée de : Samuel Bodin

Avec Victoire Du Bois, Tiphaine Daviot, Lucie Boujenah, Ralph Amoussou

Pays : France

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Horreur

Résumé :

Emma, jeune romancière acerbe, découvre avec horreur que les personnages monstrueux qu’elle a créés dans sa série de romans horrifiques sont réellement en train de prendre vie dans la petite ville où elle a grandi…

Avis :

Dans le domaine de l’horreur, la France n’a pas très bonne réputation. Il faut dire que depuis quelques temps maintenant, les productions se comptent sur les doigts d’une main et que bien souvent, la qualité n’est pas là. Souvent moquée à juste titre, il y a cependant un énorme décalage entre l’attente du public et les entrées toutes relatives des films de genre français. En effet, quand on voit les cartons de certains films d’horreur américains, on voit qu’il y a un public pour ce genre de films, mais visiblement, dès que c’est français, c’est boudé. Une incompréhension significative, qui montre tout simplement qu’après plusieurs échecs, le public français n’a plus confiance en ses propres productions. De ce fait, Netflix semble être un terrain propice pour essayer diverses choses et notamment des séries horrifiques ou fantastiques pour attirer le chaland et voir si les français sont plus indulgents quand il ne faut pas payer une place de ciné. Marianne est le premier projet à voir le jour sur la plateforme de streaming, et on pouvait mettre tous nos espoirs dans ces huit épisodes, tant les trailers étaient alléchants. Mais on aurait dû se méfier.

Pour autant, la série partait sur de bonnes bases. Si l’histoire est loin d’être originale (une écrivaine voit ce qu’elle écrit prendre vie dans le patelin où elle habitait étant ado), l’amorce est plutôt plaisante. On va suivre une jeune femme cynique et désabusée qui va devoir se confronter à une connaissance de jeunesse qui semble avoir perdu les pédales à cause d’elle. Dès lors, lorsque l’héroïne arrive dans son petit village breton, on sent un véritable malaise s’installer. On aura quelques éléments de réponse au compte-goutte et on va vite comprendre pourquoi cette écrivaine a fui la demeure familiale. Mais c’est surtout l’ambiance qui va prévaloir sur le reste. Marianne est une série qui a de la gueule, du cachet et Samuel Bodin est loin d’être un manche derrière la caméra. Non seulement c’est beau, mais il y a surtout une atmosphère délétère qui se dégage de l’ensemble et c’est bien tenu jusqu’au bout. Le côté mer agressive, météo automnale, habitants taciturnes, tout cela joue un rôle primordial dans le déroulement des épisodes et dans l’angoisse que l’ensemble suscite. Car si la série ne fait pas peur, elle essaye tout de même de faire autre chose que du jumpscare.

Et c’est peut-être là le seul point positif de cette série française. En effet, si on aura toujours droit à nos petits sursauts à cause d’un effet sonore inutile à l’intrigue, Marianne essaye de construire une ambiance malsaine et d’aller au bout de ses idées. Les meurtres d’enfants ne sont jamais loin, les destins tragiques non plus et finalement, l’entité fantomatique de Marianne est une bonne idée, jouant avec les codes de The Thing lorsque l’on ne sait pas qui est possédé par la sorcière. On notera alors un assemblage plus ou moins hasardeux de moments qui installent une peur primaire et c’est clairement grâce à la réalisation que la série tient plus ou moins le choc. C’est assez difficile de dire cela, car il faudrait soutenir les projets tels que Marianne, car ils sont trop peu nombreux, mais c’est aussi une vérité, on sait faire des films d’horreur, on sait poser une ambiance et la travailler, mais on ne sait pas écrire des scénarios solides et on se vautre souvent dans la facilité. Ce qui sera le cas ici.

Le principal problème de cette série, c’est son scénario qui enfile les clichés sans jamais se poser les bonnes questions. Marianne n’interroge sur rien et ne fait qu’étaler des états de fait sur l’héroïne pour montrer à quel point c’est une connasse. Cependant, vu son écriture et son caractère, nous n’avions pas besoin que le trait soit souligné pour le comprendre. Emma Larsimon est une écrivaine à succès égoïste et cette aventure ne va jamais vraiment la changer. Brassant considérablement du vide à chaque épisode, Marianne n’arrive pas à tenir ses engagements après de belles promesses graphiques. Il ne se passe pas grand-chose, on tourne autour de quelques flashbacks pour tenter de donner de l’épaisseur, mais cela ne marche pas car les personnages sont insipides au possible, voire même insupportables. Et c’est là qu’intervient le défaut d’écriture, la paresse. Si le côté amis d’enfance est plaisant et peut donner lieu à des relations complexes, le scénariste n’en fera rien, prônant une vacuité dérangeante et offrant même des moments improbables, comme ce jeune homme qui a perdu son frère en mer mais qui s’en tape royalement. Les relations sont simplement factuelles et lorsqu’une personne meurt, quelques minutes après, on a l’impression qu’il ne s’est rien passé dans le regard des protagonistes. Tout le monde se fout de tout, tout ce qui importe c’est la présence du fantôme de la sorcière et la menace qui pèse sur l’héroïne.

Et ce qui est pénible avec les personnages l’est tout autant avec les personnages secondaires. Le prêtre qui lâche son chien sur les gens est incompréhensible. Il en va de même pour les parents d’Emma, à qui il arrive des trucs vraiment pas nets, mais tout le monde s’en branle. Bref, il y a un énorme défaut d’écriture sur les personnages, mais aussi sur leurs relations. L’autre gros problème de Marianne, c’est l’acting. Victoire Du Bois est insupportable en Emma Larsimon, en rajoutant constamment des caisses pour faire faussement cool, faisant toujours des blagues vaseuses ou en rapport au sexe. Bref, déjà que le personnage est antipathique, elle le rend détestable à un point que cela en devient gênant. C’est la même chose pour le reste du casting, qui est lisse, hormis Mireille Herbstmeyer, terrifiante en première sorcière et qui semble prendre un plaisir monstre à jouer les tarés de service. C’est dommage, on sentait qu’il y avait de la matière, mais rien n’y fait, on ne ressentira de l’empathie pour personne et c’est bien dommage.

Au final, Marianne est un coup d’épée dans l’eau. Si l’ambiance et la mise en scène sont plutôt réussies, le reste est proche de la catastrophe. Entre des personnages insipides et sans épaisseurs, des relations illogiques et des acteurs qui sont mal dirigés, on baigne dans une farce longue et souvent pénible, où les bonnes idées côtoient constamment le mauvais goût et la paresse. Et signe d’une certaine médiocrité, il m’aura fallu plus de trois mois pour voir huit épisodes, c’est dire l’envie que j’avais d’enchainer les épisodes. En espérant une hypothétique deuxième saison qui saura relever le niveau…

Note : 07/20

Par AqME

One Comment to "Marianne Saison 1"

  1. Rico dit :

    Ah oui, on a tenu une demi-heure du premier épisode à la maison. Impossible d’aller plus loin. On a essayé de consommer made in France, mais rien à faire, les acteurs sont trop mauvais. D’accord avec la critique.

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