septembre 22, 2020

Infected Rain – Endorphin

Avis :

La Moldavie n’est pas le pays qu’on connait le mieux, loin de là. Pays de 3.4 millions d’habitants situé entre la Roumanie et l’Ukraine, la Moldavie a fait parler d’elle entre autres car son équipe nationale de foot n’a perdu que 1 à 0 cette année face aux « champions du monde ». Pour la musique, on est plus dans la musique classique ou folklorique, le tube tout pourri d’eurodance du groupe O-Zone et des apparitions à l’Eurovision. Non, la Moldavie n’est pas le pays auquel on pense pour le métal. C’est pourtant au cœur de ce pays que niche Infected Rain, groupe de nu metal qui s’est forgé une petite réputation au fil d’albums autoproduits au point d’être signé chez Napalm, label sur lequel ils ont sorti ce quatrième opus intitulé Endorphin. Evacuons d’entrée de jeu le point le plus futile et superficiel : oui, c’est indéniable, la chanteuse Lena Scissorhands (Lena Cataraga de vrai nom) est un canon. Modèle photo aux yeux sublimes, au physique à damner un saint, bardé de tatouages superbes, de piercings et à la crinière multicolore, elle est spectaculaire. Ce point étant évacué, Lena Scissorhands possède de belles capacités vocales, autant dans le chant clair que le beuglement énervé, et capable de passer de l’un à l’autre en un claquement de doigts. On retrouve un côté Otep de l’époque d’avant le médiocre Kult .45. Musicalement, Infected Rain c’est du nu metal avec des incursions de musiques modernes, des touches d’electro. Endorphin c’est un album stéroïdé parfaitement taillé pour donner un surplus de motivation lorsqu’il s’agit de pousser de la fonte.

Tout commence avec The Earth Mantra qui tabasse lourd au niveau de la batterie. Rythme syncopé, grosse basse renforcée par une production fat, pas de doute on est sur des bases classiques du genre. Pas de temps mort et on enquille sur Black Gold. Tube en puissance d’une efficacité hallucinante, meilleur morceau de l’album, Black Gold montre toute l’étendue de la palette vocale entre couplets hurlés, refrains qui rentre dans la tête direct et donnent envie d’appuyer sur replay encore et encore et ce superbe break où la voix de Lena Scissorhands se fait plus douce et mélancolique, dégageant une énorme sensualité. Symphony of Trust surprend au début avec sa petite boucle électro, puis met l’accent sur un côté mélodique avec un gros riff de gratte et un chant majoritairement clair. Même ressenti pour Pendulum débutant sur un tempo imitant le cœur puis embrayant vers un rythmique syncopée gonflée par une boîte à rythme qui seconde la batterie et apporte quelques montées en pression amenant le refrain magnifique où Lena Scissorhands part dans un registre plus diva.

Le bien énervé Passerby continue sur cette tendance, avec une énorme production et un refrain qui part haut dans les vocalises et permet de calmer un peu le jeu. Lure est le morceau le plus court de l’album, dégageant un sentiment d’urgence mais aussi synthétisant à lui seul l’esprit d’Endorphin. Victims part dans le même style que Passerby, se montre plus énervé encore mais moins marquant. C’est là que réside l’écueil de l’album, à savoir sa trop grande homogénéité qui lui confère un aspect quelque peu redondant, mais qui heureusement ne nuit pas à l’efficacité de l’ensemble. Walking Dead commence par une rythmique électro aérienne avant d’embrayer sur ce qu’Infected Rain fait de mieux, avec en plus un break qui marque les esprits. Plus longue piste de l’album, Taphephonia est un morceau puissant et grandiloquent, avec un break aux touches drum & bass pour finir dans un feu d’artifice de rage. Storm permet de finir sur une note plus apaisée avec une ballade planante mettant en valeur la voix de chanteuse.

Pas révolutionnaire en soi mais d’une efficacité redoutable, Endorphin jouit d’une grosse production qui offre un écrin à un album hyper abouti d’une formation dont le gain de popularité est largement justifié. Si musicalement, on a des trucs entendus çà et là chez des groupes comme Lacuna Coil, Otep et d’autres, Infected Rain possède sa patte et offre un album généreux qui gagne des points au fil des écoutes et qui donne furieusement envie de voir le groupe en live (et pas que pour admirer la chanteuse).

  • The Earth Mantra
  • Black Gold
  • Symphony of Trust
  • Pendulum
  • Passerby
  • Lure
  • Victims
  • Walking Dead
  • Taphephonia
  • Storm

Note : 15,5/20

Par Nikkö

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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