septembre 28, 2020

Myles Kennedy – Year of the Tiger

Avis :

Il en aura fallu du temps à Myles Kennedy pour trouver le chemin de l’album solo. Il faut dire que le guitariste/chanteur a commencé sa carrière très tôt dans divers groupes, et notamment Cosmic Dust en 1991 puis Citizen Swing jusqu’en 1995. Il commencera à se faire vraiment connaître avec son groupe suivant, The Mayfield Four, avec lequel il fera trois album chez Sony Music jusqu’en 2001. Mais son vrai succès, il le doit à Alter Bridge qui prend forme au début des années 2000. Après cinq albums, le groupe continue encore aujourd’hui de produire des skeuds, mais Myles Kennedy est un homme qui ne se pose jamais et il va devenir le chanteur attitré de Slash, l’ancien guitariste des Guns n’Roses. Alors qu’il ne fait que deux chansons sur le premier album solo du guitariste, il va revenir avec lui sur scène, puis finalement l’aider complètement sur les trois derniers skeuds. Et c’est après près de trente ans de carrière que Myles Kennedy décide de se la jouer solo avec Year of the Tiger. Album mi-acoustique, le guitariste chanteur se fait plaisir avec cette galette et fournit un effort qui peut surprendre par quelques aspects, mais qui reste un pur produit comme il sait si bien les faire.

L’album débute avec le titre éponyme de l’album et on restera circonspect sur ce premier titre. Le mélange contrebasse/guitare du début ne marche pas forcément, la batterie arrive alors à redresser la barre et la voix du chanteur fait le reste, mais d’un point de vue rythmique, on reste dans un mid-tempo étrange et une ambiance qui peine à trouver son chemin. Alors oui, techniquement, c’est parfait, mais il manque un petit liant pour bien faire. Fort heureusement, le chanteur va retrouver sa grandeur avec The Great Beyond, qui pique quelques riffs électriques pour marquer une atmosphère de tempête et c’est ce que va être le titre. Puissant, maîtrisé, d’une grande beauté et d’une belle énergie, ce morceau est une vraie pièce maîtresse de l’album et montre toute la palette vocale du chanteur qui se lâche avant de laisser parler l’orchestration magistrale. Et des titres qui auront cette envergure, il n’y en aura pas beaucoup au sein de l’album, ce qui est plutôt dommage. On peut noter l’excellent titre Love Can Only Heal qui est un récit d’amour dantesque et d’une beauté incroyable, offrant par la même occasion une montée crescendo d’une tension palpable et pourtant doucereuse. Bref, il s’agit de l’un des tous meilleurs morceaux de l’album. On peut aussi citer, dans une moindre mesure, One Fine Day, qui sera une jolie synthèse de tout l’album, à la fois grandiloquent et avec un petit ressenti country qui n’est pas pour nous déplaire.

Car oui, Year of the Tiger est un album beaucoup plus intimiste que prévu, à l’image de sa jaquette, dans lequel Myles Kennedy se livre un peu plus et fait part de ses premiers amours. Cet aspect très ricain se ressent rapidement sur Blind Faith et son introduction typiquement country, mais qui laisse finalement beaucoup de place à la voix du chanteur. Devil on the Wall change de registre tout en gardant en tête ce petit amusement pour tromper le public, affichant tardivement son côté jovial et folk. Le titre donne rapidement envie de danser et on pourrait retrouver un tel titre sur une petite scène locale de country. Songbird sera dans la même veine, avec un aspect encore plus folk amené par les violons et la mélancolie lancinante qui se dégage de l’ensemble. C’est beau, c’est touchant, et c’est peut-être tout ce que l’on demande à un album acoustique comme celui-ci. La galette fait du bien, montre un autre visage du chanteur, loin des riffs lourdingues ou des ballades grandiloquentes et on retrouve Myles Kennedy à échelle humaine. Et ce ne sont pas des titres comme Turning Stones ou Mother qui nous ferons dire le contraire, tant les titres sont à la fois doux et fédérateurs. Alors oui, ce n’est pas toujours réussi, et on notera qu’à la fin de plusieurs écoutes, certains titres nous échappent ou ne se mémorisent pas aussi facilement que prévu, mais qu’importe puisque le plaisir est bien présent.

Au final, Year of the Tiger, le premier album solo de Myles Kennedy, est une belle petite réussite qui change complètement de ce que l’on a l’habitude d’entendre venant du chanteur. Si on retrouve sa voix si particulière et puissante, son choix de semi-acoustique est payant, offrant des mélodies country plaisantes et singulières, ou encore des titres grandiloquents mais vraiment touchants et plus humains qu’à l’accoutumée. Le monstre vocal que c’est se calme un petit peu et ouvre un peu plus cœur, et il serait dommage de ne pas se perdre à l’intérieur.

  • Year of the Tiger
  • The Great Beyond
  • Blind Faith
  • Devil on the Wall
  • Ghost of Shangri La
  • Turning Stones
  • Haunted by Design
  • Mother
  • Nothing but a Name
  • Love Can Only Heal
  • Songbird
  • One Fine Day

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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