Fates Warning – Theories of Flight

Avis :

Le métal progressif est un genre très exigeant, aussi bien pour celui qui en joue que pour celui qui l’écoute. Très technique, le genre n’est pas forcément mis en avant, mais surtout, il faut accepter de rentrer dans un univers dense, parfois sur des plages longues, et de trouver des moments d’errance qui peuvent rebuter. Pour autant, certains groupes n’ont jamais déçu dans ce genre et Fates Warning, malgré son nom quasi inconnu pour une grande majorité, fait partie de ces formations qui sont considérées comme les piliers du genre. En effet, le groupe se forme dans les années 80, quasiment en même temps que deux autres formations du même genre, Queensryche et Dream Theater, et rentre rapidement dans le nouveau genre, puisqu’il faut ranger chaque groupe dans des cases. Néanmoins, le succès viendra surtout sur le troisième album, Awaken the Guardian, qui rentrera dans le Billboard 200, et par la suite, l’aventure ne fera qu’avancer et cela malgré les différents changements de line-up. Des changements importants et dont le seul et unique membre fondateur est le guitariste Jim Matheos. Alors pourquoi parler de Fates Warning, d’autant plus que le dernier album, Theories of Flight, est sorti durant l’été 2016 ? Tout simplement parce que cet album en particulier a fait partie de la plupart des tops de cette année-là, mais surtout, cela permet de mettre en avant un groupe qui mérite beaucoup de considération. Et il est vrai que ce skeud est vraiment très bon.

L’album débute avec From the Rooftops et il commence de façon très calme. Entre une guitare légère et aérienne, une petite batterie qui scande bien le rythme, une voix douce et posée, on pourrait croire que l’on nage en plein rock progressif. Mais rapidement, le ton va changer et Fates Warning va passer la seconde, se faisant plus agressif sur les riffs et accentuer son rythme. Le titre étant assez long, le groupe prend le temps de poser son ambiance et donc de se faire plus percutant par la suite. Une suite qui ne tergiversera pas longtemps, lâchant directement les riffs bien puissants avec une mélodie efficace qui fait mouche de suite. Encore une fois, et ce sera une redondance, le morceau est long, plus de cinq minutes, et pourtant, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Malgré la longueur de la musique, le refrain demeure catchy et rentre rapidement en tête, ce qui en fait un excellent. D’autant plus qu’il a un petit côté mélancolique qui est vraiment agréable. Avec SOS, le groupe part sur quelque chose de plus simple, de plus direct, mais qui fonctionne aussi très bien, arrivant à se renouveler malgré un début qui peut faire écho avec le premier titre. En fait, le groupe va faire une sorte de synthèse des deux premiers titres avec ce morceau et cela marche bien. Pour clôturer sa première moitié, Fates Warning lâche The Light and Shade of Things, un titre qui dépasse les dix minutes. On pourrait croire à un titre expérimental qui dure trois plombes, mais ce ne sera absolument pas le cas, le groupe offrant quelques chose d’accessible, de varié et de tout simplement impressionnant d’un point de vue technique.

La seconde moitié du skeud démarre avec White Flag, un excellent titre bien dark et qui change du reste car il fait plus Hard/Heavy que Prog. Le refrain rentre immédiatement en tête (comment ne pas chanter No Surrender, No Give Up en même temps que le chanteur) et le rythme ne redescend jamais dans cette plage directe et qui redonne un coup de fouet à l’album. Avec Like Stars our Eyes Have Seen, le groupe se fait aussi plus agressif, plus rapide, et la voix du chanteur s’accorde parfaitement avec la rythmique imposée. Le refrain est beaucoup plus calme et permet au titre de ne pas rester sur une ligne monotone. C’est d’ailleurs ce qui fait globalement le charme du groupe, essayant constamment de surprendre l’auditeur et de lui proposer de véritables envolées musicales. C’est ce qui se passe avec The Ghosts of Home, le morceau le plus long de l’album, dépassant allègrement les dix minutes et qui va peaufiner son ambiance, débutant avec une introduction un peu malsaine, avant de vraiment commencer de façon presque folk. Le groupe va prendre son temps avec ce titre pour offrir quelque chose de complet, qui est joli au départ avant de vite libérer les riffs agressifs pour varier les plaisirs d’écoute. Un morceau complet et synthétique de ce que propose finalement le groupe. Enfin, on restera un peu sur notre faim avec la conclusion et Theories of Flight qui reste un titre sans grand intérêt, si ce n’est de rallonger la durée du disque, qui n’en avait pas besoin.

Au final, Theories of Flight, le dernier album en date de Fates Warning, est une belle réussite et mérite pleinement sa place dans tous les tops rock/métal de l’année 2016.  A la fois accessible et très riche, technique mais mélodique, long mais jamais ennuyeux, les américains ont livré une belle galette et on espère ne pas devoir attendre plus de neuf ans avant d’avoir droit à un nouvel effort.

  • From the Rooftops
  • Seven Stars
  • SOS
  • The Light and Shade of Things
  • White Flag
  • Like Stars our Eyes Have Seen
  • The Ghosts of Home
  • Theories of Flight

Note: 17/20

Par AqME

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