mars 3, 2024

Havok – V

Avis :

Quand on évoque le Thrash Métal, on pense de suite au Big Four, ces quatre grands groupes qui ont fait les beaux jours du genre (Metallica, Megadeth, Anthrax et Slayer pour les incultes). Cependant, ils sont loin d’être les seuls a officié dans le sous-genre, et on trouve, encore aujourd’hui, des groupes qui balancent la sauce, et ils le font avec un talent certain. Pour preuve, les américains de chez Havok ne donnent pas leur langue au chat. Formé en 2004 à Denver, le groupe va rapidement jouir d’une excellente réputation technique. Malgré un line-up assez fragile, la formation va pourtant réussir à sortir un skeud tous les deux ans à partir de 2009, avant de prendre un peu de recul entre 2013 et 2017. V est, comme son nom l’indique, le cinquième effort studio du groupe, et on ne comprend pas trop l’accueil mitigé qu’il a reçu.

Un accueil qui, visiblement, a surtout déçu les fans du groupe, ou tout du moins ceux qui écoutent Havok depuis leur début. Les principaux reproches concernent le manque d’originalité de l’album, ainsi qu’un groupe qui s’enferme dans sa propre caricature, jouant les mêmes morceaux jusqu’à la lie, et ne trouvant pas d’axes intéressants dans les paroles. Un constat qui va être difficile à faire entre ces lignes, puisqu’il s’agit du premier album de Havok que nous écoutons, et de ce fait, nous sommes vierges de toute expérience précédente. Et c’est sans doute pour cela que cet album nous a semblé si efficace, si nerveux, et si maîtrisé techniquement. Une technique qui sera mise à rude épreuve par la suite, montrant un groupe qui en oublie la mélodie et se branle un peu trop avec le manche des guitares, en atteste un EP qui est sorti par la suite.

Mais revenons à nos moutons, et à ce cinquième album, qui débute avec Post-Truth Era, un titre purement Thrash, qui ne lorgne aucunement vers quelque chose d’autre que l’efficacité et la rapidité d’exécution. Le chant crié est intéressant et offre une énergie supplémentaire à l’ensemble. Bref, cette entrée en matière est percutante et donne irrémédiablement envie d’écouter la suite. Fear Campaign sera certainement un peu moins intéressant, mais le morceau délivre une belle rage. Néanmoins, on tombe dans un Thrash calibré qui fait écho à un style qui aurait fait des ravages dans les années 90. Malgré son côté un peu dépassé, le titre fonctionne à plein régime, et donne même plus de place au bassiste Brandon Bruce. D’un point de vue technique, c’est le haut du panier, comme peut en attester Betrayed by Technology et son introduction ultra addictive.

En séparant tous les instruments avant de les réunir, le début de ce titre est percutant, en plus d’être relativement ludique. Par la suite, le refrain sera ultra catchy et le riff sera vraiment excellent, nous donnant envie de nous secouer la nuque comme des malades mentaux. Il est vrai que par la suite, certains titres seront un peu moins forts. Ritual of the Mind ou Interface With the Infinite sont des morceaux assez classiques dans le genre, qui ne marquent pas forcément de manière durable, mais ils font amplement le taf et trouvent parfaitement leur place dans cet album. Après un petit interlude, on aura droit à quelques plages ultra nerveuses, à l’instar de Phantom Force qui fracasse tout sur son passage, ou encore Cosmetic Surgery, qui envoie du lourd, malgré un aspect finalement assez générique pour du Thrash qui se veut moderne.  

Mais avec Panpsychism, le groupe démontre une technique fabuleuse qui donne juste envie d’écouter ça encore et encore. Le démarrage est dingo, jusqu’à l’arrivée d’un riff massif qui vient tout déglinguer sur son passage. La basse vient en rajouter une couche en claquant bien, et on se retrouve avec un titre d’une grande réussite. Merchants of Death va alors paraître un peu fade, mais on retrouve cette efficacité relative au Thrash, avec une rapidité d’exécution incroyable, et surtout une envie de taper fort et sec. Enfin, Don’t Do It s’étale sur plus de huit minutes pour prouver que les américains sont aussi capables de faire des pistes plus longues, et de tenir la route. Une route qui ne contient aucun nid de poule, avec une belle cohérence, jusqu’à un final dantesque. Bref, c’est du tout bon.

Au final, V, le dernier album en date de Havok, est une sacrée belle réussite, surtout si c’est la première incursion dans l’univers du groupe. Technique, dense et surtout peuplé de riffs qui envoient du bois, ce cinquième album contient tous les ingrédients d’un skeud réussi, qui donne le tournis à force de headbanger sur absolument tous les morceaux. Et ça, c’est plutôt signe d’une bonne musique.

  • Post-Truth Era
  • Fear Campaign
  • Betrayed by Technology
  • Ritual of the Mind
  • Interface With the Infinite
  • Dab Tsog
  • Phantom Force
  • Cosmetic Surgery
  • Panpsychism
  • Merchants of Death
  • Don’t Do It

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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