Magnolia

De : Paul Thomas Anderson

Avec Tom Cruise, William H. Macy, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman

Année: 1999

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Earl Partridge, âgé et malade, va bientôt mourir. Il demande à son fidèle infirmier de retrouver le fils qu’il a jadis abandonné. Sa jeune épouse, qui convoitait sa fortune, devrait se réjouir mais n’y parvient pas. Frank Mackey, jeune gourou cathodique de la séduction masculine, s’est construit un passé et une vie. Mais combien de temps le masque peut-il résister? Toutes ces vies s’entrecroisent le temps d’une journée comme les autres sous le soleil de la Californie.

Avis:

À la fin des années 90, Paul Thomas Anderson est le petit réalisateur qui monte gentiment. Un premier film, « Double mise« , présenté à Cannes en 1996. Puis un premier joli succès avec « Boogie nights« , film aujourd’hui devenu culte, qui suivait les travers d’un acteur pornographique dans les années 70.

Grâce au succès de « Boogie nights« , Paul Thomas Anderson peut enchaîner avec son troisième long-métrage. Un long-métrage qui sera celui de la consécration. Immense fresque de plus de trois heures, pour commencer le nouveau siècle, Paul Thomas Anderson revient avec « Magnolia » et dix-huit ans après sa sortie, autant dire que le film demeure encore l’un des plus beaux de son réalisateur. Brillant, riche, insolite, fascinant, bouleversant, cette fresque chorale est une claque inoubliable. Bref, c’est un joyau qui mérite qu’on s’y arrête plus d’une fois, car l’intrigue est si dense, si riche, que toutes les subtilités de ce scénario bluffant ne peuvent être découvertes à la première vision.

Los Angeles. Earl Partridge est sur son lit de mort. Le magnat va bientôt mourir. Sa femme Linda essaie de gérer la situation comme elle le peut. Frank T. J. Mackey est un homme en colère qui n’a rien trouvé de mieux pour étouffer sa colère que de donner des séminaires à des hommes frustrés, pour que ces derniers puissent assouvir leur virilité. Donnie Smith est un ancien enfant star d’un jeu télévisé, aujourd’hui oublié et perdu. Jim Kurring est un policier qui prend son métier à cœur. Pendant son service, il va faire la rencontre de Claudia, une toxicomane. Tous ces personnages qui se connaissent ou pas, vont se croiser dans un ballet fait de vies, de hasards ou de coïncidences…

Incroyable ! Voilà le mot qui me vient d’emblée en tête quand je pense à l’expérience qu’est « Magnolia« . Incroyable dans sa mise en scène. Incroyable dans son acting. Incroyable dans son côté sensoriel. Incroyable de par sa richesse et les émotions qu’il offre.

« Magnolia« , c’est un ballet d’une très grande précision, qui oscille d’un personnage à l’autre de manière incroyable. Le scénario est beau, parfois drôle, presque tout le temps triste. Avec cette fresque, Paul Thomas Anderson aborde la vie en général. La vie dans tout ce qu’elle a de plus beau, de plus dure, de plus sombre, de plus joyeux et de plus étrange aussi à offrir. Cette galerie de portraits, tous plus touchants les uns que les autres, est un pur plaisir à suivre. « Magnolia » parle d’amour, de haine, de regrets, de remords, il parle du passé, des liens qui se créent, qui se brisent, des liens familiaux, des liens d’amour. Paul Thomas Anderson parle du souvenir, de l’espoir, du futur, du présent, de la vie, de la mort, et de ce qu’on laisse après. « Magnolia« , c’est un requiem bouleversant, qui nous hypnotise et prend en otage notre cœur. Chaque personnage est juste, chaque histoire est bouleversante de simplicité. Paul Thomas Anderson a su mettre en scène ces petits riens qui font la vie, et même si parfois le film est d’une grande tristesse, il est beau, tout simplement beau.

Cette beauté est renforcée aussi par cette mise en scène, qui est sûrement l’une des plus belles leçons de cinéma que Paul Thomas Anderson ait offert. Outre l’incroyable assurance du cinéaste pour passer d’un personnage à l’autre, la mise en scène de Paul Thomas Anderson ressemble à un ballet d’opéra. Tout ici est millimétré, coordonné, précis, cohérent, et malgré cette précision, tout, absolument tout, résonne comme naturel. Tout est logique, le film est une leçon de montage, et ça, même quand « Magnolia » s’aventure dans l’insolite. D’ailleurs, quand on parle d’insolite, on ne peut pas passer à côté de son ouverture de film, qui est un chef d’œuvre à elle seule !

Cette beauté et les émotions ressenties, c’est aussi cette incroyable BO signée Aimée Man et Jon Brion. Les deux compositeurs ont parfaitement su souligner toutes les nuances de « Magnolia« , joie, horreur, mélancolie, regrets, espoir, suspens, étrangeté, ces notes s’accordent à tout. Discrète et en même présente et essentielle, cette BO est une merveille.

Enfin, qui dit film choral, dit forcément une belle et grande troupe de comédiens et pour ce film, on peut dire que Paul Thomas Anderson a réuni l’un des plus beaux castings des années 2000. Tom Cruise, Julianne Moore, John C. Reilly, William H. Macy, Phillip Seymour Hoffman, Phillip Baker Hall, Melinda Dillon, Melora Walters … Et j’en oublie tant, « Magnolia » est riche de ce côté-là aussi. Et comme tout le reste du film, malgré la démesure, chaque acteur et chaque actrice trouve un rôle en or, qu’il incarne avec brio. On a même bien du mal à quitter cette galerie de personnages après ces trois heures.

Pour son troisième, film Paul Thomas Anderson livre donc un chef d’œuvre, son premier chef d’œuvre. Un film choral de plus de trois heures, qui aurait pu être une torture, mais entre tous ces magnifiques personnages, tous ces sujets sublimes, toutes ces émotions puissantes, finalement, Paul Thomas Anderson nous fait passer ces trois heures comme si elles n’en faisaient qu’une seule. Bref, c’est beau, c’est bon, c’est grand. Merci, tout simplement Merci !

Note : 18/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net