octobre 30, 2020

Cold Prey 2

Titre Original : Fritt Vilt 2

De : Mats Stenberg

Avec Ingrid Bolso Berdal, Fridtjov Saheim, Per Schaaning, Marthe Snorresdotter Rovik

Année: 2008

Pays: Norvège

Genre: Horreur

Résumé:

Pendant l’hiver 2006, quatre jeunes ont été sauvagement assassinés dans les montagnes norvégiennes de Jotunheimen. La seule femme ayant survécu au massacre est transférée dans un hôpital de la région. A son réveil, le lieu est plongé dans l’obscurité et le silence, sans âme qui vive…

Avis :

Dans le domaine de l’horreur, il est monnaie courante de voir des suites à n’en plus finir lorsqu’un premier film fonctionne. C’est d’ailleurs comme cela que nous avons eu droit à des licences très longues, mais à la qualité fragile. On pense bien évidemment aux Freddy, aux Vendredi 13 ou encore à la saga Halloween qui n’en finit plus. Bien souvent, ces licences ont à voir avec un boogeyman qui est rentré dans le panthéon des bad guys du cinoche, que ce soit Freddy Krueger, Michael Myers ou bien Jason Voorhees. Et ce phénomène ne s’arrête pas aux années 80, puisque même aujourd’hui, on peut retrouver quelques nouvelles têtes qui tentent des percées avec des trilogies ou plus. On pense à Victor Crowley des films Butcher (ou Hatchet suivant le pays), mais aussi au tueur au piolet de Cold Prey, slasher norvégien, dont le premier film est sorti en 2006 et avait du bruit de par son efficacité et sa jolie mise en scène. Qu’en est-il de sa suite, Cold Prey 2 ?

Le film reprend exactement là où s’était arrêté le premier volet. On va suivre les aventures d’un homme qui découvre la voiture abandonnée par les jeunes du premier film, puis qui sauve du froid la seule et unique survivante, Jannicke. Il l’amène à l’hôpital où travaille sa fiancée, un vieux sanatorium qui va bientôt fermer ses portes faute de patients. A son réveil, Jannicke raconte son aventure aux policiers qui trouvent la crevasse et ramène tous les corps dans l’hôpital, y compris celui du tueur. Ce dernier va alors revenir à la vie et semer le chaos dans tout le lieu. En clair, Cold Prey 2 est une copie du Halloween 2 de Rick Rosenthal. On ne va pas se mentir, il y a beaucoup d’éléments communs entre les deux films. Outre le lieu et le fait qu’il y ait un tueur masqué, on a aussi droit à des balades dans des couloirs sombres, des meurtres sanglants et surtout, une vengeance féminine que l’on peut aisément comprendre. Avec Cold Prey 2, la seule chose qui change vraiment, c’est l’univers plus froid et l’ambiance un poil plus glaciale. La réalisation de Mats Stenberg (Roar Uthaug n’étant plus que scénariste sur le métrage) est assez classique, mais elle reste stable et propose son lot de moments flippants. Et c’est clairement tout ce qu’on lui demande.

Le cinéaste va surtout peaufiner son ambiance et fournir de nouveaux personnages assez attachants, évitant ainsi d’enfiler les chairs à canon apathiques. On retrouvera ce qui a fait le charme du premier film, à savoir une atmosphère oppressante, sombre, qui est renforcée par un froid glacial et une nuit sans lune. L’éclairage est minimaliste, et s’il est présent, il demeure clinique, donnant une impression d’insécurité permanente. Les jump scares ne sont pas utilisés à outrance, préférant travailler le spectateur avec des moments ciblés où l’attaque ne viendra pas, mais seulement avec quelques secondes de décalage, histoire de vraiment surprendre. Il y a une vraie démarche simple dans ce film et cela se ressent au niveau des personnages. Hormis Jannicke que l’on connait déjà, ce sont les autres personnages qui restent intéressants, comme cette infirmière qui veut quitter ce bled pour partir à la capitale et qui demeure simple mais efficace. On notera sa relation complexe avec son chéri qui veut rester dans ses montagnes, mais qui, au détour d’un plan, recherche des appartements dans la ville. Le fait de proposer des personnages crédibles et sans aucune animosité permet de s’attacher plus facilement à eux et donc de ressentir leur impuissance face au golgoth des neiges. Il en va de même pour le médecin un peu timide, qui drague l’infirmière mais qui n’en fait pas trop, ou encore cette pauvre autre infirmière, un peu ingénue, mais très agréable. Seul le personnage du flic niais est détestable, mais ce n’est pas vraiment un souci vu sa durée de vie.

Le seul vrai défaut de ce Cold Prey 2, c’est qu’il reste une pâle copie d’Halloween 2. Si on trouvera plus de morts et une violence accrue, on restera de marbre devant le scénario qui enfile les perles et n’approfondit pas tellement la mythologie du boogeyman. On aura quelques bribes sur sa jeunesse, mais rien de vraiment croustillant et cela n’apporte pas vraiment de background au tueur qui manque sérieusement d’épaisseur. C’est d’ailleurs un défaut propre au premier film, qui met en avant un tueur en série massif, mais qui n’a rien d’autre qu’une tenue de ski crasseuse sur lui. Tout cela manque de richesse ou alors de mystère encore plus intrigant. Ensuite, le côté « bigger and louder » demeure assez mesuré, mais lorsque les trois flics s’aventurent dans l’hôpital, cela reste un peu trop tiré par les cheveux et sans réel intérêt, si ce n’est, cette fois-ci, fournir de la chair à canon. Néanmoins, on remarquera que dans l’équipée, il y a le chéri de l’infirmière et cela rajoute une dose de pression car il nous est sympathique. Mais on ne peut s’empêcher d’y voir une volonté de rajouter des morts ou d’éviter le meurtre d’enfant, car il y a un gosse dans cet hôpital et le film ne franchit pas la limite. Heureusement, les prestations des acteurs rajoutent une plus-value au film car personne n’en fait des caisses et tout le monde est crédible, ce qui est important dans ce genre de production.

Au final, Cold Prey 2 est un bon film d’horreur, un bon petit slasher, même s’il demeure inférieur à son aîné. On regrettera sa simplicité et son trop peu d’informations quant au tueur, mais globalement, on ne peut qu’être satisfait d’une suite comme celle-ci. D’autant plus qu’elle met en avant deux femmes fortes, chose rare dans le cinéma d’horreur et qui fait du bien. Bref, un slasher confirme tout le bien que l’on pensait de la licence et il est juste dommage que le troisième volet ne soit absolument pas à la hauteur.

Note : 14,5/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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