décembre 5, 2020

Embrassez qui Vous Voudrez

De : Michel Blanc

Avec Jacques Dutronc, Charlotte Rampling, Lou Doillon, Sami Bouajila

Année : 2002

Pays : France, Angleterre, Italie

Genre : Comédie

Résumé :

Entre Paris et Le Touquet, deux couples et leurs enfants se croisent. Leur rencontre va fortement perturber leurs vacances.
D’un côté, une bourgeoise chic et oisive de la banlieue parisienne voit le couple qu’elle forme avec un riche agent immobilier s’enliser. Elle a également une amie sans le sou qui ne veut pas le montrer et une fille très délurée qui a pour amant un employé de son père.
De l’autre, une femme très belle est persécutée par un mari jaloux, qui est lui-même confronté à un play-boy collectionneur de conquêtes.

Avis :

Dans la troupe du splendide, aujourd’hui, on demande Michel Blanc, l’inoubliable Jean-Claude Dusse des « … bronzés » de Patrice Leconte. Acteur populaire à la carrière très intéressante, Michel Blanc s’est aussi essayé à la réalisation plus d’une fois. Là encore, même s’il a peu tourné finalement, il a su choisir des projets intéressants et bien souvent Michel Blanc le réalisateur a fait mouche.

Trois ans après nous avoir entraînés en compagnie de Daniel Auteuil dans le monde des gigolos avec « Mauvaises passes« , Michel Blanc revenait pour une quatrième réalisation et cette fois-ci, c’est sur le terrain du film choral qu’il s’aventure. Tenu par un casting impressionnant, Michel Blanc livre une petite comédie amusante qui dresse différents portraits de couples, tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Et si tout n’est pas réussi dans ce « Embrassez qui vous voudrez« , c’est avec ironie, humour et une pointe de critique qu’on passe un petit mais bon moment de cinéma.

Deux couples très amis, mais tous deux venants de mondes différents, partent passer leurs vacances au Touquet. D’un côté, il y a Elizabeth Lanner, une bourgeoise née, qui part en vacances avec une amie proche qu’elle a invitée car la pauvre ne pouvait pas partir. Julie est aussi accessoirement la maîtresse de Bertrand, le mari de d’Elisabeth. De l’autre côté, il y a Véro, qui vient d’un milieu bien plus modeste, tellement modeste d’ailleurs, que Véro et son mari Jérôme sont au bord de la banqueroute. Se sentant mal à l’aise, Véro cache sa condition. Ces deux couples, plus leurs enfants et des amis, vont alors se croiser, se décroiser et vivre une semaine de vacances qui ne va pas être de tout repos.

« Jalouseries », tromperies, perditions, ambitions, amour, névroses et autres problèmes et mensonges de couple, voilà le programme aussi sympathique qu’il est trop chargé pour ce film de Michel Blanc.

Avec « Embrassez qui vous voudrez« , Michel Blanc se livre à l’exercice du film choral et l’on peut dire qu’avec ses bons côtés comme ceux en trop, ce quatrième film est une petite réussite. Tenu par un scénario qui répartit très bien ses personnages, on s’amusera des situations comiques et du cynisme que Michel Blanc injecte dans ses dialogues. « Embrassez qui vous voudrez« , pour la plupart, se fait amusant et c’est un réel petit plaisir de suivre la plupart de ces personnages. Michel Blanc a su nous offrir de bonnes petites surprises et tout en se faisant amusant, le film apportera aussi de bonnes réflexions sur le temps qui passe, sur l’amour dans un couple face à la routine ou encore sur le paraître. L’idée de prendre d’un côté une bourgeoise née divinement tenue par Charlotte Rampling et de l’autre, une femme qui essaie de dissimuler sa faillite (personnage tenu par une Karin Viard hilarante qui fut même Césarisée pour l’occasion), est excellente et Michel Blanc arrive très bien à passer d’une situation à une autre, d’une famille à l’autre. C’est ce qui est le plus intéressant, et le plus cyniquement drôle dans ce film.

« Embrassez qui vous voudrez« , c’est aussi d’autres personnages et d’autres histoires en parallèles et alors que les intrigues principales sont excellentes, les secondaires pêchent. Si on peut s’amuser de ce qui est fait autour de Carole Bouquet, les crises de jalousie de Michel Blanc sont lourdes et caricaturales. On pourra être touché par ce qui se passe autour du personnage de Jacques Dutronc (très charismatique, soit dit en passant), mais on restera sur le carreau par rapport à l’intrigue qui tourne autour de Sami Bouajila et Lou Doillon, qui ne sert strictement à  rien, si ce n’est de prolonger le film. Un ressenti quelque peu amoindri autour des personnages de Clotilde Courau et Vincent Elbaz. Même si pour leur défense, il faut noter que leurs personnages ont de jolies envolées.

Ce chassé-croisé, même s’il est imparfait, au final, nous fait passer un bon petit moment. On sourit, on rit parfois face à des répliques tordantes, je le répète, Karin Viard est en grande forme, on est touché d’autres fois, et même si parfois on peut être ennuyé, dans l’ensemble, cette comédie de mœurs fait son travail et aime se laisser embrasser…

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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