avril 15, 2021

The Hike

De : Rupert Bryan

Avec Zara Phythian, Barbara Nedeljàkovà, Ben Lloyd-Holmes, Daniel Caren

Année : 2011

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Cinq amies partent en randonnée dans une forêt anglaise pour un week-end entre filles. Insouciantes et joyeuses, elles sont loin de se douter du danger qui les menace…

Avis :

Parmi tous les genres cinématographiques, on peut facilement dire que l’horreur est un terreau fertile et novateur. On y trouve de grands réalisateurs en devenir, mais aussi des histoires intéressantes et des mises en scène parfois osées. Chose que l’on ne trouve pas dans la comédie par exemple. Malheureusement, le film d’horreur est aussi l’un des genres les plus produits au monde, et on se retrouve souvent avec des bouses infâmes qui n’ont ni queue ni tête. Et dans tout ce bourbier, il faut savoir faire le tri. Et savoir vendre sa marchandise au tout venant. C’est certainement comme cela que The Hike est tombé dans les ventes de dvd. En mettant en avant ses sélections dans d’obscurs festivals et on essayant de jouer sur le côté gore du bouzin. Malheureusement pour nous, le film Rupert Bryan fait partie de ces métrages oubliables et mauvais.

Balade de santé

Le scénario est on ne peut plus simple. Il doit tenir sur un bout de nappe et ce ne serait pas étonnant de découvrir que les types derrière le projet ont écrit ça en une soirée un peu trop arrosée. Ici, pour faire oublier la mort de son mari à une ex-militaire, quatre nanas décident d’amener leur copine en randonnée. Pas forcément bien équipées, elles tombent sur trois types qui font de la varappe et des séances de drague se mettent en place. Sauf que ces trois types cachent bien leur jeu. Avec The Hike, on est clairement dans un survival pur et dur, où les femmes doivent courir pour leur survie, face à des gens dangereux pour on ne sait quelle raison. Enfin si, celle de faire ce que l’on veut dans un espace libre et caché de tous.

C’est maigre, et le déroulement du métrage ne nous donnera pas de grain à moudre. Il faut dire que Rupert Bryan n’a pas grand-chose à raconter. On nous plonge assez rapidement dans le bain avec une introduction où des gens se font pourchasser par on ne sait quoi, puis on tombe rapidement sur ces cinq nanas qui partent en rando. Derrière, elles crapahutent en faisant des blagues débiles, puis tombent sur plusieurs personnes, dont trois types qu’elles vont ouvertement draguer. Qui fait ça dans la vie de tous les jours ? Les nénettes passent pour des allumeuses auprès de trois inconnus, et elles vont vite le regretter. Le film ne cherche pas plus loin. Même si ça reste un premier film, il n’y a aucune prise de risque sur l’histoire et sur son fond. Tout simplement car il n’y a pas de fond. Il n’y a pas de message.

Nature pas humaine

Il n’y a pas de volonté de bousculer un peu le spectateur. C’est-à-dire que très clairement, on fait face à un film bas du front où les filles sont en quelque sorte punies pour avoir dragué ouvertement des mecs un peu siphonnés. La morale est bien entendu détestable, misogyne au possible, mettant en avant le trauma de l’ex-militaire pour mieux s’en sortir. Mais en soi, cela ne sert strictement à rien tant les personnages sont vides. D’ailleurs, on n’arrivera jamais à retenir le prénom des filles (et des types) et elles sont interchangeables. La seule qui a un trait de caractère reste la mannequin, mais elle est tellement inexistante qu’elle ne sert à rien. Le film navigue en roue libre sur ses protagonistes, n’arrivant jamais à donner de la profondeur à qui que ce soit, pas même à son héroïne.

Et si le fond est vide, il n’est guère comblé par la mise en scène. Alors certes, on pourra voir que le film demeure assez propre. C’est-à-dire que la réalisation est claire et que l’on évite la shaky cam dès qu’il faut filmer de l’action. Rupert Bryan essaye de faire les choses correctement malgré son budget riquiqui. Contrairement à d’autres confrères qui usent et abusent du found-footage ou d’une image crade, ici, on fait face à un vrai film qui propose quelque chose de lisible. Seulement, il ne fait pas grand-chose de cette image. On aura bien quelques jolis ralentis sur la fin quand l’héroïne court dans les bois avec une torche rouge, mais ça ne sert aucunement le récit. C’est juste un artifice visuel pour masquer le vide absolu de l’intrigue.

Sang terre

Et même dans le cadre des exécutions et autres morts du métrage, on n’aura pas grand-chose à se mettre sous la dent. Si le film fait des promesses au début, on va vite retomber dans les travers du film d’horreur bas de gamme. Des meurtres en hors-champ, du gore timide avec à peine une fracture ouverte et un réel manque d’inventivité dans les mises à mort. Hormis quelques coups de couteau, on n’aura rien. Et certains effets sont vraiment désuets. Comme ce fameux gros plan du couteau qui s’enfonce en gros plan dans une chair en plastique. De ce fait, la peur ne sera pas au rendez-vous, et cela même avec une envie de susciter de la gêne. Notamment lors d’un viol qui dure trois plombes, mais qui ne sert aucunement le récit, si ce n’est d’approfondir la méchanceté gratuite du chef des trois types.

Au final, The Hike est un mauvais film d’horreur. Il s’agit d’un survival bas de gamme qui tient sur un coin de chiffon. L’histoire, basique, n’est même pas servie par des effets gores un peu douloureux ou des actrices investies. Si la réalisation peut faire illusion et se démarque des productions du même genre, elle ne masque que partiellement le vide abyssal d’un tel projet. Bref, The Hike fait partie de ces films sans âme, sans fond, que l’on oublie vite après visionnage.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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