juin 22, 2021

The Open House

De : Matt Angel et Suzanne Coote

Avec Dylan Minnette, Piercey Dalton, Patricia Bethune, Sharif Atkins

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Une mère et son fils emménagent dans la maison de vacances d’un parent à la suite d’une tragédie, mais des forces mystérieuses semblent se liguer contre eux.

Avis :

Sur Netflix, on trouve de tout et de rien. Laissant les coudées franches aux réalisateurs, la plateforme s’est offert les services de bons nombres de grands réalisateurs, mais aussi la sympathie de certains acteurs connus qui n’hésitent plus à venir tourner dans des métrages destinés au service de streaming et plus seulement au cinéma. Le problème avec tout ça, c’est que de laisser libre cours à son imagination n’est pas forcément signe de bon film, et au-delà de ça, à force de produire à tour de bras, on se retrouve avec des productions plus que moyennes, voire carrément mauvaises. Dylan Minnette est un acteur qui a vraiment percé avec Don’t Breathe de Fede Alvarez (à qui l’on doit le remake d’Evil Dead), puis dans la série 13 Reasons Why disponible sur Netflix. Sentant un bon filon, la plateforme achète donc les droits d’un nouveau film d’horreur avec la jeune star, The Open House, histoire de faire venir des fans sur ledit film. Mais le résultat est catastrophique et il est difficile de ne pas y voir autre chose qu’un objet mercantile futile.

Le film pose un très gros problème au niveau de son scénario. On va suivre un jeune homme qui fait du 1500m et dont la seule ambition est de participer aux jeux olympiques. Mais ses parents sont sans le sou et alors que son père part faire des courses, il se fait écraser par une voiture. Dans une situation critique, la mère décide de déménager dans la grande maison de montagne de sa sœur qui est en vente et qui organise tous les dimanches des visites libres. Très vite, Logan, le fils, ressent une présence dans cette grande demeure et ils ne vont pas tarder à se faire attaquer par un homme mystérieux. A partir d’un tel script, difficile de ne pas en tirer des thématiques intéressantes, comme l’amour d’une mère envers son fils, et l’inverse, ou encore des raisons pour un tueur mutique qui tient peut-être une revanche dans un passif lourd. Malheureusement, le fil ne fera rien de tout ça et se contentera, durant pendant plus d’une heure, à dresser le portrait d’une mère et d’un fils qui ne se parlent quasiment pas et qui sont guère troublés par la disparition de leurs téléphones portables ou encore par ces portes qui s’ouvrent sans raison, ou bien encore par cette chaudière qui ne fait que s’arrêter lorsque la mère prend des douches. Un quotidien pénible à suivre, qui tente vainement de créer une ambiance tendue, mais qui n’y parvient jamais à force de répétitions et d’un couple apathique qui semble se foutre de cette situation.

Une situation qui va se dégrader progressivement entre les deux protagonistes principaux, le garçon devenant jaloux dès que sa mère parle à un homme et une mère qui ne s’occupe pas de son fiston, semblant plus encline à passer des coups de fil pour on ne sait quelle raison. Et là, c’est le coup de grâce sur le film qui semble incapable de nous rendre sympathique un « couple » dans la tourmente. Les relations sont pénibles, souvent sujettes à des disputes vides de sens et le ton résolument pessimiste ne permet pas de ressentir de l’empathie envers eux. Pire que ça, on va se surprendre à les détester à cause de leur comportement en société, se méfiant de tout le monde et devenant presque méfiant envers une vieille voisine qui, on se doute, souffre d’une maladie. Et puis il y a cette façon de faire qui est très agaçante, à savoir se servir des autres. Alors que le garçon a peur, il appelle le type qui drague sa mère et qu’il n’aime pas, pour les protéger le temps d’une nuit. Un comportement déplorable et qui nous fait encore plus détester ce jeune garçon égoïste. On se rend donc compte qu’il y a un vrai problème d’écriture dans les personnages et que du coup, on se foutra grandement de leur devenir lorsque le tueur va les attaquer.

Un tueur mutique, qui n’aura qu’une seule phrase dans tout le film, que l’on ne verra jamais vraiment et qui restera un mystère. Car oui, les réalisateurs, et scénaristes, ont cru bon de garder un mystère flottant sur tout le film, sans jamais lui donner de profondeur. On ne saura jamais les motivations du tueur, ni de qui il s’agit et la fin nous permet juste de dire que c’est un psychopathe qui visite toutes les maisons à visiter pour y buter les résidents. Un tueur agent immobilier qui ferait frémir Stéphane Plaza. Le problème en ne donnant finalement pas d’identité à ce tueur, c’est qu’on se fout complètement de lui. Il n’a pas de charisme, pas de présence et finalement, tout ce qu’il fait est gratuit. Le film essaye bien de caser quelques passages un peu durs, comme le fait de casser tous les doigts de la mère de famille un par un et en gros plan, mais cela ne suffira pas à nous faire frémir. Le film est clairement vide de sens et d’envie de faire passer un message. Il n’y a pas de fond, tout se repose sur les deux personnages, mais comme ils sont détestables, rien ne fonctionne vraiment. Tout comme les effets de peur, d’une ringardise crasse, à l’image de cette introduction où l’on entend un homme qui semble souffrir et ce n’est que le garçon qui s’entraine pour la course. L’abus d’infrabasse, d’une musique dramatique pour insister sur des éléments sans importances montre bien la faiblesse de l’entreprise qui essaye de s’appuyer sur des jumpscares fainéants et qui ne servent en rien le propos.

Au final, The Open House est un très mauvais film d’horreur. Entre un scénario écrit sur un post-it, des acteurs qui en font des caisses, une ambiance qui s’appuie uniquement sur de la musique sourde et de faux-semblants d’une lourdeur sans faille, on peut dire que ce film estampillé Netflix est très mauvais. Il est même symptomatique de la plateforme qui, souvent, fournit des films pour surfer sur le succès d’un style ou d’un acteur, et en oublie de fournir un fond et une vraie mise en scène. Le cinéma n’est pas que du business…

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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