Scorpi T.01 – Ceux qui Marchent dans les Ombres – Roxane Dambre

Auteure : Roxane Dambre

Editeur : Le Livre de Poche

Genre : Urban Fantasy

Résumé :

Par un de ces orages d’été dont Paris a le secret, la jeune Charlotte découvre un petit garçon blotti au pied de son immeuble, ses cheveux sombres dégoulinant, son T-shirt plaqué par la pluie. Charlotte, qui est la gentillesse même, lui propose de s’abriter chez elle. Là, l’enfant lui tient des propos ahurissants : ses parents et son grand frère sont des « créatures de l’ombre », des tueurs à gages aux pouvoirs surnaturels, baptisés les Scorpi. Lui-même, Élias, est en apprentissage. Et sa phrase fétiche semble être : « Tu veux que je le tue ? » Charlotte n’en croit pas un mot, d’abord. Mais bientôt elle découvre dans son salon une version vingt-cinq ans d’Élias, un grand brun aux yeux bleu outremer. Adam, le frère aîné, vient d’entrer dans sa vie, et celle-ci va tourner à la cavalcade. Comment réagir quand on a vingt-trois ans, qu’on est seule et plutôt pacifique, et qu’on tombe amoureuse d’un tueur à gages qui n’est même pas humain ? Alors ? Prêts à suivre ceux qui marchent dans les ombres ?

Avis :

Scorpi est une trilogie qui a gagné le Grand Prix de l’Imaginaire et on comprend très bien pourquoi. L’auteure, déjà connue pour sa série Animae qui a aussi remporté plusieurs récompenses, nous fait part ici de ses personnages les plus drôles et les plus charismatiques. On rit souvent, on s’attache vite et on s’émerveille devant les aventures extraordinaires que vivent les personnages.

L’univers qu’elle a créé est sympathique, sordide, cruel, mignon, merveilleux et sadique à la fois. Un univers tout en oxymore et opposés qui ne cessent de s’attirer et qui fonctionnent parfaitement bien ensemble ! Le lecteur a un peu de mal à s’y faire au début car tout va très vite. Le premier tome met bien en place les personnages principaux et l’univers, sans nous en faire trop découvrir. Les autres livres nous en diront bien plus. Cela est souvent le cas dans les trilogies. L’auteure sait nous en dévoiler suffisamment pour nous faire apprécier chaque moment intensément et apporter le suspense nécessaire. Pour tout comprendre, il faut donc être patient et lire la suite, sauf si ce premier tome n’a pas plu. C’est tout de même le moins bon de la série.

Les personnages principaux sont nombreux même si Charlotte est l’héroïne incontestée. Gentille, douce, affectueuse, la jeune femme se laisse faire harcelée à son travail par son supérieur de peur de se faire virer pendant sa période d’essai. Le sujet sur le harcèlement au travail est bien mené, pas moralisateur et loin d’être lourd. Sophie, une de ses amies, essaie de l’aider dès que possible à se sortir de pétrins improbables quand ce n’est pas ceux de la famille Lesath qui s’en chargent.

Les Lesath sont des personnages importants de l’histoire. Ce sont eux qui forment le groupe Upsilon Scorpi, ou plus communément les Scorpi, une association réputée de tueurs à gage qui tuent sans pitié aucune et qui ne se fait pas arrêtée par la police. Leurs façons de procéder sont toujours assez intelligentes pour cela. Cruels, parfois monstrueux à certains égards, leurs réflexions sur la vie et la mort sont étonnantes de morbidité et totalement à l’opposé de la vision de Charlotte. Pour cause : ils ne sont même pas humains ! Ce sont des créatures de l’ombre qui peuvent se dispenser de tous types de transports existants pour aller et faire ce qu’ils veulent. Leur fortune, entièrement basée sur le meurtre, est immense et leur permet de vivre richement. Amusant, non ?

Charlotte commence par rencontrer le plus jeune de la famille, en la personne d’Elias, qui a tout juste dix ans. Son attitude la perturbe beaucoup et elle ne le comprend pas du tout. Elle l’accueille pourtant quelques temps chez elle de peur que seul dans la rue il ne se fasse tuer ou pire. Il se débrouillait pourtant très bien tout seul… Elias s’attache profondément à Charlotte qu’il considère rapidement comme sa nouvelle maman et à qui il propose d’épouser son frère pour la faire entrer dans la famille.

Son frère, Adam, accepte d’ailleurs sans discuter, choquant la jeune femme qui est complètement perdue par ces comportements excentriques et loin de la normalité. Et encore, ce n’est pas la plus étrange des choses du roman. Les attentions de la jeune femme et ses baisers sur le front ont eu raison d’Elias, ce petit être exceptionnel, apprenti tueur à gage, qui pense que tuer une personne permet de résoudre tous les soucis.

Les dialogues entre Charlotte et Elias sont drôles à leur manière et l’exaspération de la jeune femme se ressent souvent. Ces créatures de l’ombre lui donnent du fil à retordre, notamment quand elle se plaint ou qu’elle a des problèmes. Effectivement, Elias comme Adam lui propose alors toujours de tuer pour elle, ce qui l’agace au plus haut point. Le passage suivant provient du tome 1 et le montre bien. La narratrice est Charlotte : « – Il ne suffit pas de tuer quelqu’un pour que les ennuis s’arrêtent, Elias ! m’exaspérai-je. – Ah bon ? – Non. – Ah bon » (extrait du chapitre 5).

L’écriture est parfaite pour ce style d’histoire : le livre se lit vite et bien, et on passe de très bons moments en compagnie de ces personnages hauts en couleur. Les autres membres de la famille Lesath n’ont rien à envie à Elias ou Adam et sont aussi barrés qu’eux. En plus de ces créatures de l’ombre, de nombreuses autres étrangetés se joignent au récit. Gobelins, lutins, nymphes… beaucoup de créatures du petit peuple sont présentes et nous émerveillent en apportant avec eux la magie inhérente à ces êtres. Même si la comparaison ne plaira pas à tout le monde, on a l’impression d’être en présence d’une famille aussi majestueuse que celle inventée par Stephenie Meyer dans Twilight. A un détail près : les Lesath sont bien plus fourbes et déjantés que les vampires. Les créatures de l’ombre sont une invention originale et pleine de surprises !

Le roman est plutôt lent et peu de scènes d’action y sont présentées. On est en présence principalement d’une introduction de l’univers et des personnages. La fin accélère tout quand Charlotte se retrouve dans de beaux draps et que son fiancé doit venir la sauver. On ressent l’inspiration de l’univers vampirique de Deborah Harkness et son Livre perdu des sortilèges quand Diana se fait emprisonner à la fin du tome. Une fin énergique !

Le dernier chapitre change de narrateur. Ce n’est plus Charlotte qui s’exprime mais Elias. Ce changement de ton et la vivacité du petit garçon sont rafraîchissants et nous font voir les choses différemment.

Cette fin riche en émotions fait plaisir et clôt ce premier roman d’une jolie manière. Scorpi est une trilogie qui promet pour la suite : personnages étranges et charismatiques, dialogues incohérents, scènes qui font rire, de l’action par petite dose et des créatures magiques incroyables. Un vrai plaisir de lecture qui réchauffe le cœur et l’esprit. Certaines choses vont cependant un peu trop vite, notamment les sentiments entre les deux protagonistes. Cela perturbe quelque peu.

En format poche, un bonus est présent : trois nouvelles inédites regroupées sous le terme Scorpi, les origines. Le narrateur change à chaque fois et chaque nouvelle nous en apprend davantage sur certains personnages ainsi que sur un des évènements majeur de l’histoire des Lesath. Trois histoires fascinantes et indispensables pour mieux comprendre certains commentaires et certains comportements.

Note : 17/20

Par Lildrille

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