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Dans la Brume – The French Mist

De : Daniel Roby

Avec Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin, Michel Robin

Année : 2018

Pays : France, Québec

Genre : Science-Fiction, Fantastique

Résumé :

Le jour où une étrange brume mortelle submerge Paris, des survivants trouvent refuge dans les derniers étages des immeubles et sur les toits de la capitale. Sans informations, sans électricité, sans eau ni nourriture, une petite famille tente de survivre à cette catastrophe… Mais les heures passent et un constat s’impose : les secours ne viendront pas et il faudra, pour espérer s’en sortir, tenter sa chance dans la brume…

Avis :

Le cinéma français n’est pas réputé pour son amour du genre. Quand on dit genre, c’est ce qui définit tout ce qui touche de près ou de loin à la science-fiction, l’horreur ou encore le fantastique. Le cinéma français aime la rentabilité et ce qui fait venir les gens dans les salles, c’est la comédie ou le drame bourgeois. Malheureusement, cette addiction à l’argent et à ce besoin de rendre les salles rentables, on se retrouve avec des flopées de films qui n’ont pas grand-chose à raconter et un cinéma hexagonal en perte de vitesse, qui mise désormais sur des têtes d’affiche comme Dany Boon ou Kev Adams pour rameuter du monde. Mais cela ne serait-il pas en train de changer ? Les français n’en ont-ils pas marre de voir toujours les mêmes blagues sur grand écran ? C’est la question que l’on peut se poser aujourd’hui avec un tir groupé de films de genre français qui ont connu une petite vie dans les salles obscures. On pense bien évidemment à Ghostland de Pascal Laugier, mais aussi à La Nuit a Dévoré le Monde de Dominique Rocher ou encore Les Garçons Sauvages de Bertrand Mandico, trois films qui ont fait leur effet et qui ont fait un peu de bruit.

En fait, ce qui est intéressant avec ce genre de film, c’est que malgré leur volonté d’aller dans le genre, ils gardent leurs atours de cinéma d’auteur français, que ce soit dans certaines thématiques ou dans leur mise en scène. Huis-clos, absence volontaire de scènes d’action trop tape à l’œil, acteur avec la larme à l’œil, le français essaye de laisser sa marque pour se différencier de ses amis américains ou anglo-saxons. Et c’est alors que surgit sans crier gare Dans la Brume, un autre film de genre français réalisé par un québécois, Daniel Roby. Caché à la presse, sorti dans un peu plus de 200 salles, ce film de science-fiction et fantastique français est-il dans la même veine que ses aînés, à savoir un bon film de genre mais qui possède ses petits atours auteurisants ? Oui. Est-ce un défaut ? Non.

Dans la Brume est un film qui lorgne du côté de The Mist pour le déclenchement du brouillard assassin et d’un survival post-apocalyptique pour le reste. Pour la petite histoire, on va suivre les aventures d’un couple qui é chappe à la brume en se réfugiant chez leur voisin du dessus, mais malheureusement, leur fille, atteinte d’une maladie rare, vit dans un caisson stérile qui marche avec des batteries. Alors que le monde s’effondre, les deux parents vont tout faire pour sauver leur fille. Alors oui, nous sommes face à un film catastrophe, mais tout ne va pas se jouer sur la survie de la jeune fille. Les parents vont vite se rendre compte que la brume monte et qu’il va falloir trouver une solution pour s’échapper au plus vite et aller vers les hauteurs. Si le scénario peut sembler assez anodin comme ça, il mise énormément sur l’aspect humain de la chose. Et c’est bien là tout l’intérêt du film, qui utilise la brume comme moteur de dangerosité et qui va se focaliser sur la survie de deux personnes afin d’en sauver une autre, la chair de leur chair. Et là-dessus, le film réussit amplement son pari. Les personnages sont attachants car ils sont simples et donc très efficaces. Nous sommes face à un père et une mère qui vont renouer des liens et qui vont tout faire pour sauver leur fille, coincée dans une bulle anxiogène et coupée du monde.

Et cet aspect psychologique et familial et renforcé par des acteurs talentueux et qui croient en leur personnage. Romain Duris tient parfaitement la route dans ce rôle de père courage qui met tout son talent pour sauver sa fille, ou encore lui trouver des alternatives en début de film. L’acteur s’en sort avec les honneurs dans un type de rôle inhabituel pour lui et cette mise en danger est agréable. Olga Kurylenko est aussi très intéressante, même si elle demeure plus mesurée que Romain Duris. Elle est plus discrète mais demeure touchante à bien des égards, notamment quand il faut prendre des risques insensés pour sauver sa fille. Au niveau des personnages secondaires, on est aussi dans le haut du panier. Le couple de personnes âgées est très bon et permet d’aborder aussi la notion de vieillesse et du sens de la vie. Enfin, les enfants qui jouent dans le film sont tout aussi bons, notamment Fantine Harduin, pour laquelle on ressent de l’empathie, à vivre dans cette bulle, isolée du reste du monde.

Enfin, l’autre gros point fort de ce film, c’est son visuel. La réalisation est au top du top, et Daniel Roby montre son décalage par rapport à d’autres films français. Il y a un sens de l’action quand on est dans la brume, il y a un sens du rythme, puisque le film commence au bout de cinq minutes, et surtout, il y a un excellent découpage qui permet d’éviter toute trace d’ennui. Certains plans sont même sublimes, la photographie est à tomber par terre et on retrouver certaines séquences vraiment angoissantes, comme ces moments filmés à la perche, vus d’en haut, ajoutant un sentiment de vertige très fort. D’ailleurs, en parlant de moments angoissants, le film est très anxiogène par moments, notamment lorsque les personnages manque d’oxygène dans la brume. Ces moments sont très bien rendus et comme on s’attache rapidement à ces deux personnages, on craint pour eux et on se sent aussi perdus qu’eux.

Alors oui, le film n’est pas exempt de défauts et on notera surtout une errance sur sa finalité. En effet, malgré de bonnes surprises, un bon casting, une bonne gestion des effets spéciaux et des réactions assez logiques, le film ne raconte pas grand-chose sur sa morale. On aura le sentiment d’avoir vu un film auquel il manque un petit quelque chose métaphysique pour donner plus de fond. Là, quand la fin arrive (et elle est plutôt bien trouvée malgré tout), on peut se dire : tout ça pour ça. Et c’est bien dommage, car tout le reste tient bien la route et on est face à un programme de qualité, que ce soit dans la réalisation ou dans le montage. Il manque juste une finalité plus appuyée, un message plus humaniste pour parfaire le tout.

Au final, Dans la Brume demeure néanmoins un excellent divertissant en plus d’être un très bon film. Malgré quelques errances et un final trop abrupt, le film de Daniel Roby est très réussi, que ce soit dans sa mise en scène, dans sa montée progressive de l’angoisse, ou encore dans sa gestion de l’univers. On reste dans de la SF discrète, qui pointe le bout de son nez sur quelques améliorations techniques anodines, mais qui s’avère à la fois plaisante et intelligente. Un film plus humaniste qu’il ne le laisse entrevoir, faisant la part belle aux relations simples mais crédibles. Bref, un bon film comme on aimerait en voir plus souvent en France.

Note : 15/20

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Par AqME

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