décembre 2, 2021

American Crime Story Saison 2 – The Assassination of Gianni Versace

D’après une Idée de: Ryan Murphy, Larry Karaszewski et Scott Alexander

Avec Penelope Cruz, Edgar Ramirez, Darren Criss, Ricky Martin

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 10

Genre: Drame

Résumé:

L’assassinat du couturier italien Gianni Versace, raconté à travers le parcours de son tueur Andrew Cunanan dans l’Amérique des années 90.

Avis :

Ryan Murphy, c’est Le showrunner qui a explosé depuis les années 2010. Si avec ces années-là, il nous avait offert de bons moments de télévision avec notamment la série « Nip/Tuck« , c’est bien depuis 2011 qu’on n’arrête plus le showrunner. Un showrunner qui a remis au goût du jour les séries dites anthologies. Il commence avec « American Horror Story » et malgré le succès qu’on lui connaît désormais, même la série est assez critiquable. Il a par la suite lancé « American Crime Story« , dont la première saison consacrée à l’affaire d’O.J Simpson est un véritable bijou qu’on ne cessera jamais de conseiller. La dernière idée de Ryan Murphy en date est « Feud« , une série qui reviendra sur des tournages de légende.

Mais bon, pour l’instant revenons à cette saison deux du show « American Crime Story« . Après une claque comme a pu l’être la première saison, on attendait de pied ferme la deuxième qui cette fois-ci se consacre au meurtrier du célèbre couturier de mode Gianni Versace. Tout comme la première, on attendait une saison passionnante et intéressante, qui allait nous faire découvrir ou redécouvrir un bout d’histoire contemporaine. Mais si la série commence très bien, allant au diapason de ce qu’était la première saison, « The Assassination of Gianni Versace » va assez vite décevoir, car les choix d’une narration complétement déconstruite n’arrivent pas vraiment à captiver et finalement, cette deuxième saison apparaît comme bordélique et c’est bien dommage, car la série a vraiment beaucoup d’arguments et de qualités pour elle.

Avril 1997, Andrew Cunanan est un jeune de vingt-sept ans sans histoire, et pourtant en cette fin Avril 1997, Andrew Cunanan se lance dans une série de meurtres sans logique apparente qui l’amènera à tuer le 15 Juillet l’immense couturier Gianni Versace. Devenant l’une des dix personnes les plus recherchées par le FBI, cette chasse à l’homme durera huit jours…

Oh la déception que cette deuxième saison du très bon show « American Crime Story« . Une déception qui est très agaçante, car tout, absolument tout, est bon dans cette nouvelle saison à une exception près.

Cette saison deux s’intéresse à la personnalité on ne peut plus ambiguë du tueur en série Andrew Cunanan. Très précise, cette deuxième saison va nous raconter sa folle épopée meurtrière et plus encore, puisque les scénaristes n’oublieront pas grand-chose de sa vie, puisant dans son enfance, son adolescence, racontant sa famille, ses amis, et ce désir du paraître. Dans ce sens-là, la série est passionnante, rarement une série n’aura creusé aussi profond les troubles et les névroses de son tueur en série. Un tueur en série qu’elle rend assez touchant finalement, tant il apparaît comme perdu et malade. On notera l’excellente composition de Darren Criss qui trouve là son premier très grand rôle et le comédien a parfaitement su saisir les troubles et les ambiguïtés de ce rôle, assez casse-gueule, car la frontière de la caricature n’était pas loin. Heureusement, et avec le plus grand des talents, il trouve toujours le ton juste pour rendre ce personnage fascinant.

Dans sa reconstitution, cette saison est impeccable. On peut même dire que c’est un sans-faute. S’étalant sur presque trente ans, et dans plusieurs domaines, cette saison a de la gueule. De plus, elle est parcourue par de vrais moments de grâce dans sa mise en scène. Des scènes fortes en émotions, en injustice, en tragédie, je pense notamment au meurtre de David Madson, victime incroyablement incarnée par Cody Fern, qui est à mes yeux la grande révélation de cette saison. Bref, la mise en scène sait se faire tendue quand il le faut, elle sait nous tenir en intrigue à plus d’une reprise, tant les issues sont incertaines. Oui, je ne connais pas cette histoire hormis le meurtre du couturier, d’ailleurs si la série s’appelle « The Assassination of Gianni Versace« , on remarquera qu’elle s’arrêtera bien plus sur les quatre autres victimes de Cunanan que le couturier lui-même, ce qui résonne comme une sorte d’hommage à ces hommes éclipsés par le meurtre de Versace.

Comme je le disais, la série ne manque pas d’arguments pour elle et encore, je ne m’arrêterai pas sur le côté jukebox jouissif, ou encore ce casting étonnant, avec notamment une Penelope Cruz en Donatella Versace à l’accent à couper au couteau. Mais si la série se fait excellente presque à tout instant, il y a ce choix de diffusion qui casse le tout. Un choix de diffusion bordélique au possible, qui est une énigme tant il n’a pas vraiment de sens. Quand on regarde cette saison, après les trois premiers épisodes qui ont une suite logique, la série sera faite de flashbacks, afin de nous raconter le parcours de ce tueur. Un choix qui a de quoi être logique, et intéressant, sauf que l’on ne va cesser de faire des allers-retours entre les victimes, au point de ne plus savoir qui fut la première, et un épisode sur deux, cette dernière est vivante. Ce choix est incompréhensible, et la série, qui je le redis est très intéressante, en devient aussi très épuisante et finit par malheureusement lasser. Et encore plus dans ses derniers épisodes, où elle ira encore plus loin dans l’analyse de la personnalité de son tueur, revenant jusqu’à son enfance et son adolescence. Pourquoi ne pas nous avoir raconté le récit en sens inverse, un peu comme un « Irréversible« , ou alors remonter jusqu’à l’enfance et nous raconter le parcours de son tueur dans l’ordre ? Car là, c’est un bordel sans nom qui passe par exemple d’Avril 97, à Mai 97, pour revenir à Avril. Cela déconstruit le parcours de Cunanan, mélangeant les jours et les semaines au gré épisodes, au point qu’on s’y perd.

Cette saison, malgré la multitude d’éléments et d’arguments qu’elle a pour elle, est donc très décevante. Ce choix étonnant et énigmatique casse tout ce qui est fait autour, et même si chaque épisode, pris à part, est bon et intéressant, sur l’ensemble de la saison, on décroche assez vite malheureusement et finalement, on continue à distance, afin de découvrir ce qui arrivera finalement à ce tueur. Cette saison deux est donc une triste déception…

Note : 10/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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