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Le 15h17 Pour Paris

Titre Original : The 15 :17 to Paris

De : Clint Eastwood

Avec Anthony Sadler, Alek Skarlatos, Spencer Stone, Jenna Fischer

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu’un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois Américains qui voyageaient en Europe. Le film s’attache à leur parcours et revient sur la série d’événements improbables qui les ont amenés à se retrouver à bord de ce train. Tout au long de cette terrible épreuve, leur amitié est restée inébranlable. Une amitié d’une force inouïe qui leur a permis de sauver la vie des 500 passagers…

Avis:

Légende vivante, Clint Eastwood c’est LE réalisateur par excellence. Acteur iconique, Clint Eastwood est passé derrière la caméra en 1971 et depuis, il n’a jamais posé cette caméra et alors qu’il a aujourd’hui quatre-vingt-sept ans, il nous présente son trente septième film. Un film qui fait suite un an et demi après l’impeccable « Sully« , qui voyait pour la première fois le tout aussi légendaire Tom Hanks passer devant la caméra du Maitre. Depuis plusieurs années maintenant, Clint Eastwood met en scène des évènements et des bouts d’histoires, se posant comme un observateur de notre monde. « L’échange« , « Invictus« , « J Edgar« , « Jersey Boys« , « American Sniper » ou encore « Sully » pour ne citer que ses derniers films.

Revenant cette fois-ci sur l’attentat raté du Thalys Amsterdam/Paris survenu en Août 2015, on était curieux, et même impatient, de voir ce que le réalisateur, qui d’ordinaire vise juste, pouvait nous avoir concocté. Malheureusement, dès les premières bandes-annonces, « Le 15h17 pour Paris« , emmené par les héros qui avaient vécu ce drame, avait tendance à laisser sceptique. Et à la découverte du dernier-né du réalisateur américain, la déception est belle et bien présente. Lourd, long, développant peu d’intérêt, « Le 15h17 pour Paris » laisse une impression de « remplissage » pour justifier cinq minutes de film et la glorification de ses héros. C’est bien dommage.

Alek Skarlatos, Spencer Stone et Anthony Sadler sont trois amis qui se connaissent depuis l’enfance. Ces trois hommes alors en vacances d’été et lancés dans un tour d’Europe, vont faire preuve d’héroïsme, le 21 Août 2015, quand en route dans un train Thalys pour Paris, ils vont arrêter, aidés avec d’autres personnes, un homme près à faire un massacre dans ce train.

Clint Eastwood, c’est un réalisateur qui nous a presque en permanence offert de très grands moments de cinéma. Alors quand l’annonce d’un nouveau film de ce vieux brisquard est fait, c’est toujours une bonne nouvelle. Mais comme tout réalisateur, Clint Eastwood n’a pas toujours juste, comme on n’avait pu le voir dernièrement avec un film comme « Au-delà » et après avoir traversé une solide période de très bon cinéma, il fallait bien que le réalisateur se relâche et voici que c’est chose faite avec cette mise en images (opportuniste ?) de l’attentat raté du Thalys.

Bon, il faut dire que le réalisateur ne partait pas avec un bagage énorme sur ce fait, puisque le dit attentat fut très vite déjoué et il ne pouvait durer tout le film. Alors pour donner de la consistance à son film, Eastwood s’est lancé dans une sorte de biopic sur ses héros. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Et qu’est-ce qui a pu faire que ces trois hommes ont fini par se retrouver dans ce train à ce moment-là, pour sauver cinq cent personnes ? L’idée n’était pas si inintéressante que cela et là, il y avait la matière à donner naissance à un film intéressant, d’autant plus que le film est joué par les vrais protagonistes de l’affaire. Mais voilà, la belle idée s’arrête là, car une fois passée à l’image, « Le 15h17 pour Paris » est une déception.

Long, ennuyeux, et peuplé de clichés, Clint Eastwood passe en revue l’enfance, l’adolescence et la vie de jeune adulte de ses héros, mais il n’arrive jamais à vraiment nous toucher ou nous entraîner dans leur vie. En plus d’avoir vu ce genre de film un nombre incalculable de fois, ce « … 15h17 pour Paris » en devient pesant. Peu subtil, hyper patriotique (la bande-annonce le montrait bien), et religieux, Clint Eastwood s’embourbe dans son récit, et n’arrive pas à le dynamiser. Et finalement, plus le film avance lentement, plus cet hommage narcissique tournant autour de Dieu, les armes et le corps de l’armée, laisse une impression de creux, de vide. Ici, on assiste à un film de potes, qui se parlent entre potes, et ça ne va pas bien loin. Et si la scène de l’attaque et tout ce qui suit est excellente, très bien mise en scène, montrant que Clint Eastwood a encore de quoi nous offrir de l’incroyable, sur l’ensemble de son film, elle ne sera pas assez forte pour rehausser ce sentiment de déception que le film, et surtout l’histoire, a véhiculé pendant sa longue heure et quart.

On gardera alors un joli tour d’Europe, notamment Rome et Venise (on regrettera qu’Amsterdam soit réduit à une soirée pôle dance). On gardera aussi un talent touchant pour ces héros, et plus particulièrement Alek Skarlatos.

« Le 15h17 pour Paris » est loin du talent de Clint Eastwood. Déception, creux, fait bien trop vite et monté encore plus vite. Le projet fut annoncé en Avril 2017, le film a été tourné l’été dernier, et rappelons que l’attentat date de 2015, le projet a donc vu le jour on ne peut plus vite, et il manque peut-être de recul, en plus de manquer d’écriture. Bref, Clint Eastwood déçoit, et au milieu de sa carrière, ce « … 15h17 pour Paris » ne fera pas longue carrière. Dommage.

Note : 9,5/20

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Par Cinéted

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