Novelists – Noir

Avis :

La scène métal française est dominée par quelques groupes qui arrivent encore à faire des salles pleines, comme Lofofora, Mass Hystéria ou encore Tagada Jones. Si d’autres groupes excellent, il est parfois assez difficile de survivre dans un monde où surnagent la médiocrité et la musique pour les masses. Mais le plus grave dans tout ça, c’est que certains groupes qui font jeu égal avec les américains ou les autres grosses formations, ne sont pas mis en lumière et souffrent donc d’une notoriété qui n’est pas à la hauteur de leur talent. Novelists en fait clairement partie. Jeune groupe parisien qui officie dans un genre assez complexe entre djent et métal progressif, la formation propose cette année leur deuxième album studio, après un premier essai fort concluant il y a deux ans à peine. Avec Noir, le groupe va accentuer son concept, et va même proposer une vraie histoire, un fil rouge, qui va se ressentir dans les sonorités et dans la légèreté qui arrive petit à petit au sein de l’album. Une légèreté teintée de gros riffs agressifs et de growls bien ressentis qui prouvent que Novelists est à part dans le métal français, et qu’il serait grand temps qu’il perce à l’international.

La dépression, la chute d’un homme, c’est un thème relativement classique dans le métal, mais Novelists a décidé de prendre le problème à l’envers et de proposer la relève d’un homme, la sortie du trou, ce moment où tout s’éclaircit. Chapitré avec des titres français pour bien marquer chaque étape, le groupe montre qu’il soigne son écriture et qu’il ne fait pas n’importe quoi, se tenant à leur ligne éditoriale. Ainsi, le skeud débute avec L’Appel du Vide, un premier morceau relativement mélancolique et qui fait étalage du talent du groupe dans sa faculté à proposer des moments aériens et d’autres passages plus rugueux, allant chercher des riffs syncopés issus directement du djent. Le titre est à l’image de cette volonté de montrer la dépression, la mélancolie, avec notamment un petit clavier qui distille des notes très prégnantes, renforçant ce côté mélancolique. Avec Monochrome, le groupe délaisse complètement leur côté agressif pour proposer une longue ballade, qui demeure bien triste et parfois étonnante quand on commence à entendre des cuivres pour marquer un break très typé années 80. Cependant, cela fonctionne parfaitement. Les choses sérieuses commencent avec Under Different Welkins, un titre très agressif, le premier, et qui dévoile les qualités vocales du chanteur qui peut aussi bien chanter de façon douce que de pousser des hurlements rageux. Avec Les Nuits Noires et les trois morceaux suivants, le groupe fait moins dans la dentelle, malgré des moments techniques ébouriffants. Notamment avec Stranger Self et sa partition rapée ou encore ses débuts de phrase chantés qui se terminent par un growl puissant.

Comme dit précédemment, le groupe a choisi de traiter la déprime d’une façon différente, essayant de partir de quelque chose de très sombre à quelque chose de plus joyeux, et cela se ressent au niveau des morceaux. Avec Joie de Vivre, le groupe entame la fin de l’album avec une certaine jovialité qui fait plaisir à entendre dans un monde aussi fermé que le djent. Les quatre derniers titres seront d’ailleurs très intéressants dans leur traitement. Car si les riffs sont toujours puissants et les rythmiques ultra rapides, comme pour Lead the Light ou encore Heal the Wound, on ressentira des moments plus doux, notamment dans les refrains en chant clair qui feront penser à divers groupes américains. Et en ce sens, si Novelists n’est pas inconnu en France, il demeure encore un peu trop dans l’ombre et mériterait amplement plus de lumière. Notamment parce que techniquement, c’est irréprochable, que vocalement, c’est impressionnant, mais aussi parce que le groupe est capable de faire des titres sensibles, comme pour A Travers le Miroir, qui est l’une des deux ballades de l’album et qui reste l’un des meilleurs titres disponibles. Le seul reproche que l’on pourrait faire au groupe, c’est qu’il est tellement complexe dans sa façon de fonctionner qu’il ne propose pas de morceaux plus simples, plus entêtants, afin de marquer celui qui écoute. En fait, il est presque impossible de chanter par-dessus Novelists si on ne connait pas les paroles et c’est peut-être ce qui manque à Noir pour devenir un réel immanquable.

Au final, Noir, le dernier album des français Novelists, est un excellent skeud qui montre, si besoin l’en est, que la France possède son lot de jeunes groupes de métal talentueux pouvant sensiblement percer à l’internationale comme Gojira par exemple. Ce second album est d’une puissance rarement égalée, mais il est aussi très technique et le chant est à tomber par terre. On regrette juste l’absence de titres plus mémorisables pour devenir un véritable must have.

  1. L’Appel du Vide
  2. Monochrome
  3. Under Different Welkins
  4. Les Nuits Noires
  5. Grey Souls
  6. A Bitter End
  7. Stranger Self
  8. The Light, The Fire
  9. Joie de Vivre
  10. Lead the Light
  11. A Travers le Miroir
  12. Heal the Wound

Note : 18/20

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par AqME

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