La Marche

De : Nabil Ben Yadir

Avec Olivier Gourmet, Tewfik Jallab, Vincent Rottiers, M’Barek Belkouk

Année : 2013

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

En 1983, dans une France en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois jeunes adolescents et le curé des Minguettes lancent une grande Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme, de plus de 1000 km entre Marseille et Paris. Malgré les difficultés et les résistances rencontrées, leur mouvement va faire naître un véritable élan d’espoir à la manière de Gandhi et Martin Luther King.
Ils uniront à leur arrivée plus de 100 000 personnes venues de tous horizons, et donneront à la France son nouveau visage.

Avis :

Réalisateur belge, Nabil Ben Yadir en est à son début de carrière, puisque « La marche » est son second film. Scénariste de ses propres films, avant « La marche« , Nabil Ben Yadir avait fait « Les barons« , une comédie pas franchement reluisante sortie en 2010.

Pour son deuxième film, le réalisateur passe donc de la comédie au biopic à caractère social. Avec « La marche« , Nabil Ben Yadir a décidé de s’arrêter sur l’un des moments forts du début des années 80, la marche pour l’égalité et contre le racisme. Pour les trente ans de l’évènement, le réalisateur a donc décidé de faire un bond en arrière pour parler au présent et ça fonctionne très bien. « La marche » est un film intéressant, qui en plus sait se faire divertissant, ce qui est vraiment bien vu.

1983, la France est en proie à l’intolérance et les ratonnades sont monnaies courantes. C’est dans ce climat d’insécurité qu’un groupe de jeunes, aidé d’un curé, décide de marcher contre toute forme de racisme. 15 Octobre 1983, ils sont neuf et partent de Marseille à pied vers Paris. Leur arrivée est prévue le 03 Décembre. Entre temps, ils vont délivrer un message de paix et de tolérance et espérer être un peu plus à leur arrivée à Paris. Leur mouvement va prendre une ampleur inattendue et c’est plus de cent mille personnes qui marcheront à l’arrivée.

C’est donc trente ans après les faits que Nabil Ben Yadir a décidé de remettre en lumière ce pan de l’histoire française quelque peu oublié.

Avec « La marche« , on pouvait craindre un film qui fait dans la leçon et le trop bien-pensant. On pouvait craindre un film qui donne dans le cliché et la morale, ou encore un film qui donne dans le pathos, poussant l’émotion au maximum pour faire passer son message. Et vous savez quoi, et bien cette « … marche« , ce sera un peu de tout ça, mais en mesuré. Oui, avec son second film, Nabil Ben Yadir romance quelque peu l’évènement pour mieux servir son sujet et parler des inégalités, du racisme et surtout de la tolérance.

La tolérance, un bien beau mot et concept, que chacun des personnages va apprendre au fil des kilomètres parcourus. La force du film de Nabil Ben Yadir, c’est l’écriture de son scénario qui pèse très bien les pour et les contres. C’est avec une certaine subtilité que le réalisateur parle des préjugés des deux camps et fait avancer ou non ses personnages. Ainsi, le tableau, même s’il utilise des caricatures, sonne juste et l’on se plaît à suivre la marche de ces personnages.

On appréciera aussi que le réalisateur ne fasse pas de sa « … marche« , une œuvre militante. Bien entendu, avec un tel sujet, « La marche » est un film politique, il n’en aurait été autrement, mais à aucun moment, Nabil Ben Yadir pousse et tombe dans le militantisme. Ici, avant tout, il veut parler de tolérance, de respect et de toutes les formes de racisme, noir, arabes, français, gouines ou PD, comme c’est dit dans le film, tout le monde est logé à la même enseigne et les réflexions vont sur tous. Il y aura même de forts débats dans le groupe de départ, qui marche pour la tolérance et se fait parfois coupable d’intolérance sans s’en rendre compte.

Comme je le disais plus haut, Nabil Ben Yadir, même s’il s’attelle à un sujet qui demeure d’actualité puisque certaines des revendications du groupe de marcheurs résonnent encore aujourd’hui, le réalisateur n’a pas oublié de faire de son film un divertissement et ainsi, au gré des discussions, des engueulades, des vannes, des réflexions ou des rencontres, « La marche » faire rire, fait sourire, touche, inquiète ou passionne.

En parlant d’émotion, il faut noter que le comédien principal, Tewfik Jallab, est excellent. D’une grande justesse, on adore le suivre parmi tous ces marcheurs, Vincent Rottier, Hafsia Herzi, Charlotte Le Bon, Olivier Gourmet, Nader Boussandel, Philipe Nahon sont magiques. Seule ombre dans le décor, Lubna Azabal maladroite au départ avec un personnage en permanence en colère et Djamel Debbouze, qui est censé nous faire rire, mais qui finalement est plus lourd qu’autre chose.

Loin des clichés et du militantisme qu’on pouvait craindre, « La marche« , même si, parfois il est maladroit, reste un beau film qui fonctionne très bien, qui n’en fait pas trop, tout en assurant bien sûr les sujets qu’il développe. En compagnie de ces marcheurs, on passe un excellent moment, tout en s’instruisant sur un grand moment de l’histoire de France. Un moment qui résonne encore tristement d’actualité aujourd’hui.

Note : 15/20

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Par Cinéted

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