octobre 27, 2020

High-Rise

De : Ben Wheatley

Avec Tom Hiddleston, Jeremy Irons, Sienna Miller, Luke Evans

Année: 2016

Pays: Angleterre, Belgique

Genre: Drame, Science-Fiction

Résumé :

En 1975, le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix…
Bientôt, il se prend à leur jeu.
Et alors qu’il se démène pour faire respecter sa position sociale; ses bonnes manières et sa santé mentale commencent à se détériorer en même temps que l’immeuble : les éclairages et l’ascenseur ne fonctionnent plus mais la fête continue! L’alcool est devenu la première monnaie d’échange et le sexe la panacée. Ce n’est que bien plus tard que le Dr Laing, assis sur son balcon en train de faire rôtir le chien de l’architecte du 40ème étage, se sent enfin chez lui.

Avis :

En 2011, il y a un nom qui fut une véritable révélation qu’on aime ou non son film. Ce nom, c’est celui de Ben Wheatley qui venait de réaliser son deuxième film, le très sombre « Kill List« . Dès lors, mis dans la lumière, le britannique Ben Wheatley n’a pas perdu de temps. En 2012, il sort la farce sombre « Touristes« . La même année, il collabore à « The ABCs of Death« . L’année suivante, il réalise « English Revolution« , un film tripé encore inédit chez nous.

Pour son cinquième long métrage, Ben Wheatley a décidé de se lancer dans l’adaptation du roman culte « I.G.H » de J. G. Ballard, une satire sociale sortie en 1975, qui a connu plusieurs envies d’adaptation, notamment de la part de Nicolas Roeg, Peter Greenaway ou Vincenzo Natali, sans jamais que ces dernières n’arrivent à se mettre en images.

Film hallucinant et halluciné, « High-Rise » est un film concept qui s’aventure à la limite du film expérimental, et qui d’autres que Ben Wheatley pour livrer cet ovni fascinant, déroutant, aussi classe que perdu. Et si le film aura tendance à nous mettre à l’épreuve, tant il en devient parfaitement incompréhensible, on ne peut s’empêcher d’être immergé et fasciné par cette œuvre unique, qui ne ressemble à rien de connu.

1975, le Dr Robert Laing vient d’emménager dans une tour d’un nouvel immeuble haut de gamme. Très vite, il découvre un autre monde dans cet immeuble. Un monde étrange où les habitants ne cessent d’être en rivalité les uns contre les autres. Alors qu’il était on ne peut plus normal, l’immeuble, ses habitants et la folie ambiante, ont peu à peu raison de lui. Ou alors peut-être que c’est la société trop stricte qui est la plus folle. Quoi qu’il en soit, c’est entre l’alcool, les orgies, les fêtes étranges, les coups d’un moment et une alimentation dérangeante que le Dr Robert Laing va finalement se sentir chez lui et peut-être même à sa place.

Chaotique, voilà en premier le mot qui me vient à l’esprit pour aborder cette œuvre folle. Chaotique, aussi bien dans le bon sens du terme, que dans le mauvais. Pour son cinquième film, Ben Wheatley s’est lancé dans une expérience totale, absurde, qui prendra bien plus par son visuel que par l’histoire qu’elle nous raconte, car la dite histoire est très difficilement perceptible. Et c’est là le gros souci de ce film. On va être totalement admiratif du travail de son réalisateur en ce qui concerne le visuel de son film. « High-Rise« , c’est une ambiance de folie, aussi perturbante que tendu. Une ambiance qui tire vers l’onirisme et la folie. On restera bluffé par le montage que Ben Wheatkey a orchestré. Que l’on comprenne ou non son film, « High-Rise » est une leçon de montage à lui seul. On reste scotché par la photographie renversante que le film détient. On reste fasciné par toutes les idées que le film détient comme des plans et des séquences inédits. On a aussi un côté hypnotique parfois, renforcé par la superbe BO de Clint Mansell. Les effets spéciaux sont top, les décors géniaux et une ambiance seventies totalement réussie.

On reste aussi captivé par les performances des acteurs, qui malgré une histoire qui ne raconte rien, vont et tiennent leurs personnages à 200 %. Tom Hiddleston est incroyable de charisme. Sienna Miller est follement passionnée, on ne l’avait encore jamais vu ainsi. Luke Evans est terrifiant. Elisabeth Moss est un bijou. Même Jeremy Irons qui n’a qu’un petit rôle est incroyable.

Mais voilà, derrière tous ces points monstrueusement bons, qui sont autant de réussites, il y a cette difficulté, l’intrigue.

Si l’on a bien compris que « High-Rise » est une satire de la société et une critique des normes, de l’esprit de compétition ou encore de la folie normale de l’homme et la lutte des classes, il n’empêche que « High-Rise » demeure un film quasi-incompréhensible et je ne suis même pas sûr qu’une deuxième ou un troisième visionnage aide plus.

Bien entendu, plusieurs subtilités se révéleront, mais le tout apparaît comme inaccessible. Et peut-être est-ce le choix de son réalisateur et peut-être même que « High-Rise » est un film où il faut ressentir plus que comprendre. Quoi qu’il en soit, voulu ou non, il demeure fermé et difficile, d’où surement le fait qu’il soit totalement rejeté par le public.

« High-Rise » est donc une étrangeté, une expérience qui sera très différente selon celui qui la découvre. Je serais donc bien impeccable de le conseiller ou non, tant le film est unique et inaccessible.

Note : 13/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.