décembre 4, 2020

La Chatte sur un Toit Brûlant

Titre Original : Cat on a Hot Tin Roof

De: Richard Brooks

Avec Elizabeth Taylor, Paul Newman, Burl Ives, Dame Judith Anderson

Année: 1958

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Après le suicide de son meilleur ami, Brick se réfugie dans l’alcool et s’éloigne de sa femme, Maggie, qu’il soupçonne d’être la cause du drame.

Avis:

Richard Brooks est un baroudeur qui va arriver à la réalisation assez tard. D’abord journaliste sportif, il va travailler pour la radio, puis sera éditorialiste. Il s’essaie à la mise en scène de théâtre aussi. Mais c’est par la voie de l’écriture qu’il se fait connaitre. Romancier et scénariste au départ pour les autres, et par la suite pour son propre compte, à l’aube de la quarantaine, Richard Brooks passera derrière la caméra et entre 1950 et 1985, Richard Brooks réalisera par moins de vingt-quatre films.

Pour son treizième long métrage en même pas dix ans de réalisation, Richard Brooks se lance dans une adaptation d’une célèbre pièce de théâtre de Tennessee Williams, « La Chatte sur un toit brûlant« . Huis-clos en forme de drame familial et de société, Richard Brooks livre là un film remarquable. Un film appuyé de dialogues et d’acteurs incroyables. Un film qui envoûte de par ses conflits, mais aussi ce cachet sublime que laisse le temps qui passe. « La Chatte sur un toit brûlant » est un film d’une autre époque et pourtant, il reste intemporel dans ses sujets comme dans son charme.

Brick est un homme qui a tout pour être heureux. Riche, une magnifique épouse et belle situation et pourtant, depuis le suicide de son meilleur ami, Brick s’est réfugié dans l’alcool. Ce weekend-là, toute la famille s’est réunie dans la grande villa du frère de Brick, afin de célébrer l’anniversaire de Big Daddy, le père de Brick. Mais ce weekend, et plus particulièrement cette journée, va être le témoin de toutes les disputes, de toutes les découvertes et de tous les doutes.

« La Chatte sur un toit brûlant« , c’est donc une heure quarante-cinq d’un huis-clos prenant qui ne va cesser d’exposer de nouvelles pistes et de nouveaux sujets. Si vous pensiez trouver une bonne comédie, ou encore un drame larmoyant, passez votre chemin, car le film de Richard Brooks est bien plus subtil et judicieux ça.

Un film qui aborde une réunion familiale qui a tendance à se dire ses quatre vérités, on en a déjà tous vu. Le cinéma recèle de ces films-là, mais il est vrai qu’on peut y trouver le meilleur comme bien souvent le pire. « La chatte sur un toit brûlant » fait incontestablement partie de la première catégorie.

Son scénario est millimétré et offre en permanence d’excellentes réflexions. Avec la pièce de Tennessee Williams, Richard Brooks nous entraîne donc dans un grand film. Un film qui aborde des sujets tels que la famille, les non-dits, les jalousies, l’amour, l’affection, le manque d’affection, la solitude, la mort, les héritages, et même l’homosexualité. Un thème qui effleure la surface de manière incroyablement subtile. Richard Brooks pose beaucoup d’interrogations, s’amuse avec le spectateur et le laisse avec un doute. Un doute savoureux et audacieux, quand on replace le film dans son époque. Surtout quand l’on sait que le film a connu les foudres de la censure et que le propos a déjà été amoindri.

Idem, toujours dans la subtilité, Richard Brooks aborde les différentes classes sociales, et même la ségrégation, alors même qu’il n’en parlera jamais.

Avec ce film, Richard Brooks offre une mise en scène très théâtrale, on ira même jusqu’à dire qu’il y a du vaudeville dans ce film. Il y a toujours une porte qui s’ouvre, il y a toujours une interaction entre les personnages et malgré les thèmes très durs qui vont être abordés, « La Chatte sur un toit brûlant » est un film qui respire la vie. On sera même étonné d’y retrouver de l’humour, au détour de réparties savoureusement sèches.

Comme on s’en doute, ce film est un film de dialogues et de répliques. C’est un film qui tient sur les différentes discussions que vont avoir les personnages et tout, absolument tout, est prenant. Richard Brooks a réussi à y instaurer de la vie, des émotions, des dilemmes et du suspens. À aucun moment, on s’ennuie et tout est intéressant. De plus, le film regorge de répliques sublimes, de répliques qu’on a envie d’élever au rang de culte, tant elles sont bien écrites et bien mises en scène.

Des répliques qui sont en plus de ça, tenues par des comédiens magistraux. Des comédiens investis et subtils qui font front commun. D’ailleurs, aucun n’est en reste, et s’il y en avait un qui aurait été sur le carreau, c’est bien tout le film qui en aurait souffert. Elizabeth Taylor est sublime et trouve un rôle bien plus profond que son personnage ne le laisse imaginer au départ. D’ailleurs, la comédienne est carrément étonnement parfaite, surtout quand on sait son état émotionnel quand elle a tourné ce film. Pour la petite histoire, Taylor, quelques semaines après le début du tournage, a perdu son mari dans un accident d’avion et au vu du personnage qu’elle a, et des scènes qu’elle tient, on ne peut qu’être bluffé devant son talent de comédienne, qui ne laisse rien transparaître.

En face d’elle, on trouve un magnifique Paul Newman, en alcoolique et mari on ne peut plus ambigu. Burl Ives est génial en Big Daddy. Newman et Ives ont de sacrées scènes ensembles. Et enfin, Madeleine Sherwood est génialement agaçante. L’actrice tient un rôle ingrat, puisque son personnage est agaçant et très drôle involontairement.

Transposer Tennessee Williams à l’écran n’a donc pas dû être une mince affaire et Richard Brooks réussit l’exercice d’excellente manière. « La Chatte sur un toit brûlant » est un film audacieux, pour ne pas dire culotté. C’est un film qui tient étonnement grâce à ses comédiens hors pairs et ses dialogues savoureux. Un petit peu d’humour, beaucoup de drame, et encore plus de suspens, on reste comme scotché devant ce huis-clos familial et l’on a qu’une envie, c’est d’aller au bout afin de savoir jusqu’où ces disputes et ces amours vont nous emmener. Bref, c’est une très belle découverte, aussi culte qu’elle est recommandable.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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