décembre 7, 2021

The Effigies T.01 – Les Flammes du Destin – Sarah Raughley

Auteur : Sarah Raughley

Editeur : Lumen

Genre : Fantastique

Résumé :

Les Fantômes – des créatures de cauchemar, mélange de chair pourrissante et de ténèbres –, terrorisent l’humanité depuis une centaine d’années. Pour les affronter, les pouvoirs surhumains des Effigies sont apparus peu après et, même si désormais, des boucliers protègent les grandes villes de la menace, les quatre dépositaires de cette puissance inimaginable – étrangement, toujours des femmes – sont aujourd’hui des célébrités mondiales. Ces capacités, ainsi que la somme des souvenirs de chaque combattante, se transmettent à la mort de chaque Effigie à son héritière, choisie au hasard quelque part sur la planète. Leurs hauts faits, leurs coups d’éclat et leurs frasques sont disséqués sans fin par les médias, et elles provoquent l’admiration d’une partie du grand public, qui se méfie pourtant de la Secte, la mystérieuse organisation chargée de les chapeauter.

À seize ans, Maia, dont la jumelle est morte dans un incendie, idolâtre, comme autrefois sa soeur, les Effigies. Quand Natalya, l’Effigie du feu, meurt dans d’étranges circonstances et que Maia est choisie pour prendre sa place, elle a du mal à comprendre ce qui lui arrive. Elle cache d’abord la vérité à son entourage… jusqu’au jour où le bouclier de New York présente une défaillance : y fait son apparition, pour la première fois, un homme énigmatique, Saul, qui semble capable à la surprise générale de contrôler les Fantômes. Terrifiée, sans préparation au combat, Maia se retrouve propulsée dans l’arène, contrainte de se battre aux côtés de trois jeunes filles qui, malheureusement, ne veulent plus entendre parler les unes des autres. Rongée par la timidité, Lake n’a presque plus aucun rapport avec Chae Rin, elle-même mise à la retraite pour son impulsivité et sa violence, et toutes n’inspirent que le mépris à Bella, froide et incroyablement puissante. Sans compter que les souvenirs de Natalya reviennent, étouffants, hanter la conscience de la toute nouvelle Effigie.

Maia saura-t-elle survivre à l’entraînement de la Secte et unir ses camarades ? Quel secret cache Saul, qui semble littéralement changer de personnalité à intervalles réguliers ? Entre combats homériques et enquête glaçante sur les vraies raisons de la mort de Natalya, depuis la découverte du passé de ses camarades jusqu’à la révélation des ténébreuses origines de la Secte, la jeune fille se retrouve aspirée dans une dangereuse spirale : le feu qui couve en elle pourrait bien la consumer tout entière !

Avis :

La littérature, c’est un peu comme la musique et le cinéma. Déjà dans le sens où c’est un art à part entière, mais aussi parce que ça suit des modes et qu’il suffit qu’un genre marche pour que ce soit l’opulence en matière de choix et de nouveaux écrivains se jetant dans la brèche dans l’espoir de vendre du papier. Ainsi donc, depuis l’avènement justifié des Harry Potter et des lecteurs grandissants, et encore plus depuis l’avènement illégitime de Twilight, la littérature adolescente ciblant les jeunes filles a le vent en poupe. A un tel point que maintenant, un rayon entier est consacré à ce sous-genre. Doit-on en être heureux ? Bien sûr que oui, car il faut mieux avoir des jeunes qui lisent plutôt que des gens ignares incapables de tourner une page. The Effigies se situe pile dans la catégorie nouveau roman à destination des adolescentes, puisque l’auteure Sarah Raughley nous propose de rentrer dans la peau de Maia, une jeune fille de seize ans qui va avoir de nouveaux pouvoirs terrifiants. Enième roman à l’eau de rose sur fond de fantastique ou vraie prise de risque de la part d’une nouvelle écrivaine en vogue ?

L’histoire nous plonge dans un monde un peu spécial qui n’a pas de point de repères temporels. On pourrait donc croire à un monde futuriste, mais il n’en est rien, puisque certaines structures qui pourraient paraître futuristes sont en fait de vieilles constructions. L’auteure nous plonge donc dans un monde nouveau entre science-fiction et utopie dans lequel des spectres attaquent l’humanité et où des filles avec des pouvoirs spéciaux luttent pour sauver l’humanité. Arpentant un chemin assez complexe dans sa forme, le roman, qui est le premier tome d’une trilogie, se révèle en fait très simple dans son fond. En effet, il y a les spectres, une société gouvernementale qui répond au doux de Secte, forme des soldats à combattre ces créatures et elles récupèrent aussi les Effigies, quatre jeunes filles investies d’un pouvoir élémentaire qui sont des sortes de super-héroïnes. Le résultat peut se révéler déroutant, mais entre la lecture fluide et aérée et un vocabulaire relativement simple, le roman se veut facile à digérer et on rentre rapidement dans cette histoire qui évite certains écueils sans pour autant les occulter.

Ce que l’on peut craindre dans ce genre de littérature, c’est sa propension à mettre de l’eau de rose de partout et donc des conflits amoureux souvent longs et pas forcément intéressants. Avec The Effigies, l’auteur évite de trop en mettre, favorisant la richesse de ses personnages (même si on peut faire mieux), mais n’arrive cependant pas à échapper à la sempiternelle histoire d’amour complexe avec les sens en éveil d’une gamine de seize ans. Et c’est là le point faible de cet ouvrage, qui cible un lectorat particulier. Si vous êtes un jeune homme trentenaire, autant dire que la projection dans l’histoire va être compliquée, puisque le livre est à la première personne et que l’on rentre dans la peau de Maia Finley, une jeune adolescente de seize qui commence à ressentir des choses dans son corps, surtout quand elle rencontre de jolis garçons musclés. Certains passages se révèlent donc insipides, alors que pour les jeunes lectrices, cela émoustillera leurs sens. Fort heureusement, cela n’entache pas la progression de l’intrigue, qui se veut plus complexe que le reste de l’histoire. On regrettera malgré tout les atermoiements des protagonistes, notamment des quatre Effigies qui s’apitoient toujours sur leurs sorts au lieu de se prendre par la main pour aller sauver l’humanité.

L’autre petit problème que l’on peut noter, c’est les scories propres à un premier tome. En effet, l’auteure semble avoir du mal à trouver un juste équilibre entre présentation des personnages et action. On se retrouve donc avec des moments très dynamiques où les attaques des spectres sont légions, mais on se retrouve aussi avec des moments de calmes, devant lesquels on s’ennuie ferme. La faute à des personnages assez inégaux et parfois très agaçants. En fait, l’auteur a voulu mettre tous les comportements au sein de quatre personnages. On retrouve donc la timide et superficielle, la têtue et violente, l’arrogante ou encore la jeune nouvelle toute timorée. Une équipe hétéroclite donc, mais qui manque d’idées nouvelles et surtout de surprises. D’ailleurs, à l’issue de ce premier tome, on ne connait pas trop les passés de chacune, hormis des bribes qui montrent les difficultés d’être une Effigie. Fort heureusement, le talent d’auteur de Sarah Raughley est bien présent ce qui permet d’avoir une lecture fluide et relativement rapide.

Le plus intéressant dans ce roman, c’est le côté schizophrène de l’histoire. Dans les faits, une jeune fille devient Effigie lorsqu’une d’entre elle meurt. Ainsi donc, Maia se retrouve l’Effigie du feu parce que Natalya, la précédente, est décédée. Sauf que chaque Effigie qui meurt voit sa mémoire et ses souvenirs entrer dans un autre corps. Du coup, Maia se retrouve avec des souvenirs qui ne lui appartiennent pas en plus des siens, un peu comme si son corps ne lui appartenait plus. Il arrive d’ailleurs qu’une conscience prenne le pas sur une autre. Cet aspect est plutôt bien vu et sera au centre d’une enquête à tiroirs entre un terroriste qui semble être une Effigie inconnue et des doutes sur les raisons de la mort de la précédent Effigie. Il faut donc espérer que ce côté ambigu soit plus travaillé encore dans les prochains tomes. On notera aussi une légère critique du système politique, avec une Secte étrange et opaque, mais cela reste vraiment secondaire, tout comme l’aspect célébrité qui est à peine évoqué.

Au final, le premier tome de The Effigies est assez intéressant dans le sens où il promet beaucoup de choses par la suite et notamment une enquête sur le passé d’une Effigie qui cache visiblement un gros secret. Cependant, entre le manque d’équilibre entre action et moments plus calmes et des personnages un poil trop lisses, le roman n’est pas aussi marquant que ce qu’il aurait pu être. Il en résulte un livre hybride, qui s’adresse principalement aux jeunes filles, mais qui pose un univers inédit et qui a le mérite d’être bien écrit, évitant soigneusement les histoires à l’eau de rose, mais manquant un peu d’hémoglobine, tout du moins dans les séquences de carnage organisées par les spectres. Un peu trop gentillet, mais pas désagréable pour autant.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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