The Warriors Gate – Portail Vers l’Enfer Cinématographique

Titre Original : The Warriror’s Gate

De : Matthias Hoene

Avec Uriah Shelton, Ni Ni, Mark Chao, Dave Bautista

Année : 2017

Pays : France, Chine

Genre : Action, Fantastique

Résumé :

Un adolescent passionné de jeux vidéo se retrouve par magie transporté dans la Chine médiévale. Il lui faudra user de tous ses talents de gamer pour devenir un authentique guerrier kung-fu capable de sauver la princesse et de rétablir la paix entre les empires… et ce, avant que ne résonne le gong du game over.

Avis :

Matthias Hoene est un réalisateur britannique qui navigue pour l’instant loin des écrans radars du public. Venant du cinéma indépendant, quasi-invisible en salle, son nouveau et deuxième long métrage, malgré une production Europacorp, n’est visible que dans quinze salles à travers tout le pays.

Après avoir fait s’affronter des vieux et des zombies dans « Cockneys vs Zombies« , Matthias Hoene est de retour sur les écrans cinq années plus tard pour un projet qui, sur le papier, s’annonçait bien plus ambitieux.

Baignant dans un univers assez parodique, Matthias Hoene a décidé de jouer avec les codes du jeu vidéo qui devient réalité comme par magie. Basant son intrigue dans une Chine Médiévale et onirique à la fois, « The Warriors Gate » avait de quoi être amusant et intéressant dans son idée. Mais à l’image, tout intéressement et tout amusant de notre part vont très vite fuir et laisser place à la consternation. On ressort alors de la salle catastrophé par tant de bêtise mise au service d’une technique pas si mal que ça…

Jack est un adolescent qui est passionné par les jeux vidéo et surtout l’un d’entre eux, qui est un jeu de combat dans un univers médiéval. Sur ce jeu, il est connu de tous puisqu’il est le grand chevalier noir. Un après-midi, dans la boutique d’objets rares dans laquelle il travaille pour aider sa mère, le vieil antiquaire lui offre une vieille amphore qui vient de Chine. La nuit qui suit ce cadeau, un guerrier chinois sort alors de l’amphore et lui ordonne de veiller sur la Princesse. Jack va alors vivre une aventure totalement folle qui va le changer.

D’emblée le ton est donné, « The Warriors Gate » est un film qu’il ne faut pas prendre au sérieux. C’est un film qui ne se prend pas lui-même au sérieux (du moins, je l’espère). Bercé dans une ambiance mi-année 80, mi-actuelle, le spectacle est séduisant les dix premières minutes. Oui dix minutes seulement, car très vite, l’hystérie collective, les délires scénaristiques qui frisent le ridicule, les personnages creux et clichés et l’intrigue invraisemblable vont avoir raison de nous.

L’intrigue de « The Warriors Gate » est d’une aberrante bêtise, qui enchaîne à vitesse grand V les incohérences scénaristiques les plus catastrophiques et ce n’est pas parce que le film se donne un côté fun qu’il est fun. D’ailleurs, c’est même tout le contraire. Entre la Princesse qui apprend la vie à notre époque et nous dit que « – ça déchire » et le jeune qui apprend au guerrier chinois à faire du Break dance, on ne sait quoi trouver de plus incroyable.

On ajoutera à cela un scénario qui n’est qu’une leçon de pauvreté, se gavant allégrement de tous les clichés possibles et imaginables. Problèmes familiaux, ado trouillard et victime de sa classe qui se révèle être bien plus courageux qu’il ne le pensait, méchant ultra manichéen, le chef est méchant sans autre but que de gouverner le monde et bien entendu, la pseudo-histoire d’amour avec l’ado puceau qui pourrait avoir la Princesse.

Le spectacle de la pauvreté ira plus loin encore, puisque le film bénéficie de facilités scénaristiques assez magiques. Des facilités qui ne sont que prétexte à donner de l’action au film, enlisé dans un faux rythme que le réalisateur n’arrive absolument pas à gérer. Oui, le moment paraît long, alors que le film n’arrive même pas à durer une heure et demi, générique compris.

On aurait pu trouver une fenêtre d’espoir du côté des personnages, mais là encore, l’espoir est vain, puisqu’ils n’ont aucun fond. Agaçants, clichés et bêtes, on a bien du mal à croire et craindre pour eux. Il faut dire que les personnages ne sont pas aidés, puisque Matthias Hoene a très mal dirigé son casting, entre ceux qui en font bien trop (la palme revient pour le coup à Dave Bautista) et ceux qui manquent cruellement de jeu, on pense à Uriah Shelton, sorte de Justin Bieber hyper cliché aussi agaçant qu’il se veut cool.

Reste néanmoins que le film a un certain cachet, car si Matthias Hoene a oublié de travailler son intrigue et diriger ses comédiens, on lui laissera un très beau travail sur la qualité visuelle de son film. Franchement, le réalisateur s’est donné les moyens. Ses décors sont sublimes, ses costumes ont de la gueule et ses images sont vraiment belles. Son film laisse imaginer ce qu’il aurait pu être, si le scénario et les acteurs avaient suivi. Il y a même plusieurs idées de mise en scène très bien trouvées. Et en prime, la BO de Klaus Badelt est superbe.

Mais bon, ces derniers éléments n’arrivent à aucun moment à sauver le film de la catastrophe. Le délire est donc lourd, incohérent, agaçant et si on pensait que le générique final allait nous libérer, on se trompait, car jusqu’au bout, « The Warriors Gate » aura joué la carte du faussement fun. Bref, on entre dans le délire ou pas, pour ma part, je suis complétement passé à côté.

Note : 05/20

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