décembre 2, 2020

Exte

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Titre Original : Ekusute

De : Sono Sion

Avec Ren Ohsugi, Chiaki Kuriyama, Sato Megumi, Ken Mitsuishi

Année: 2007

Pays: Japon

Genre: Horreur

Résumé:

Lors d’une inspection, des agents des douanes découvrent le cadavre d’une jeune femme dont la chevelure continue de croître. Cet étrange phénomène n’échappe pas au gardien de la morgue qui entreprend de fabriquer des extensions pour les revendre aux salons de coiffure. Mais tous ignorent que ces extensions, douées d’une vie propre, sont muées par des pulsions meurtrières. Accompagnée de sa nièce, une apprentie coiffeuse va tenter de démêler le mystère avant que d’autres décès ne surviennent …

Avis :

Sono Sion est l’un des réalisateurs les plus atypiques du Japon. Si le réalisateur s’est fait bien plus connaître avec « Suicide Club » en 2001, il faut savoir que Sono Sion a commencé sa carrière au milieu des années 80 et qu’il a déjà réalisé onze films. Aujourd’hui, sa filmographie comporte près de quarante films, qui sont, pour la plupart, inédits chez nous. Dans les inédits qui ne le sont plus puisque l’on accueille avec joie, mais curiosité l’arrivée de « Exte« , film datant de 2007, qui vient enfin de trouver le chemin de nos commerces, via un support Blu-ray/DVD.

« Exte » est un objet de curiosité dès qu’on pose les yeux sur son affiche. Alors quand la curiosité est piquée et qu’on s’aventure à lire son synopsis, on ne sait pas trop quoi en penser, si ce n’est qu’on veut voir presque immédiatement ce synopsis si fou en images.

Le résultat ? Et bien ça donne un film totalement et complétement tiré par les cheveux aussi génial qu’absurde et perturbant. Sono Sion nous offre un spectacle dérangeant et gore, qui ébranle et dont on ne sait quoi penser à la sortie de ce film, tant il est barré, mais aussi confus, car on ne sait pas trop où le réalisateur veut en venir… Mais en même temps, faut-il vraiment essayer de lui trouver un sens ? La question est lancée et la réponse est loin d’être évidente…

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Yamazaki est un homme qui travaille dans une morgue. Un soir, le cadavre d’une jeune femme est découvert. Yamakazi découvre que le cheveu de la morte pousse encore bien plus que de raison, ce qui est une aubaine pour lui, puisqu’il est un fétichiste des cheveux. Il vole donc le cadavre afin de pouvoir amoureusement faire des extensions de cheveux de cette jeune femme. Des extensions qu’il donne à plusieurs salons de coiffure. Mais les extensions sont maudites et les cheveux finissent toujours par tuer leur porteur. Yûko, une jeune apprentie coiffeuse à la relation tendue avec sa sœur, va alors l’apprendre à ses dépens.

Original, complément dingue, pervers, démoniaque, décalé, tout en ayant un joli sous-texte, « Exte » est un ovni parmi la multitude d’ovnis que comporte la filmographie folle de Sono Sion. D’ailleurs « Exte » est un film si atypique qu’il en devient difficile d’en parler tant le film ne ressemble à rien de connu.

Si l’intrigue, dans les grandes lignes, peut se comprendre, on remarquera surtout qu’elle n’a ni queue ni tête. Le scénario a tendance à partir dans tous les sens et tous les genres et le pire dans cette histoire, c’est que le réalisateur est drôle, gore, fun et surtout assez jouissif. Comment prendre au sérieux cette histoire de cheveux vivants et vengeurs ? Comment prendre au sérieux ce médecin… euh technicien… euh brancardier… euh homme de ménage… Bref, ce pervers qui s’amuse à se travestir de perruques qui ne lui vont pas, le tout dans un costume flippant très années 80 ? En aucune façon le film de Sono Sion ne peut être pris au sérieux. D’ailleurs, le film nous fera esquisser des sourires à plus d’une reprise et comme on se laisse séduire par le délire du réalisateur, on est prêt à accepter tout et n’importe quoi et malgré le fait qu’on ne voit absolument pas où il va nous emmener avec cette histoire, on adore le suivre. Reste le final, assez frustrant, parce que le film, dans son délire, laissait espérer autre chose et surtout plus d’explications.

Autre petit hic qui intervient dans cette histoire, c’est l’intrigue qui tourne autour du personnage de Yûko. Car si dans le fond, ça reste joli, et ça aborde des thèmes assez durs, comme la maltraitance des enfants ou encore le désamour maternel ou bien plus loin encore la famille et ses responsabilités, ces thèmes apparaissent si sérieux dans cette immense farce qu’ils n’en sont presque pas à leur place. D’un coup, on se demande pourquoi le réalisateur a décidé d’aborder ceci, au milieu de cela, et même si l’on peut être touché, car Sono Sion le film bien et en parle bien, on a aussi du mal à se concentrer dans cette histoire, tant le film donne l’impression qu’il peut partir en vrille à tout instant.

« Exte« , c’est un film à la mise en scène inventive et imaginative. En même temps, il en faut de l’imagination ne serait-ce que pour animer les attaques capillaires que le film veut offrir. Le résultat est assez déconcertant au départ, car inhabituel, il nous bouscule et finalement, c’est avec beaucoup d’amour et de sincérité, avec cette touche inimitable de délire, que le réalisateur nous fait accepter cet aspect aussi maladroit qu’étrange et attachant. On remarquera que dans ses effets spéciaux et dans ses attaques, Sono Sion aura trouvé le truc pour nous offrir quelque chose de généreux, décomplexé et en même temps qui nous met mal à l’aise, tant ça peut être aussi gore et ça, même quand, c’est mal fait.

Enfin, « Exte » c’est des acteurs aussi déjantés qu’attachants là encore. Si le personnage attachant, voire même touchant, est définitivement la belle Chiaki Kuriyama, malgré des réactions qu’on ne comprendra pas, c’est bien Ren Ohsugi dans ce rôle de pervers incompréhensible, totalement déjanté, flippant, dérangeant, débile, qui volera la vedette. Et le moins que l’on puisse en dire, c’est que l’acteur plonge à bras le corps dans son personnage et qu’il est tout simplement génial.

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« Exte » est donc un très grand n’importe quoi. C’est un film qui n’a ni queue ni tête. C’est un spectacle inédit qui se fout des codes, et même s’il a des défauts, des maladresses, finalement ce n’importe quoi devient attachant et on aime le suivre n’importe où.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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