Le Fils de Jean – Des Racines et des J’Aime

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De : Philippe Lioret

Avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine De Léan, Marie-Thérèse Fortin

Année : 2016

Pays : France, Canada

Genre : Drame

Résumé :

À trente-trois ans, Mathieu ne sait pas qui est son père. Un matin, un appel téléphonique lui apprend que celui-ci était canadien et qu’il vient de mourir. Découvrant aussi qu’il a deux frères, Mathieu décide d’aller à l’enterrement pour les rencontrer. Mais, à Montréal, personne n’a connaissance de son existence ni ne semble vouloir la connaître…

Avis :

Philippe Lioret est un cinéaste rare et qui soigne toujours ses retours. C’est un réalisateur qui choisit très bien les sujets qu’il va traiter et bien souvent ses films sont de véritables moments d’émotion. « L’équipier« , « Je vais bien ne t’en fais pas« , « Welcome » sont autant de films magnifiques que Philippe Lioret a mis en scène. Et après nous avoir bouleversé une dernière fois en 2011 avec « Toutes nos envies« , un film qui abordait l’endettement mais aussi la maladie, le réalisateur met fin à cinq années de silence.

Un nouveau film de Philippe Lioret dans le paysage du cinéma français résonne comme un cadeau qu’on a envie d’ouvrir avec beaucoup d’impatience tant le réalisateur a rarement, pour ne pas dire jamais, déçu. Après une bande-annonce pleine de charme qui donnait la couleur et le ton d’emblée, le nouveau Philippe Lioret s’annonçait encore une fois comme un moment tendre d’émotion. Un moment humain et fragile, et c’est bien ce qu’il va être. Sans atteindre les puissances bouleversantes d’un « Welcome » ou d’un « Je vais bien ne t’en fais pas« , « Le fils de Jean » reste un très beau film que Lioret dirige avec sensibilité et drôlerie.

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Mathieu, trente-cinq ans, n’a jamais connu son père. Comme le lui a toujours dit sa mère, il est le fruit d’un coup d’un soir. Mathieu l’accepte et vit de manière plutôt simple, partagé entre son travail, son fils et l’écriture d’un roman qui traîne. Un matin qui ressemble à n’importe quel autre, Mathieu reçoit un coup de téléphone venant du Canada. À l’autre bout du fil, Pierre. L’homme que Mathieu ne connaît pas, lui apprend que son père est mort et qu’il lui a laissé un paquet. Dans la brève discussion, Mathieu apprend qu’il a deux frères. Le jeune homme décide donc de partir au Canada afin de voir ses frères, lui qui était jusque-là fils unique. Mais le souci, c’est que ni ses frères ni leur mère n’ont jamais entendu parler de Mathieu. Ce père qu’il n’a jamais connu n’a jamais évoqué un autre fils. Sur les conseils de Pierre qui était le meilleur ami de Jean, Mathieu décide de rencontrer ses frères, sans leur révéler qui il est.

Partir à la recherche de ses origines, voilà le thème du nouveau film de Philippe Lioret et avec « Le fils de Jean« , le réalisateur nous revient tout en finesse et en émotion.

Philippe Lioret a cette capacité de faire des films durs, au sujet sérieux, sans jamais tomber dans quelque chose de pathos ou de déprimant et avec « Le fils de Jean » le réalisateur nous démontre encore une fois toute la force de son cinéma. Ici, il offre à son personnage un voyage presque initiatique à la recherche de lui-même. On est touché par l’émotion et la force naturelle qui se dégage de ce film juste et humain. Avec ce film, Philippe Lioret ne fait pas de grandes déclarations, il ne tombe pas dans un film démonstratif et ne pousse pas ses émotions. Avec ce film, Philippe Lioret prend le temps de la réflexion, de la découverte, du mystère de l’être et de ce qu’il a envie. Le réalisateur prend le temps de découvrir ses personnages et le drame dont ils sont les victimes. « Le fils de Jean » est beau, juste et l’on se laisse totalement prendre par l’histoire et la recherche de Mathieu. Un peu comme lui, on a envie d’en savoir plus sur l’homme que pouvait être son père, ou encore qui sont ses frères. Un peu comme lui, on est surpris de la tournure que prend cette rencontre. Et comme lui, on est à l’affût de chaque réponse aux questions qu’il se pose.

La subtilité et la finesse du scénario s’exportent aussi sur la mise en scène de Philippe Lioret. Très bon rythme, « le fils de Jean » est un film apaisant. Chaque scène et chaque dialogue sont justes et vont à l’essentiel. Le réalisateur ne s’égare jamais, parsemant petit à petit ses éléments pour arriver à ce final bourré d’émotions. Bref, on est touché sans être bouleversé et l’on en ressort tranquille, conquis avec la sensation d’avoir vu l’un des plus beaux films de cette fin d’été.

« Le fils de Jean« , c’est aussi le charme et la beauté du Canada que Philippe Lioret filme discrètement, tout en l’imposant. Quand on regarde « Le fils de Jean« , on a des envies d’évasion. Philippe Lioret a vraiment réussi à capter le charme de ce pays, sans tomber dans le cliché.

Pour ce film, Philippe Lioret a choisi Pierre Deladonchamps pour incarner son Mathieu et l’acteur, qu’on avait déjà repéré dans « L’inconnu du lac » ou la série « Trepalium« , confirme tous les espoirs placés en lui. Avec le rôle de Mathieu, il trouve un personnage beau, simple et vrai. Pierre Deladonchamps l’incarne avec beaucoup de pudeur et c’est bien souvent par ses silences et ses regards que Mathieu est touchant. « Le fils de Jean« , c’est aussi un duo et en face de Pierre Deladonchamps, on trouve Gabriel Arcand, immense comédien canadien, grand homme de théâtre et rare sur les écrans. Gabriel Arcand trouve un rôle superbe, drôle et très attachant et c’est avec beaucoup de sourire qu’on suit le personnage de Pierre.

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Il aurait fallu patienter cinq années pour revoir un film de Philippe Lioret et franchement, si tous les retours pouvaient être aussi bons et beaux que ce « Le Fils de Jean« , ce serait génial. Certes, ce nouveau film n’est pas aussi puissant émotionnellement parlant qu’un « Je vais bien ne t’en fais pas » ou un « Welcome« , qui restent à ce jour les deux films les plus puissants de Lioret, mais ce « Le fils de Jean« , de par la pudeur de ses émotions, de par la beauté de son histoire et plus particulièrement de son dernier quart d’heure, vaut qu’on s’y arrête.

Note : 16/20

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Par Cinéted

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