Le Monstre de Londres

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Titre Original : Werewolf of London

De : Stuart Walker

Avec Henry Hull, Warner Oland, Valerie Hobson, Lester Matthews

Année: 1935

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Lors d’une expédition au Tibet, le docteur Glendon est attaqué dans le noir par une bête étrange. De retour à Londres, il se transforme les soirs de pleine lune en loup. Pour vaincre la malédiction, il se met à la recherche d’une fleur asiatique extrêmement rare.

Avis:

Les monstres au cinéma amènent de nombreuses réflexions dans divers domaines. Si l’étrange créature du lac noir permettait d’aborder des notions écologiques ou de critiquer une société basée sur le spectacle, le monstre de Frankenstein était plutôt une métaphore sur le complexe de Dieu et cette volonté de combattre la mort. Et chaque créature de la nuit apporte son lot de réflexion sur la condition humaine et permet d’étayer tous les vices de la nature humaine. Le Loup-Garou plus particulièrement puisqu’il part d’une malédiction, d’une affliction dont la victime souhaite se débarrasser. On a là un rapport fort avec la vie dite normale et ce rapport que l’on peut avoir face à l’inconnu et à sa nature bestiale. Si la bête a déjà été rencontrée dans divers films d’horreur mélangeant les monstres, peu de films dans les années 30/40 ont choisi de poursuivre les réflexions avec cette créature. C’est avec le Monstre de Londres que l’on va avoir droit à une suite, avec un acteur différent et un axe différent.

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Le film commence de manière originale dans les montagnes du Tibet où un botaniste recherche une plante rare qui ne pousse qu’au clair de lune. Il se fait alors agresser par une bête que l’on devinera être un loup-garou. A partir de là, le scientifique, riche et imbu de sa personne, va se rendre compte qu’il est devenu un loup-garou et que seule cette plante peut l’aider à redevenir normal. Ainsi donc, le métrage s’éloigne grandement de l’axe « malédiction » pour parvenir à quelque chose de plus terre à terre, de plus sensé d’un point de vue scientifique. Les croyances, les gitanes diseuses de bonne aventure, tout ça est poussé à l’extérieur et on n’en entend plus parler. Ce qui est dommage, car cela enlève une partie du mystère sur le loup-garou et le rend bien moins mystique, bien moins fort. Cependant, cela permet de s’orienter vers quelque chose de plus vraisemblable, voulant ancrer le personnage dans une réalité forte. Le problème, c’est que cette réalité s’est éloignée de la nôtre en 80 ans et certains moments demeurent assez ridicules, à l’image de cette plante qui mange de gros animaux et révulse tout le monde.

Fort heureusement, le film ne s’axe pas que sur ce point. L’infecté, personnage hautement détestable, aura de ce fait des problèmes pour garder son amour, qui se fait draguer par un autre homme. Ce triangle amoureux va permettre de rajouter de la tension à l’ensemble, le scientifique étant quelqu’un de jaloux et d’assez violent dans ses excès. Il est juste dommage que tout cela ait pris un petit coup de vieux dans sa trame, n’arrivant jamais à tenir le spectateur en haleine. Le film rajoute aussi un penchant pour le thriller, avec un homme mystérieux qui vient taquiner le protagoniste principal. Essayant vainement de rajouter du mystère pour faire monter la pression, le résultat tombe à plat à cause d’une prévisibilité évidente. Pour dire, à partir du moment à ce docteur étrange arrive, on connait déjà les tenants et les aboutissants de l’histoire gravitant autour de cette plante étrange. Bien évidemment, il faut recontextualiser le film dans son époque, et c’est d’ailleurs drôle de voir que cet axe sera le principal de She-Wolf of London, qui lui, occulte tout fantastique de son scénario.

Fort heureusement, le film se laisse suivre sans trop de malaise grâce à une réalisation assez propre de Stuart Walker. Loin d’égaler les classiques gothiques qui pullulent dans ce genre, le film possède quelques effets visuels sympathiques et une transformation plutôt réussie. Néanmoins, on regrettera fortement les faux raccords qui parcourent le métrage, comme la fameuse scène de la main qui se transforme à la lumière en gros plan mais qui redevient normale en plan large. Une faute étonnante pour un film de cette époque et qui est certainement voulue, mais qui reste étrange. Par contre, difficile de passer à côté de la prestation de Henry Hull, l’acteur étant habité par son personnage et ayant un physique assez atypique pour camper ce protagoniste détestable et obnubilé par sa recherche.

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Au final, Le Monstre de Londres de Stuart Walker n’est pas un mauvais film en soi, mais il reste assez anecdotique quand on le compare aux autres productions de chez Universal à cette époque-là. Préférant un axe moins fantastique que les autres films mettant en scène le loup-garou ainsi qu’un univers moins gothique, Le Monstre de Londres se fourvoie un petit peu et se trompe de chemin dans un schéma trop terre à terre pour le sujet. Néanmoins, le film possède des qualités indéniables et il montre à quel point les réflexions sont nombreuses en partant d’un seul monstre, renvoyant à notre façon de réagir face à l’inconnu.

Note: 12/20

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Par AqME

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