novembre 30, 2021

The Thing

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De : John Carpenter

Avec Kurt Russel, T.K Carter, Wilford Brimley

Année: 1982

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction/Horreur

Résumé:

D’étranges phénomènes se déroulent dans un camp norvégien, dans l’Antarctique.

Avis :

John Carpenter est devenu une légende vivante du cinéma fantastique et cela, personne ne peut le renier. Il faut dire que lorsque l’on jette un coup d’œil à sa filmographie, il y a de quoi être impressionné. Avec des films mythiques comme Christine, Halloween la nuit des masques, New York 1997, Fog, L’antre de la folie ou encore Vampires, il a su imposé sa patte et surtout tous les messages sous-jacents qu’il souhaitait faire passer. Il y avait un film au succès critique et mondial que je me devais de voir, c’était The Thing, et c’est maintenant chose faite. Avec le préquel sorti il y a peu de temps, je ne pouvais passer à coté de ce film qui allie avec maestria horreur, science-fiction et thriller. Alors ce film mérite-t-il son appellation de film culte ? Au regard d’aujourd‘hui, le film ne parait-il pas trop obsolète ? Les effets spéciaux tiennent-ils la route ? Autant de questions auxquelles je vais m’efforcer de donner des réponses.

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Rooooh, j’ai une putain de migraine !!

Le scénario de ce film est savamment abordé. Evitant les poncifs du genre dans la science-fiction, avec un méchant bonhomme vert qui va tout dézinguer sur son passage, Carpenter va préférer construire une créature symbiotique qui peut prendre le contrôle de ses hôtes, voir les déformer pour devenir plus agressive. De ce fait, il va créer une nouvelle peur, et surtout, il va instaurer un climat anxiogène au possible où tout un chacun peut être la bête, la chose. L’histoire se passe dans en Antarctique, des hommes d’origine norvégienne tentent d’abattre un chien qui se réfugie dans un camp Américain. Les norvégiens, hystériques, ne cherchent même pas à entamer le dialogue avec leurs homologues américains et ils vont se faire dézinguer. Malheureusement, le chien n’est pas la bête que les hommes croyaient et un mal inconnu se répand dans la base. Du coup, une enquête approfondie dans la base norvégienne s’impose et l’existence d’une créature parasite extraterrestre fait son chemin. J’en vois certains faire la fine bouche, disant qu’il s’agit encore d’extraterrestre, mais il faut surtout voir que nous sommes en 1982 et que pour cette époque, cette histoire reste inédite et vraiment brillante, se posant sur certaines méthodes de survie des insectes.

Bien évidemment, le père Carpenter aurait pu se contenter d’un monstre inhumain et de transformation hideuse, mais c’est sans compter sur une idée de génie, celle d’en faire un huis-clos étouffant dans une ambiance glaciale, isolée et masculine. Le film se déroulant en Antarctique, l’effet d’isolement et de renfermement est vraiment très fort. D’autant plus que seule la base devient un lieu de sécurité au milieu de toute cette glace et que finalement, avec la venue de cette créature, la sécurité devient totalement absente et le danger rode de partout. Mais si en plus la créature prend la possession des corps humains, alors le danger peut subvenir n’importe qui et la paranoïa n’est jamais très loin. Profitant de ce climax oppressant, Carpenter propose alors un jeu du chat et de la souris dans une base qui devient vite trop petite. Certains passages du film restaurent merveilleusement bien cette angoisse et cette peur de l’autre, comme le passage du test de sang, ou encore l’autopsie du corps d’un défunt. Encore une fois Carpenter aborde ses sujets favoris comme le conditionnement, et l’effet de masse avec nos hommes s’opposant à une force surnaturelle et très violente.

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Barbu, bouffeur de culs ! Qui a dit ça que je lui explose la tête !

La réussite du film vient aussi des acteurs et de leur personnage. Kurt Russel en tête, ils interprètent tous leur rôle avec une justesse bienvenue. De ce fait, on prend vraiment part à l’histoire et on rentre vraiment dedans, s’inquiétant pour chaque protagoniste. Ce qui est intéressant dans ce film, c’est qu’il n’y a aucune présence féminine, et de ce fait, on se retrouve dans un univers purement machiste où tout un chacun veut montrer son courage ou sa ténacité. Kurt Russel, barbu, hirsute et chevelu est le grand mâle dominant de cette meute, et c’est d’ailleurs le premier à sentir le vent tourner. Il s’impose à l’écran grâce à une prestance sans égale et à un charisme inné. Alors bien entendu, il n’est pas le seul à crever l’écran, car on peut voir d’autres acteurs moins connus, mais néanmoins excellent dans leur rôle. Il faut dire aussi que la bestiole parasite est aussi un acteur à part entière. Les différentes transformations donnent une entité propre à la créature et il faut dire qu’elle fout vraiment les chocottes. Monstruosité à part dans ce monde d’humain, elle arrive à transformer les corps pour rendre les humains aussi moches qu’elle. Et le réalisateur a su s’entourer des meilleurs maquillages pour faire un travail exceptionnel.

Les effets spéciaux du film sont très impressionnants pour l’époque. Il faut dire que je suis partisan des animatronics, des maquettes et autres effets de la belle époque. Mais Carpenter a véritablement un don pour choisir ses techniciens et autres plasticiens. Les différentes transformations des personnages sont absolument incroyables et carrément effrayantes. La première, celle du chien, est très gore, et donne l’impression de voir une sorte de pieuvre échouée en pleine terre, tentant vainement de retrouver du souffle. L’effet est saisissant et malgré le fait que tout cela soit en plastique, il reste un moment franchement glauque et poignant. Bien entendu, on ne peut passer à coté de la tête araignée, qui se détache doucement du corps, pour ramper puis se retransformer en un monstre encore plus effrayant. Tous ces effets gores possèdent un charme fou et rentrent très bien dans l’univers du métrage. La fin, nihiliste au possible, demeure un modèle de suspens et de gros monstre, avec une réelle maîtrise de la caméra et des effets spéciaux.

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Je ne sais pas ce que j’ai bu hier, mais j’ai encore la gueule de bois.

Au final, The Thing de Big John est un véritable chef d’œuvre du genre. Mélangeant habilement et subtilement les genres, il instaure en plus un climat oppressant, rajoutant la paranoïa à l’isolement, la peur et la crainte de l’inconnu. Servi par des acteurs talentueux dont un Kurt Russel au sommet et qui est la classe incarnée, et des effets spéciaux magnifiques, gores et foutrement bien distillés dans le film, The Thing s’installe, pour moi, comme une référence du genre. Bref, un film angoissant, surprenant et qui n’a pas pris une ride depuis maintenant 30 ans. Je ne peux que conseiller.

Note : 19/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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