octobre 25, 2021

Big K.R.I.T – Cadillactica

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Avis :

Le domaine du rap, comme beaucoup de domaines musicaux, est très riche en jeunes talents. Malheureusement, comme quasiment tout dans ce monde, le piston reste le meilleur moyen d’arriver à se faire remarquer et d’avoir un peu de notoriété. Ou alors, il faut avoir une particularité en plus du talent. Prenons, un exemple évident, Eminem. Il est un cas à part puisqu’en plus de son talent, il est l’un des seuls blancs à faire du rap. Pour Big K.R.I.T, c’est un peu plus compliqué. Il commence sa carrière en 2005, en proposant plusieurs mixtapes afin de se faire connaître. Le chemin est long, mais il suffit par se faire reconnaître par le producteur d’une célèbre maison de disque de rap aux Etats-Unis. Il signe directement pour un album et il se fait repérer par deux rappeurs très connus que sont Curren$y et Wiz Khalifa. Il sort alors un album en 2012, qui reste très discret dans nos contrées, voire carrément invisible. C’est en novembre 2014 que sort son deuxième effort, Cadillactica, riche de dix-huit pièces et avec une pochette à la limite du mauvais gout. Mais que ce cache-t-il derrière tout ça ? Bon rap ou énième jeune garçon issu des rues qui tente sa chance de gagner le jackpot ?

Comme dans tout album, il y a à boire et à manger dans ce skeud, mais dans son ensemble, on aura droit à quelque chose d’assez convenable et qui essaye de brasser plusieurs genres tout en restant fidèle au rap. Mais commençons par le plus mauvais pour aller ensuite vers les plus belles surprises. Le début du skeud n’est pas hyper convaincant. Il faut dire que les quatre premiers titres se ressemblent et ne sont pas au top, même pour du rap. Abordant une instrumentalisation électro à base de gros sample de boîte à rythmes, des titres comme Life ou Cadillactica ne décollent pas et restent sur la même longueur d’onde. C’est assez ennuyeux et surtout ne présente pas une once d’originalité qui pourrait faire sortir Big K.R.I.T de l’anonymat dans d’autres pays que les Etats-Unis. En plus de cela, essayant de toucher à d’autres genres, on aura droit à des morceaux R n’B qui plus mauvais gout. On trouve cela plutôt en deuxième partie après une Interlude inutile pour nous autres francophones. Do you Love Me, Third Eye ou encore Angels sont des titres communs, mous et relativement ennuyants. On sent même un certain retour en arrière mais sans apporter quelque chose de neuf. On pourrait presque dire que ces titres sentent un peu la naphtaline et c’est presque rétrograde de proposer cela. Pay Attention aura aussi la palme du titre le plus kitsch, avec sa voix aigu, essayant de faire le Usher du pauvre en manque de jeunes donzelles à faire sursauter sur ses cuisses.

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Mais en dehors de cela, certains titres sauvent complètement l’album du naufrage artistique. Certains titres relèvent d’une instrumentalisation intéressante, à l’image de Soul Food qui fait appel à de vrais instruments, notamment une jolie guitare et un petit piano pas dégueulasse, donnant un peu de nouveauté. Surtout que le style de ce morceau se rapproche de ce que pourrait faire un Snoop Dogg et c’est plutôt pas mal. Mind Control est aussi un titre intéressant, car si les couplets sont classiques au rap avec de l’électro derrière, le refrain est assez entêtant et il y a une recherche dans le chant qui n’est plus rappé et qui fait même appel à une guitare électrique, assez discrète, certes, mais qui est présente. Mo Better Cool est aussi intéressante puisqu’elle met en avance une trompette et fut écrite par Barry White, ce qui donne un certain cachet au morceau. Enfin, on peut citer l’excellent morceau Saturday = Celebration, un morceau surprenant, d’une grande force et d’une grande finesse. L’intro au piano est purement badass avec un chanteur à la voix cassée juste parfaite. Le plus surprenant, c’est que le rap par-dessus la ligne de basse et le piano est juste excellent et on est face à un titre vivant et très intéressant. Le meilleur titre de l’album qui aurait sa place dans plusieurs séries à l’univers rock ou bien marqué comme un western ou les Sons of Anarchy par exemple.

Au final, Cadillactica, le dernier album de Big K.R.I.T est assez intéressant même s’il reste inégal et avec pas mal de morceaux bien trop classiques dans le milieu du rap. On notera toutefois une belle recherche dans certaines instrumentalisations et un morceau vraiment d’excellente facture (Saturday = Celebration) qui montre tout le talent du jeune rappeur. Maintenant, le plus difficile reste à faire, s’affranchir de ses modèles et de ses aînés et non moins amis.

  1. Kreation (Intro)
  2. Life
  3. My Sub Pt. 3 (Big Bang)
  4. Cadillactica
  5. Soul Food
  6. Pay Attention
  7. King of the South
  8. Mind Control
  9. Standby (Interlude)
  10. Do You Love Me
  11. Third Eye
  12. Mo Better Cool
  13. Angels
  14. Saturday = Celebration
  15. Lost Generation
  16. Olympus
  17. Lac Lac
  18. Let it Show

Note: 12/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=oLJlfwZ-xZ8[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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