mai 31, 2026

Mansvara – Sable Odes to Nihility

Avis :

S’il y a bien un genre de niche dans le métal, c’est Death/Black, un mélange de deux des genres les plus extrêmes qui soit. Forcément, quand un groupe embrasse ce genre de musique, il doit batailler ferme et trouver des labels spécialisés s’il veut commencer à se faire connaître. Et visiblement, les choses sont allées très vite pour Mansvara. Groupe polonais qui se fonde en 2025 autour de membres de divers autres groupes (Horda, Asperatus ou encore Void Spectrum), c’est l’année d’après que sort un premier single, Consigned Doom, puis dans la foulée, un premier album, Sable Odes to Nihility, qui sortira sur la maison de disques polonaise Godz ov War Productions, un label spécialisé dans les musiques extrêmes avec un gros rooster de près de 90 groupes. Et forcément, un « succès » aussi fulgurant, ça intrigue et ça interpelle. En gros, est-ce si bon que ça ?

Alors la première chose qu’il faut garder en tête, c’est que c’est un premier album. Même si chaque membre fait ou a fait partie d’autres groupes, Mansvara est une jeune formation. De ce fait, on va ressentir une certaine fraîcheur dans certains titres, avec parfois un peu de redondance. En allant dans le Black/Death, on ressent quelques redondances sur certains moments, avec des mélodies qui peuvent se ressembler. En soi, ce n’est pas très grave si c’est bon, et si on a tout de même quelques nappes en plus, ce qui sera pleinement le cas ici. Le groupe ne pêche pas par orgueil, et délivre une galette assez courte qui dépasse les trente-sept minutes avec seulement huit morceaux, mais cela permet d’en apprécier davantage et de prolonger les écoutes, afin de bien discerner les nuances de chaque titre. Et tout commence avec Deathsentence.

D’entrée de jeu, le ton est donné. Un gros riff virulent entame les hostilités, et on va rapidement avoir un rythme très soutenu porté par un chant growlé puissant et amplement maîtrisé. Dès le début, on voit que l’on n’a pas à faire avec des manches, et que tout un chacun maîtrise parfaitement son art. Le morceau lorgne presque vers le deathcore sur certaines textures, et le mélange des genres fonctionne bien. Néanmoins, on sent qu’il manque quelques variations pour apporter une touche supplémentaire. Ce qu’amènera Dissonant Elegance avec son introduction assez douce, qui donnera alors plus de puissance au chant. Le rythme est ici relativement lent, avec une ambiance lourde et sombre. Bien évidemment, les choses s’emballent assez vite, allant jusqu’au Black, avec quelques blasts à la batterie qui vont permettre au groupe de jouer sur les tempos et d’apporter les textures qui manquaient au premier titre.

Avec Lingering Void’s Echo, le groupe propose un titre plus long et plus travaillé dans son ambiance. Point de chant clair (en même temps, c’est rare sur du Black/Death), mais une mélodie entêtante à la guitare, qui survient en arrière-plan et qui délivre une ambiance très particulière, à la fois planante et délétère. C’est avec des titres comme cela que l’on entend que le groupe est formé par des musiciens émérites qui ont de la bouteille. Puis Obsidianize va venir nous secouer un peu. Le morceau dépasse à peine les trois minutes et ne tergiverse pas. On va en prendre plein les tympans et on va découvrir que le groupe est capable de fournir des titres courts mais intenses, mais qui derrière leur violence apparente, cache aussi quelques sensibilités. Un morceau sauvage mais pas dénué de nuances. Puis Grief Doctrine déboule alors, avec calme et sérénité.

Cependant, on entend déjà la pression monter délicatement. La basse vient claquer quelques arpèges permettant alors de lancer le titre qui épouse pleinement ses racines Death. On aura même droit ici à un pont posé et délicat, qui donnera alors plus de puissance à un final épique et dantesque. Consigned Doom arrive alors avec ses pas patauds, démarrant comme un vieux Doom des familles, mais rapidement, le côté Death prend le pli, avec un tempo qui s’accélère, tout en gardant une mélodie forte et prégnante. Ephemeral Winds fera un peu dans la redondance. Le rythme aérien à la gratte sent un peu le déjà-entendu et les accélérations font clairement penser à des titres précédents. Enfin, Sable Ode to Nihility est un morceau complet, dont on appréciera le travail à la batterie dans l’introduction. Un titre synthèse aussi puissant que grisant, qui donne envie d’une nouvelle écoute.

Au final, Sable Odes to Nihility, le premier album de Mansvara, est une belle réussite en son genre. Si on reste dans un mélange épuré entre Death et Black, les polonais font montre d’un savoir-faire pertinent et ne se laissent pas submerger par une envie de trop-plein. L’album est équilibré comme il faut, et même si on peut ressentir quelques redondances dans les mélodies, il y a suffisamment de variations pour ne pas susciter le moindre ennui. En gros, il s’agit d’un groupe à suivre de très près.

  • Deathsentence
  • Dissonant Elegance
  • Lingering Void’s Echo
  • Obsidianize
  • Grief Doctrine
  • Consigned Doom
  • Ephemeral Winds
  • Sable Ode to Nihility

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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