octobre 21, 2021

Overland – Contagious

Avis :

Le hard rock, tout comme le métal, est perclus de sous-genre qui font les beaux jours des fans et donnent un peu de variation dans un monde régi par les riffs rapides et parfois agressifs. Ainsi, le Hard FM est un genre à part, puisqu’il associe des éléments du hard rock avec des moments plus pop afin de faciliter un accès à la radio, d’où son nom. Steve Overland est un spécialiste du genre. En effet, auteur, compositeur, interprète et guitariste, il commence sa carrière dans les années 80 avant de connaître le succès avec son groupe FM, qui continue aujourd’hui de tourner et d’enregistrer. Cependant, il semblerait que le guitariste britannique ait aussi envie d’autre chose, comme d’avoir son propre groupe, à son nom. C’est comme ceci qu’est né Overland, un groupe dans lequel il est le seul membre permanent, s’amusant à changer les artistes avec lesquels il collabore. Peu connu en France, voire pas du tout, Contagious est pourtant le quatrième album de l’artiste, succédant à Epic, sorti deux ans plus tôt. Très ciblé Hard FM, cet album est assez étrange dans son genre, car s’il y bien des assertions hard à l’intérieur, on retiendra surtout le côté clavier et pop qui en surgit, donnant à cet album un aspect assez décevant, voire anecdotique.

Le skeud commence avec Doctor my Heart et on pourrait croire aux premières notes que l’on est dans un album de blues rock. Si techniquement c’est assez irréprochable, on reste dans un registre très structuré et qui s’éloigne vraiment des poncifs du hard pour se rapprocher du blues rock des années 80. Et c’est là le principal reproche que l’on peut faire à l’album, on a la sensation qu’il a des années de retard. Edge of the Universe, outre ses paroles mièvres, ressemble à un titre de Bon Jovi des années 90 et ne recèle rien de bien intéressant hormis un clavier omniprésent et un staccato de grattes assez pénible et surtout sans saveur. On passera aussi sur Every Lonely Night, qui ressemble à un générique de soap movie ou à un générique de série américaine, tout comme Wildest Dreams qui demeure calibré pour plaire à un public pas trop regardant sur la variation des titres et voulant écouter quelque chose d’enjoué, un peu comme on regarde un feel good movie. Seulement, si sur l’instant ça peut paraître sympathique, à la longue, sur plus de dix pistes, cela commence à devenir redondant, voire carrément pénible. Et c’est là le principal reproche de cet album, c’est que finalement, c’est toujours la même chose et si techniquement, les solos de grattes sont bons, l’album, dans sa globalité, n’est pas engageant et se révèle bien trop radiophonique pour complètement plaire.

Non pas que l’album soit mauvais, loin de moi cette idée, on retrouvera d’ailleurs des pistes plus intéressantes que d’autres, mais c’est la déception qui prime et pour trouver quelque chose de plus réjouissant, il faut creuser. Intoxicated se révèle assez plaisante, notamment grâce à son intro très hard rock grisante avec des riffs plus appuyés et une rythmique plus rapide et donc plus saisissante. Pocketful of Dreams est aussi un titre qui est un poil plus marquant que les autres morceaux grâce à sa rythmique bluesy et à des riffs, encore une fois, plus appuyés et donc plus marquants. Making Miracles, qui a beau être une ballade, se révèle aussi assez plaisante grâce à son rythme scandé qui fait de suite référence au bluesman des années 60/70. Néanmoins, cela reste bien pauvre par rapport à tout le reste et surtout à la voix du chanteur. Non pas qu’il chante mal, mais on sent une limite dès qu’il faille monter dans les tons. Ainsi donc, on sent que Steve Overland se restreint à un chant plutôt monocorde avec quelques piques de temps à autre pour marquer son genre, mais il reste loin des standards du genre et c’est dommage. Il n’y aura pas d’envolées lyriques et cela est dommageable sur un titre comme Back Where I Belong où le rythme est rapide et n’est pas accompagné de moments chantés plus percutants ou plus envoûtants.

Au final, Contagious, le quatrième et dernier album en date d’Overland, est une petite déception car il ne sort jamais de sa zone de confort de Hard Rock FM pour les ondes radios. Il en résulte donc un album qui n’est pas forcément déplaisant, mais qui manque de mordant et de prise de risque, se contentant du minimum syndical pour s’assurer le soutien des fans. Bref, un album qui n’est pas indispensable.

  1. Doctor my Heart
  2. Easy on Me
  3. Edge of the Universe
  4. Every Lonely Night
  5. Wildest Dreams
  6. Intoxicated
  7. Define Our Love
  8. Pocketful of Dreams
  9. Making Miracles
  10. Back Where I Belong
  11. Unforgiving World
  12. Shame on You

Note : 10/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=Six1qL5s0dI[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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