avril 9, 2026

L’Ultime Héritier – Glen the Criminal

Titre Original : How to Make a Killing

De : John Patton Ford

Avec Glen Powell, Magaret Qualley, Jessica Henwick, Ed Harris

Année : 2026

Pays : Angleterre, Etats-Unis, France

Genre : Comédie, Thriller

Résumé :

Becket Redfellow n’a qu’une obsession : se venger de la famille richissime qui a renié sa mère, coupable d’être tombée enceinte trop jeune… et surtout d’un homme beaucoup trop fauché pour eux ! À la mort de sa mère, Becket décide d’exécuter son souhait : récupérer l’héritage qu’il estime lui revenir. Le problème ? Sept membres de la famille se dressent entre lui et cette fortune. Qu’à cela ne tienne : pour mener à bien son projet, Becket est prêt à les éliminer un par un… jusqu’au dernier.

Avis :

John Patton Ford est un réalisateur américain qui s’est fait remarquer avec “Emily criminelle malgré elle”, un premier film plutôt efficace, porté par un vrai regard sur ses personnages. Un cinéma assez simple dans la forme, mais qui repose beaucoup sur l’écriture et les trajectoires humaines. Avec ce deuxième film, il change un peu de terrain, en allant vers quelque chose de plus ludique sur le papier… mais en gardant cette idée de suivre un personnage qui bascule.

Le premier film de John Patton Ford, “Emily criminelle malgré elle”, m’avait plutôt plu, alors quand j’ai vu que le metteur en scène avait fait un deuxième film, j’étais curieux. Adaptation très libre d’un roman de Roy Horniman, et remake d’un film de 1949, “L’ultime héritier” est un film qui est plaisant à suivre, même s’il ne restera pas dans les mémoires, car au bout du compte, il se fait bien moins fun que prévu et bien trop sage pour pleinement marquer.

« “L’ultime héritier” repose sur une très bonne idée autour de la vengeance »

Beckett est un homme qu’on a effacé. Rejeté par une famille riche qui n’a jamais voulu de lui, il a grandi loin de tout, sans héritage, sans reconnaissance. Jusqu’au jour où il comprend qu’il est, malgré tout, lié à cette dynastie. Et qu’il pourrait bien en être l’unique héritier… à condition que certains obstacles disparaissent. Ce qui commence comme une revanche va alors se transformer en une série de décisions de plus en plus sombres. Et Beckett, lui, va devoir apprendre. Apprendre à mentir, à manipuler… et surtout à tuer.

Écrit par John Patton Ford, “L’ultime héritier” repose sur une très bonne idée autour de la vengeance. Un homme qu’on a privé de tout, rejeté pour le simple fait d’être né, face à une famille riche qui n’a jamais voulu de lui… forcément, ça intrigue. Et le début du film fonctionne plutôt bien. Il y a de l’intrigue, du cynisme, des personnages qui attirent l’attention, et surtout cette idée d’un homme qui va devenir meurtrier presque malgré lui. On suit ses premiers pas, ses hésitations, cette bascule qui pourrait être vraiment passionnante à explorer. Ce début n’est que promesses. La promesse de quelque chose de piquant, de cruel, de tragique aussi, et ça, ça donne envie de voir jusqu’où le film va aller.

Mais très vite, après les deux premiers meurtres, l’ambiance retombe. Le film accélère là où il aurait dû prendre son temps. Les événements s’enchaînent trop vite, sans vraiment laisser respirer les situations ni les personnages. Et surtout, il ne prend pas le temps de présenter correctement les membres de cette famille qui sont pourtant au cœur de l’histoire. Ils sont là uniquement pour disparaître aussitôt. Du coup, il n’y a pas vraiment d’enjeu émotionnel. On se fout de ce qui peut leur arriver, ce qui enlève toute forme de tension.

« il y a un manque évident de suspense qui s’installe »

Avec ça, il y a un manque évident de suspense qui s’installe. Très vite, on comprend comment les choses vont se dérouler, et le film ne cherche jamais vraiment à surprendre. Tout est assez prévisible, attendu, et c’est dommage, parce que l’idée de départ et le fil rouge avaient vraiment de quoi proposer quelque chose de plus mordant, de fun. Là, on suit, ça se regarde gentiment, mais il n’y a jamais ce moment où on est pris à contre-pied. On sait ce qui va arriver, et presque comment ça va arriver. Dommage.

Du côté de la mise en scène, c’est un peu le même constat. C’est propre, le rythme est bon, ça passe vite, mais ça reste très plat. Il n’y a pas de vrai caractère, pas de moment qui marque, pas de scène qui sort du lot. Et surtout, il manque le fun annoncé. On attendait quelque chose de plus piquant, plus cynique, plus joueur, mais tout ça reste en retrait, comme si le film n’osait jamais vraiment aller au bout de son idée. Comme si une barrière s’était mise en travers de son chemin, et qu’elle était infranchissable.

Côté casting, c’est aussi assez inégal. Glen Powell est vraiment solide dans le rôle de Beckett. Il apporte une vraie présence, une évolution crédible, et c’est clairement lui qui tient le film. Mais autour de lui, c’est plus compliqué. Margaret Qualley a un personnage assez cliché, qui manque un peu de relief. On peut même se demander, à un moment, ce qu’elle fait ici. Et les différentes victimes ne sont là que pour remplir une fonction, c’est-à-dire… mourir. Même Ed Harris, pourtant mis en avant, apparaît très peu, ce qui laisse un petit goût de frustration évident.

Reste seulement le final, qui pour le coup se démarque du reste, comme si John Patton Ford s’était dit : “on va faire un final avec un goût amer et ça marquera”. Alors oui, mais non…

Au final, “L’ultime héritier” est un film qui se regarde sans problème. Il a une bonne idée de départ, un acteur principal solide, quelques moments intéressants, mais il manque clairement de mordant. En restant trop sage, il passe à côté de ce qu’il aurait pu être. Un film plus piquant, plus cruel, plus marquant. Là, on est sur quelque chose de sympathique, qui fonctionne sur le moment, mais qui ne laisse pas une grande trace une fois la séance terminée.

Note : 11/20

Par Cinéted

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