
Avis :
Certains groupes ont des trajectoires assez compliquées, notamment avec le départ de plusieurs membres, et l’arrivée de nouveaux, créant sans cesse un turn-over qui peut devenir agaçant. Monstrosity en est l’exemple même. Le groupe se forme en 1990 autour de plusieurs musiciens qui jouaient déjà pour d’autres groupes. On y retrouve Lee Harrison, qui était batteur pour Malevolent Creation, Mark Van Erp qui fut bassiste pour Cynic, George Fisher, qui va alors partir rejoindre Cannibal Corpse après chanter pour le deuxième album de Monstrosity, ou encore Jason Avery, chanteur de Eulogy. A ce jour, Monstrosity ne compte plus que deux membres d’origine, son batteur et son bassiste, et pour ce nouvel album, ils ont recruté un nouveau guitariste en la présence de Justin Walker, et un nouveau chanteur avec Ed Webb. Screams From Beneath the Surface est seulement leur septième album. Pourquoi ?
Outre les changements de line-up incessants, qui peuvent jouer sur la régularité de sortie, on remarquera que le groupe va faire une grande pause entre le cinquième et le sixième album. En effet, il faudra attendre onze ans pour voir débouler un nouvel opus, sans forcément de raison valable. Les dernières recrues arrivant entre 2021 et 2022, on ne peut remettre la faute sur les changements de membres, et visiblement, les informations sont compliquées à trouver sur le net. Mais qu’importe, on ne peut que se réjouir du regain de vitalité de la formation américaine qui balance un nouvel album solide, qui ne réinvente en rien le Death Métal, mais qui fait plaisir à entendre. Néanmoins, le premier titre sait se faire surprenant, notamment dans ses sonorités et sa structure, simple, mais qui détient quelques jolis moments de bravoure et une belle technique, avec des solos de maboul.
De plus, le refrain est assez facilement mémorisable, ce qui fait que le titre est accessible et porté par pas mal de nuances. Oui, on est sur du Death de sauvage, mais on n’est pas forcément sur quelque chose de monolithique. Cependant, par la suite, Monstrosity va être fidèle à l’image que l’on peut se faire du Death à tendance old school. Car même si on retrouve de nombreux solos et une technique de dingue, on se dirige vers des morceaux qui ressemblent à de vrais blocs de parpaing. Blood Works en est un exemple flagrant. Le groupe envoie un titre court, concis, qui ne fait pas dans la dentelle, et ne propose aucune variation de rythme. La batterie blaste, le guitariste fait des solos toutes les deux secondes, et le chanteur growle comme un bourrin. Bref, un morceau qui renoue avec une vision classique du Death.

Fortunes Engraved in Blood sera plus ou moins du même acabit. Le titre dure un peu plus de trois minutes, les riffs sont agressifs, la rythmique est rapide, et globalement, on va droit au but. Alors oui, tout cela manque cruellement d’une réelle prise de risque, mais on reste dans ce que le groupe fait de mieux. Spiral sera un morceau un peu plus convaincant, car malgré sa virulence, notamment au chant, on fait face à un morceau qui possède des nuances et joue avec ses rythmiques. The Atrophied est clairement un morceau qui n’est là que pour taper fort, et il y arrive bien. Si on n’est pas sur le morceau du siècle, cela reste un morceau convenable, et les fans hardcore de Death s’y retrouveront certainement. Quant à The Colossal Rage, il n’est guère étonnant que le groupe ait choisi ce titre pour faire vendre leur album.
Le morceau est court, percutant, et il démontre une certaine facilité avec des structures lisibles, malgré un chant qui n’est pas destiné à tout le monde. La plus grande surprise viendra de The Dark Aura, un morceau lent, presque Doom dans l’âme, qui démontre que Monstrosity peut tout jouer. Certes, le chanteur semble très monolithique, mais l’ambiance sombre et lourde contribue à donner une véritable identité au morceau. Et un peu de changement, ça fait clairement du bien. The Thorns est aussi un titre très agréable, qui va proposer une véritable introduction, qui pourrait presque évoquer un morceau de Death Métal Mélodique. Vapors revient néanmoins à quelque chose de plus brutal et sans concession, avant de clôturer avec Veil of Disillusion, un dernier baroud d’honneur pour montrer que le Death old school n’est pas mort.
Au final, Screams From Beneath the Surface, le dernier album en date de Monstrosity, qui fait honneur à un nouveau guitariste et un nouveau chanteur, est plutôt une bonne surprise. Certes, les américains ne réinventent en rien le Death métal, et ils ont plutôt tendance à se reposer sur leurs lauriers, mais c’est tellement bien fichu, avec une telle ferveur, que l’on se laisse prendre au jeu. Bref, en plus de trente de carrière, et seulement sept albums, le groupe se montre en bonne forme, et plutôt confiant en l’avenir.
- Banished to the Skies
- The Colossal Rage
- The Atrophied
- Spiral
- Frotunes Engraved in Blood
- Vapors
- The Thorns
- Blood Work
- The Dark Aura
- Veil of Disillusion
Note : 14/20
Par AqME
