mars 24, 2026

Ceux qui Comptent – Rencontre Improbable pour Film Lumineux

De : Jean-Baptiste Leonetti

Avec Sandrine Kiberlain, Pierre Lottin, Louise Labèque, Alexis Rosenstiehl

Année : 2026

Pays : France

Genre : Drame, Comédie

Résumé :

Rose et Jean n’ont rien en commun. Rose est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés. C’est temporaire. Jean est un homme solitaire et taciturne qui a fini par enfouir son grand cœur sous des couches de pudeur et de résignation. Quand il arrive malgré lui dans cette famille hors norme, il va très vite devenir indispensable. Qu’attendaient-ils avant de se rencontrer ? Sans doute plus rien. Et pourtant, ensemble, tout va devenir possible.

Avis :

Jean-Baptiste Leonetti est un réalisateur et scénariste français qui s’est fait remarquer avec un cinéma assez discret, souvent centré sur des personnages en marge de la société. Il débute avec “Carré blanc” en 2011, un film assez sombre et dystopique qui avait déjà cette envie de parler d’humain avant tout. Par la suite, il s’ouvre à un cinéma un peu plus accessible, tout en gardant ce goût pour les trajectoires cabossées et les rencontres qui changent une vie. Avec “Ceux qui comptent”, il continue dans cette veine, mais en y injectant beaucoup plus de lumière et même une vraie envie de comédie.

Franchement… je ne le sentais pas du tout ce film. Une comédie avec une affiche toute blanche, en général, ça ne sent pas très bon. Et pourtant… je me suis complètement trompé. Parce que “Ceux qui comptent”, ce n’est pas vraiment une comédie pure. C’est une comédie dramatique, un peu déjantée, mais surtout très lumineuse. Une comédie qui se fait douce et amère en même temps. Et surtout, c’est un film qui tient énormément grâce à son duo d’acteurs, totalement au diapason et qu’on adore suivre d’un bout à l’autre.

« Le film fonctionne très bien dans son écriture »

Un homme un peu paumé, taciturne et libre, qui a juste envie qu’on lui foute la paix… croise la route d’une femme excentrique qui ne cesse de parler encore et encore et encore. Rose et Jean n’ont absolument rien à faire ensemble et pourtant, de galère en galère, de situations improbables en moments suspendus, ils vont apprendre à se connaître et se comprendre. Et cette rencontre dans ce supermarché va alors transformer leur vie, devenant une rencontre importante. Une rencontre de celles qui comptent.

Ce que j’ai vraiment aimé avec “Ceux qui comptent”, c’est cette idée simple : une rencontre improbable qui va tout changer. Dès le début, le film annonce la couleur avec un personnage très haut en couleur justement. Un personnage qui débarque avec son grain de folie. On sent tout de suite que celui incarné par la géniale Sandrine Kiberlain va être bien plus qu’un amas de couleurs. Elle parle tout le temps, elle est fatigante, elle juge, elle est déconnectée de la réalité, mais il y a quelque chose qui fait que dès la première image, elle accroche.

En face d’elle, il y a cette rencontre avec ce personnage qui parle très peu. Qui fuit les gens. Qui n’a qu’une envie, c’est qu’on lui foute la paix. Un personnage qui pourrait presque en être désagréable et pourtant, on devine très vite que derrière le taiseux, il y a plus. Le film fonctionne très bien dans son écriture. Ces deux personnages qui n’ont rien à faire ensemble ne cessent de nous donner envie de les suivre. Ce film, c’est un pile ou face. Un yin et yang, qui se complètent très bien.

« “Ceux qui comptent”, c’est un film sur des gens abîmés

Avec ça, le scénario est fin. Il fait passer ses personnages de galère en galère sans jamais en faire de trop. Alors parfois, il va oublier un ou deux éléments au passage, comme l’assistance sociale, mais dans son ensemble, ça reste plaisant, amusant et touchant à suivre. Jean-Baptiste Leonetti laisse les situations exister, respirer, évoluer au fil des dialogues, là encore à l’opposé les uns des autres. Les personnages étant totalement différents, ça marche aussi de ce côté-là, avec d’un côté une qui ne s’économise pas et de l’autre, un qui ne dit presque rien. On attendrait presque chaque scène avec envie, histoire de voir jusqu’où ils vont aller.

Ces situations donnent beaucoup de comédie au film. On rit, vraiment. Et derrière ça, quand l’intrigue change de voie, elle sait se faire touchante, à notre plus grande surprise. Oui, parce que derrière les situations parfois un peu absurdes, un peu décalées, il y a toujours une vraie émotion. Le film arrive à mélanger les deux sans jamais tomber dans le lourd. Et ça, ce n’est pas si évident.

C’est vrai qu’on voit parfois venir certaines choses et parfois, c’est peut-être un peu cliché sur là où ça va. Mais en fait… c’est aussi ça qui fait la beauté du film. Le réalisateur n’a pas peur du cliché, car il sait bien l’utiliser. “Ceux qui comptent”, c’est un film sur des gens abîmés. Le film parle de ces rencontres improbables qui deviennent essentielles. De ces gens qu’on n’attend pas et qui finissent par compter plus que prévu. Et c’est de là que naissent toute la lumière et la douceur qu’offre “Ceux qui comptent”. Et franchement, ça fait du bien.

« on se fiche un peu que le film de Jean-Baptiste Leonetti soit académique »

Après, si on doit chipoter un peu, on peut dire que la mise en scène reste assez simple. Jean-Baptiste Leonetti ne prend pas énormément de risques visuellement. C’est propre, très lisse, même quand il fait dans la comédie. Mais l’ensemble fonctionne car il ne cherche pas à en faire trop. Il veut rester simple, à l’image de ses personnages. Puis derrière ça, le duo fonctionne tellement bien, tout comme cette histoire se fait touchante, qu’on se fiche un peu que le film de Jean-Baptiste Leonetti soit académique. D’ailleurs, quand on parle des acteurs, Kiberlain et Lottin sont très bien accompagnés par trois enfants/ados dont les acteurs sont pleins de talent.

Après, petit bémol : le fils aîné. Là, j’avoue, j’ai un peu de mal. Le personnage est franchement agaçant, limite insupportable par moments. Le genre d’ado tête à claques qui ne s’arrête jamais, ce qui fait qu’il est aussi épuisant que sa mère, mais pas dans le même sens malheureusement. C’est peut-être le seul vrai point négatif du film. À noter aussi une très jolie bande originale, avec pas mal d’harmonica, co-joué avec Pierre Lottin. Et ça apporte une vraie identité au film, une petite couleur en plus qui colle parfaitement à l’ambiance.

Au bout du compte, “Ceux qui comptent”, c’est une très belle surprise. Un film que je n’avais pas vu venir du tout… et qui m’a vraiment touché. Ce n’est peut-être pas le film le plus spectaculaire, ni le plus original de ce début d’année, mais il a un truc. Une sincérité. Une chaleur. Une lumière. Et surtout, il a ce duo de personnages qui fait beaucoup. Et ça, ça fait du bien. Bref, “Ceux qui comptent”, c’est le petit coup de cœur inattendu de ce mois de mars 2026.

Note : 15/20

Par Cinéted

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