mars 23, 2026

L’Infiltrée – La Plantade d’Ahmed Sylla

De : Ahmed Sylla

Avec Ahmed Sylla, Michèle Laroque, Kaaris, Sandra Parfait

Année : 2026

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Quand un fonctionnaire de police maladroit se voit confier une mission d’infiltration ultra-sensible, il ne s’attend pas à devoir se transformer en femme pour approcher un terrible gang de guerrières dirigé par le redoutable “Tonton”. Maxime rêvait de devenir agent infiltré…Lupita va réaliser son rêve !

Avis :

Ahmed Sylla est un humoriste, acteur et scénariste français né en 1990. Il se fait d’abord connaître au début des années 2010 grâce au stand-up et à ses passages dans l’émission “On n’demande qu’à en rire”, où son énergie et son sens de l’improvisation attirent rapidement l’attention. Par la suite, il développe sa carrière sur scène avec plusieurs spectacles à succès, tout en s’imposant progressivement au cinéma. On le retrouve dans des comédies populaires comme l’excellent “L’Ascension”, inspiré d’une histoire vraie, ou encore le pas très aimé (et pourtant moi j’aime beaucoup) “Inséparables”. Au fil des années, Ahmed Sylla s’est construit une place assez particulière dans la comédie française. Il y a chez lui quelque chose de très spontané, une énergie communicative et surtout une envie de divertir qui fait souvent plaisir à voir. Puis le mec a toujours le sourire.

C’est aussi pour ça que j’étais plutôt curieux de découvrir “L’infiltrée”. Même si les premières critiques n’étaient franchement pas très bonnes, j’avais envie de voir ce qu’Ahmed Sylla avait dans la tête. Parfois les critiques se plantent et bien souvent, je suis à l’opposé avec eux. Alors oui… mais non. Vraiment non. Cette fois-ci… ça ne l’a pas fait et je me suis rangé du côté de beaucoup d’autres. Sur le papier, l’idée n’était pas mauvaise. Une comédie d’infiltration, avec un humour basé sur les situations, les malentendus, les identités qui se croisent… et Ahmed qui se voit déguisé en femme… C’est un terrain de jeu qui se fait tentant. Le problème, c’est que pour une comédie, ce n’est franchement pas drôle, en plus de manquer de cinéma.

« “L’infiltrée”, ce n’est pas très drôle »

Maxime rêve d’être un agent infiltré. Il passe les concours, mais ça ne donne jamais rien. Puis un matin, par un malheureux concours de circonstances, il se voit confier une mission. Une mission où Maxime devra prendre les traits de Lupita…

Bon… on ne va pas tourner autour du pot très longtemps : “L’infiltrée”, ce n’est pas très drôle. Alors oui, il y a bien deux ou trois moments qui se font amusants, notamment avec certains quiproquos et une ou deux répliques bien trouvées. Par moments Ahmed Sylla et Sandra Parfait arrivent à faire fonctionner une scène, car “elles” ne cessent de se dévisager. Mais voilà, hormis ceci, globalement… c’est lourd. Très lourd même.

Et surtout on sent que le film veut absolument être drôle. Chaque scène semble construite pour amener une blague, un gag, un truc décalé… sauf que la plupart du temps, ça ne marche pas. On voit les gags arriver de très loin et quand ils arrivent enfin, ça tombe complètement à plat, car ça en fait de trop et surtout ça le fait sans rythme. C’est un peu ça le problème du film : il force. Il force l’humour, il force les situations, et du coup ça ne prend jamais vraiment. Tout est trop factice. À force de grossir le trait, finalement ce n’est pas amusant.

« il y a un autre souci : la mise en scène »

Puis derrière ça, il y a un autre souci : la mise en scène. Franchement, il n’y en a pas. C’est plat. Ça enchaîne les scènes comme ça, sans énergie, sans idée, sans rythme. On a vraiment l’impression d’un film posé là, et qu’il se dit : “j’ai Ahmed Sylla en meuf… on n’a pas besoin d’en faire plus, car rien que ça, c’est drôle”… Alors oui… mais non. Et d’ailleurs quand on parle des personnages, ce n’est pas ça. Vraiment. Le pote débile par exemple. Alors lui, c’est typiquement le genre de personnage censé être hilarant… sauf qu’il est ringard et qu’on ne le comprend pas. Ça ne fonctionne jamais. C’est même épuisant tant c’est raté.

Même chose pour le duo Michèle Laroque / Amaury de Grayencourt. Le film semble compter sur eux pour apporter un autre niveau de comédie, mais le symptôme de la lourdeur est là, et il est contagieux. Leur duo se noie rapidement. Dommage. Et alors le méchant… Le personnage de Kaaris est quand même un grand moment de n’importe quoi. Franchement on ne comprend même pas ce qu’il est censé être. Un méchant ? Un personnage drôle ? Un truc complètement absurde ? Pfff… hormis le fait qu’il ne finisse jamais ses menaces, pour le reste, on repassera.

Du coup, quand on fait les comptes, le premier film réalisé par Ahmed Sylla se pose comme une belle déception, bien lourde comme il faut. Ahmed Sylla reste sympathique à regarder. On sent qu’il essaie de donner de l’énergie au film et par moments ça fonctionne. Et puis Sandra Parfait s’amuse aussi beaucoup. Le duo qu’ils forment tous les deux est clairement ce qu’il y a de mieux dans le film. Quand la caméra reste sur eux, il y a presque quelque chose qui marche. Mais ça ne suffit pas, parce que tout le reste du film reste trop plat. Ça se veut drôle, fun et décalé, et ce n’est finalement rien de tout ça. Et c’est d’autant plus dommage que j’aime bien Ahmed Sylla. J’espérais vraiment passer un bon moment. Mais là… franchement… non.

Note : 04/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.