mars 24, 2026

Anemone – Les Racines du Mensonge – Dans les Pas de Papa

Titre Original : Anemone

De : Ronan Day-Lewis

Avec Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton, Samuel Bottomley

Année : 2026

Pays : Etats-Unis, Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Voilà 10 ans que Ray Stroker s’est exilé au cœur d’une forêt reculée d’Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Mais lorsque celle-ci décide de renouer le contact, les traumatismes de chacun refont surface. Après une décennie de silence, l’heure est venue pour Ray de se confronter à ses secrets.

Avis :

Ronan Day-Lewis est un jeune réalisateur et artiste britannique, également connu pour être le fils de l’acteur Daniel Day-Lewis et de la réalisatrice Rebecca Miller. D’abord attiré par la peinture, les arts visuels ainsi que la musique, il développe progressivement un intérêt pour le cinéma et la mise en scène, évoluant dans un environnement artistique très marqué par la création et l’exigence. Il fait ses premiers pas derrière la caméra à travers des projets personnels et collaboratifs, affirmant une sensibilité tournée vers l’intime et l’observation des relations humaines. Après quelques essais, il passe à l’écriture de son premier long-métrage avec son père en tant que co-scénariste.

Il y a huit ans de cela, après « Phantom Thread« , Daniel Day-Lewis prenait sa retraite du cinéma. À soixante ans, l’acteur voulait consacrer sa vie à autre chose. Mais c’est aussi à cette période que l’un de ses fils commence à montrer de l’intérêt pour le cinéma. L’acteur s’était alors fait la remarque qu’ils ne pourraient sûrement pas travailler ensemble. Puis les années ont défilé, et cette envie n’a jamais quitté Daniel Day-Lewis. Finalement, leur collaboration a commencé avec l’écriture. Une histoire intime, avec comme point de départ les retrouvailles de deux frères séparés depuis des années. Puis, au fur et à mesure que l’histoire avançait, l’évidence s’est imposée et nous voici donc huit ans plus tard : Daniel Day-Lewis est de retour dans nos salles de cinéma, pour ce qui est sûrement le film le plus hypnotisant de sa carrière.

« Daniel Day-Lewis est de retour dans nos salles de cinéma »

Il y a des années de cela, Ray s’est exilé au cœur de la forêt. L’homme a tout quitté, femme et enfant, il est parti sans se retourner et n’a plus jamais donné de nouvelles. Le mal-être de son fils force alors Jem, le frère de Ray, à renouer le contact. C’est là, dans une petite maison perdue, presque abandonnée, que les deux frères se retrouvent. Mais après presque vingt ans passés seul dans le silence, Ray a bien du mal à renouer. Quant à sortir de la forêt et retrouver la civilisation, cela semble quasiment impossible.

C’est le retour de l’année 2026. Revoir Daniel Day-Lewis sur grand écran est un événement à lui tout seul et encore une fois, fidèle à lui-même, l’acteur britannique livre une prestation intense qui démontre, une fois de plus, qu’il est bel et bien l’un des plus grands acteurs vivants. La première chose sur laquelle j’ai envie de m’arrêter, c’est le mystère de cette histoire, le pourquoi de ce Ray qui a décidé de tout plaquer pour vivre reclus, loin de tout et de tout le monde. D’ailleurs, impossible de ne pas voir une corrélation entre l’acteur et son personnage, qui ont tous les deux fui leur monde.

Le scénario, même s’il a des faiblesses et pourra en perdre plus d’un car il tire parfois sur certaines ficelles et met du temps avant de dévoiler les blessures, les traumas et les reliefs de cette histoire, n’en reste pas moins très intéressant dans ce qu’il raconte. « Anemone« , c’est l’histoire de deux frères qui se retrouvent après presque vingt ans sans se voir. Si le début peut être rebutant avec cette longue ouverture où les personnages se regardent sans parler, au fur et à mesure, « Anemone » distille ses arguments. Les retrouvailles sont intenses. La prestation de ces deux grands acteurs crève l’écran, même dans le silence, ils imposent une présence remarquable. Et franchement, pour un retour de Daniel Day-Lewis à l’écran, il fallait bien un acteur de la trempe de Sean Bean pour lui tenir tête.

«  »Anemone » marque bien l’intérêt du jeune réalisateur pour le visuel »

Avec ça, « Anemone » pose un scénario très riche dans ses thématiques. Le pourquoi de cette fuite, de ce retrait du monde, est particulièrement touchant, voire bouleversant dans une scène de confession sur une plage perdue quelque part en Angleterre. Les vieux démons qui ne sont jamais loin, les blessures qui ne cicatrisent pas ou la culpabilité sont des thèmes que le film explore. L’écriture fait aussi des allers-retours entre les deux frères et le fils de Ray, dont le manque de ce père, à ce moment-là de sa vie, se fait de plus en plus sentir. L’ensemble met du temps à se dessiner, mais au bout du compte cette histoire, à la fois simple et complexe, finit par nous embarquer joliment.

L’autre atout du film, c’est sa délicatesse. La mise en scène est très forte, très ambitieuse, loin de ce que l’on a l’habitude de voir, et ça fait du bien de sortir des carcans des films qui finissent par se ressembler. « Anemone » marque bien l’intérêt du jeune réalisateur pour le visuel, mais derrière ça, le film touche aussi par les silences de ses personnages, les regards qui parlent et disent beaucoup sur la souffrance. Toujours dans cette mise en scène, Ronan Day-Lewis arrive à faire parler le passé de ses personnages sans jamais utiliser de flashback. Il utilise le présent, les lieux, les gestes et bien sûr la parole pour donner énormément de relief à ces personnages.

Après, c’est aussi un film qui demande de l’exigence. C’est un film qui prend son temps, qui ne se livre pas immédiatement, qui parfois s’aventure dans des rêves ou des métaphores visuelles déstabilisantes. On pourrait même lui reprocher d’être un peu trop esthétique, mais face à cela, le magnétisme des images, des scènes et des émotions m’a personnellement tenu d’un bout à l’autre, entre intrigue, réflexion et émotion. Puis bon, j’y reviens, mais reste la présence dingue de Daniel Day-Lewis qui, en un regard, crève l’écran et nous emporte.

Ainsi, ce premier film pour le fiston Day-Lewis est une proposition de cinéma forte. « Anemone » est aussi bien un film touchant qui explore les blessures de l’être humain et la manière dont il peut essayer de se soigner, s’il en a envie, qu’une véritable expérience visuelle et immersive. Entre l’esthétisme, la bande originale assez dingue, le sens des images, des silences et des visages… Bref, c’est vrai que parfois on peut se sentir perdu, mais face à ça, qu’est-ce que ça fait du bien de voir un cinéma comme celui-là. Avec une telle proposition, je suis très curieux de voir un deuxième film de Ronan Day-Lewis, histoire de découvrir jusqu’où le talent s’est transmis.

Note : 15/20

Par Cinéted

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